Objection n°7 : Il est impossible que le Siège Apostolique reste vacant pendant 50 ans

Objection n°7 : Le 1er concile de Vatican a enseigné que Saint Pierre aurait perpétuellement des successeurs. Ainsi, il est impossible de croire que le siège apostolique ait pu rester vacant pendant soixante ans. Vous, les sédévacantistes, tenez une position qui va à l’encontre de la visibilité de l’Eglise.

Réponse à l’objection : S’il est exact que Saint Pierre aura toujours des successeurs, l’Eglise n’a jamais enseigné une durée limite de la vacance du siège, ou qu’un période de vacance prolongée contreviendrait à la perpétuité des successeurs de Saint Pierre, ou qu’une période de vacance prolongée contredirait le dogme de l’indéfectibilité de l’Eglise ou contreviendrait à  sa visibilité. Par exemple, au 13e siècle, entre la mort du pape Clément IV et l’élection du pape Grégoire X, l’interregnum a duré près de trois ans.


Preuve n°1 : L’Eglise est une société parfaite, hiérarchique et indéfectible. Elle ne disparait pas, ni ne fait défaut, à chaque fois que meurt un pape. Il faudrait croire, sinon, que l’Eglise est morte et ressuscitée 260 fois en 2000 ans, ce qui serait évidemment absurde.

Ainsi, l’Eglise est une société essentiellement monarchique. Or, ceci n’empêche pas que l’Eglise, pendant quelques temps après la mort d’un pape, ou même pendant plusieurs années, soit privée de sa tête.Rev. A. Dorsch, Institutiones Theologiae Fundamentalis, 1929

D’après Gierke, la notion de Siège apostolique a été dégagée dès le Moyen Age par les canonistes pour marquer la permanence de l’autorité centrale dans l’Église, quels que soient les changements susceptibles de se produire dans les personnes qui l’exercent. Le pouvoir en effet, est attaché à la fonction, non à l’individualité du fonctionnaire. D’où il suit que l’autorité souveraine est attachée à la dignité pontificale et survit à la disparition des personnes qui en sont revêtues. – Père Raoul Naz, Dictionnaire de droit canonique, Tome 7, col.837-838

Tel est le plan d’après lequel l’Eglise a été constituée, tels sont les principes qui ont présidé à sa naissance. Si nous regardons en elle le but dernier qu’elle poursuit, et les causes immédiates par lesquelles elle produit la sainteté dans les âmes, assurément l’Eglise est spirituelle ; mais si nous considérons les membres dont elle se compose, et les moyens mêmes par lesquels les dons spirituels arrivent jusqu’à nous, l’Eglise est extérieure et nécessairement visible. – Léon XIII, Satis Cognitum

Il s’ensuit que ceux-là sont dans une grande et pernicieuse erreur, qui, façonnant l’Eglise au gré de leur fantaisie, se l’imaginent comme cachée et nullement visible ; et ceux-là aussi qui la regardent comme une institution humaine, munie d’une organisation, d’une discipline, de rites extérieurs, mais sans aucune communication permanente des dons de la grâce divine, sans rien qui atteste, par une manifestation quotidienne et évidente, la vie surnaturelle puisée en Dieu.  L’une et l’autre de ces deux conceptions est tout aussi incompatible avec l’Eglise de Jésus-Christ que le corps seul ou l’âme seule est incapable de constituer l’homme. L’ensemble et l’union de ces deux éléments est absolument nécessaire à la véritable Eglise, à peu près comme l’intime union de l’âme et du corps est indispensable à la nature humaine. L’Eglise n’est point une sorte de cadavre : elle est le corps du Christ, animé de Sa vie surnaturelle. – Pape Léon XIII, Satis Cognitum


Preuve n°2 : Même pendant le grand schisme d’Occident, période terible pendant laquelle il était quasiment impossible de savoir qui était le vrai pape parmi les différents prétendants, ou même de savoir s’il y avait un pape légitime pendant ces quarante ans, l’intégrité et l’indéfectibilité de l’Eglise, de même que la perpétuité de l’office papal, n’étaient absolument pas remis en cause.

Tout d’abord, depuis la mort de Grégoire XI en 1378, il y eut constamment un pape, à l’exception bien sûr, des intervalles entre les décès et les élections qui se tirent afin de combler les vacances créés par la situation. Je dis qu’il y avait à chaque instant un pape, réellement investi de la dignité du Vicaire du Christ et de celle de chef de l’Eglise, peu importe les opinions qui pouvaient alors se trouver entre les uns et les autres quant à son authenticité. Non pas qu’un interrègne, couvrant toute cette période, eut été impossible ou incompatible avec les promesses du Christ. – Père Edward J. O’Reilly, The Relations of the Church to Society, 1882

Si durant toute la durée du schisme, c’est-à-dire près de 40 ans, il n’y eut pas du tout de pape, cela n’aura pas constitué une preuve que l’office et l’autorité de Saint Pierre n’eurent pas été transmis au prochain pape, légitimement élu. – Rev. M.P. Hill, The Catholic’s Ready Answer, 1915

L’Eglise est une société visible, avec un chef visible. S’il devait y avoir un doute quant à l’identité de ce chef visible, alors il n’est pas visible, et ainsi, s’il existe un doute sur l’identité de la personne ayant été légitimement élue pape, ce doute doit être écarté avant que celui-ci ne devienne la tête visible de l’Eglise de Jésus-Christ. Le bienheureux Bellarmin enseigne : « Un pape douteux doit être considéré comme n’étant pas pape du tout », et Suarez dit : « Du temps du concile de Constance, il y eut trois hommes prétendant être papes. Ainsi, il se put qu’aucun d’entre eux ne fut le vrai pape, et dans ce cas, il n’y avait alors pas de pape du tout ». Père Francis X. Doyle, The Defense of the Catholic Church, 1927


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