Le Coran Incréé : Une Preuve Métaphysique contre l’Islam

Parmi les points d’opposition majeurs entre Catholicisme et Islam, les questions relatives à la source de la Révélation, à l’Incarnation et à la Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ figurent en bonne place.

Tandis que la Sainte Bible affirme et illustre nettement l’Incarnation et la Divinité du Messie, le Coran rejette expressément cette évidence, ce qui du point de vue musulman, mène à deux conclusions : l’Evangile des Chrétiens n’est pas parfaitement préservé et les Chrétiens doivent être tenus comme étant des associateurs, car ils considèrent que Jésus-Christ est Dieu incarné, chose inconcevable dans la conception islamique du monothéisme (Tawhid).

Il est possible de réfuter ces deux affirmations islamiques par différents biais. Cependant, avant d’y arriver, il nous semble opportun d’aborder un axe de réfutation aussi bien théologique que métaphysique, à savoir la croyance islamique selon laquelle le Coran serait incréé.

A fortiori, d’un point de vue catholique, cette doctrine, aujourd’hui tenue pour certaine par l’ensemble des écoles du monde sunnite, a de quoi surprendre.

Ainsi donc, les musulmans trouvent invraisemblable l’idée de l’Incarnation de Jésus-Christ, vrai Dieu, vrai homme, mais de leur côté, ils n’ont pas de peine à croire que le Coran serait lui, en quelque sorte, la parole incarnée de Dieu, comme Lui, éternelle, résidant en Son essence, présente aussi bien dans les cieux que sur terre. Cette croyance pose cependant d’énormes problèmes métaphysiques, comme le remarqua fort bien l’auteur d’un article très intéressant sur ce sujet (merci à Mackie Otono pour nous l’avoir transmis) :

L’islam tient qu’un Coran, éternel et incréé, modèle de toutes les copies terrestres de ce livre sacré, est entreposé dans la Tablette Gardée au côté du trône d’Allah. Le questionnement d’un chrétien face à cette affirmation ne tient pas d’abord dans une visée apologétique à l’encontre de croyants musulmans. Laissant toute considération théologique a priori, cette affirmation pose avant tout un problème sur le plan métaphysique :

Si le Coran est tenu pour incréé, comment expliquer alors la présence de cette entité auprès de Dieu, alors que l’Islam soutient simultanément un monothéisme formel ?

En effet, comment peut-on affirmer à la fois l’omnipotence de Dieu et la présence d’une chose extérieure à Lui-Même et Lui étant co-éternelle ? N’a-t-on pas ici un dualisme composé de Dieu et de cette entité incréée ? Si l’on ne l’admet pas, comment justifier alors la présence de ce Coran incréé hors du champ d’action de Dieu sur un plan ontologique ?

Cette introduction étant faite, poursuivons avec quelques rappels historiques.


Le Coran créé, du dogme à l’hérésie

La question de la nature, créée ou incréée du Coran, a agité diverses disputes entre courants de l’islam dès les premiers siècles de cette religion. Au 9e siècle, le calife Abdallah Al-Ma’Mun adopte la doctrine du Mutazilisme. En clair, les partisans de cette doctrine « ne croient pas que Dieu ait délivré aux hommes un livre ayant l’attribut d’éternité comme Lui. Un Coran incréé contredirait le dogme de l’unicité divine qui est au centre de l’Islam ».

Pour les mutazilites, la croyance en un Coran incréé conduirait fatalement à une forme de bithéisme, autrement de shirk ou crime d’association. En plus d’arguments métaphysiques, ils avançaient des arguments plus pratiques, notamment herméneutiques : constatant que le Coran contenait des irrégularités grammaticales, que certains versets en abrogeaient d’autres ou encore que le sens du Coran devait être souvent élucidé au moyen des hadiths, il leur apparaissait clair qu’il n’était pas raisonnable de tenir le livre saint de l’islam comme strictement incréé. Retrospectivement, on qualifia les mutazilites de rationnalistes, par opposition aux courants sunnites orthodoxes qui eux, soutenaient au contraire la thèse du Coran incréé, parfois de façon absolue, parfois avec certaines nuances que nous examinerons plus loin.

Après être devenu un mutazilite convaincu, le calife Al-Ma’Mun déclara sa doctrine comme étant un dogme devant être cru et observé dans tout le califat, en particulier par les fonctionnaires et les théologiens. Il mettra même en place une sorte d’inquisition (Mihna) afin de passer à la question les personnes suspectées de ne pas soutenir la croyance du Coran créé. Les peines encourues pouvaient aller de la prison aux coups de fouets, voire à la peine de mort.

Cependant, sur la fin du règne d’Al-Mutawakkil, 10e calife abbasside, cette doctrine perdit de sa force, à tel point que c’est l’opinion contraire, à savoir le dogme du Coran incréé, qui s’imposa jusqu’à aujourd’hui dans le monde sunnite. Les mutazilites évoluèrent alors en un courant très minoritaire tandis que les partisans du dogme du Coran incréé les déclarèrent apostats en puissance. Par exemple, au 10e siècle, le grand érudit Al-Tabari déclara :

Le Coran est la parole incréée de Dieu, qu’elle soit écrite ou récitée, qu’elle se trouve dans les cieux ou sur terre, qu’elle soit inscrite sur la Table Gardée ou sur les tablettes des écoliers, qu’elle soit inscrite sur la pierre ou sur le papier, qu’elle soit mémorisée dans les cœurs ou clamée par la langue ; Quiconque tient une opinion contraire est un infidèle dont le sang peut être versé et que Dieu a abandonné.Cité in Michael Cook, The Koran : A Very Short Introduction, Oxford University PRess, 2000, p. 112

Par la suite, de grandes autorités du monde sunnite exprimèrent généralement la même opinion. Les mutazilites disparurent peu à peu en tant que courant formel, bien que très récemment, une Association pour la Renaissance de l’Islam Mutazilite a été créée en France.

Il faut noter toutefois que la croyance du Coran incréé est avant tout un dogme tenu pour certain dans le monde sunnite. À l’inverse, de nombreuses autorités du monde shiite duodécimain ont très tôt soutenu, au moins en partie, les thèses mutazilites.

Notons enfin que les théologiens catholiques, qui ont très tôt connu et réfuté l’islam, connaissaient bien cette doctrine musulmane. Saint Alphonse de Liguori écrit ainsi, remarquant au passage les polémiques qui semblaient encore agiter les musulmans de son époque sur cette question :

Les musulmans disent que le Coran n’a été composé ni par Mahomet, ni par d’autres personnes, mais seulement par Dieu, qui l’a donné à Mahomet. Ils ne débitent que des rêveries ineptes, en parlant de la manière et du temps où le Coran a été donné. Il y en a qui prétendent que le Coran a toujours été, depuis l’éternité, devant le trône de Dieu, sur une table, où l’on voyait écrit le passé, le présent et l’avenir. – Saint Alphonse de Liguori, Les Vérités de la Foi, Partie 3, Chapitre 4

Mais entrons à présent dans le vif du sujet.

Le Coran incréé, problèmes métaphysiques

Il est clair que la croyance en un Coran incréé, entendu comme parole de Dieu, pose de nombreux problèmes pour la cohérence de la foi musulmane et surtout de la compréhension qu’ont les musulmans de l’unicité de Dieu.

D’un point de vue métaphysique, il semble périlleux de croire en un Coran incréé, car si tel était le cas, l’on devrait nécessairement conclure que le Coran est également éternel.

Or, qu’est-ce qui peut exister en dehors du monde créé, sinon Dieu Lui-même ? Qu’est-ce qui peut être éternel, sinon Dieu Lui-même ?

Si donc, le Coran est éternel et non créé, il doit donc nécessairement être une partie intégrante de l’essence divine. Mais dans ce cas, sous quelle forme ce Coran éternel existait-il avant d’avoir été envoyé sur Terre ? On lit dans la sourate 85 les versets suivants :

Mais c’est plutôt un Coran glorifié, préservé sur une Tablette (auprès d’Allah).Coran 85 ; 21-22

Ces deux versets sont fondateurs de la doctrine islamique de l’inerrance et de la perfection du Coran, mais ils fondent également la croyance en un Coran incréé, éternellement présent et préservé à coté du trône de Dieu. Notons en outre que l’orthodoxie sunnite admet généralement l’existance d’un Verbe créateur (Coran 16 ; 4) et d’un Coran « pré-existant » (Coran 56 ; 77, Coran 85 ; 21-22). Cependant, sous quelle forme pré-existait ce Coran ? Sous forme matérielle ou en tant qu’attribut divin ? Dans les deux cas, la conclusion semble devoir amener inévitablement à une contradiction avec la doctrine islamique du Tawhid. Il n’est donc pas difficile de comprendre les intenses querelles et disputatios entre écoles théologiques à ce sujet depuis les débuts de l’islam.

En effet, l’islam, et la branche sunnite en particulier, reconnait aisément l’existence d’attributs divins (sifat). Dieu est « l’Omniscient », le « Vivant » et le « Tout-Puissant ». La question est donc de savoir, dans le système islamique, quelle est la relation de ces attributs avec l’essence divine (dhat). En l’occurrence, la question est de savoir si le Coran incréé doit être inclu parmi ces attributs, et si oui, de quelle manière : en tant que livre ? En tant que simple parole de Dieu ? En tant que parole de Dieu strictement interne à l’essence divine ? En tant que parole de Dieu diffuse et donc à la fois interne et externe à l’essence divine ?

L’orthodoxie sunnite admet généralement la parole de Dieu comme étant l’un des attributs de Dieu, résidant éternellement et distinctement dans Son essence. Deux grandes écoles doctrinales du monde sunnite se sont affrontées sur cette question.

Hanbalites et Asharites admettaient ensemble que le Coran était la parole incréée de Dieu. Cependant, les Asharites tenaient la composition du Coran en arabe, son ordonnancement en mots et en lettres, comme des élements créés et donc accidentels, tandis que les Hanbalites, rejetant ces distinctions, tenaient l’ordonnancement et le moindre détail de la composition du Coran (langue, lettres, espaces, couleurs inclues) comme étant non pas accidentels, mais éternels, inséparables de la nature même du livre.

On voit ici que les musulmans ont très tôt été contraints de débattre et de réfléchir à ces questions, induites d’ailleurs par les passages du Coran vus plus haut. Il existe quantité d’autres variations aux opinions que nous avons évoquées, notamment celles d’autres sunnites qui insistèrent sur une nature à la fois créée et incréée du Coran, mais il serait long d’en faire le détail.

Nous pourrions aussi faire remarquer que ces questions métaphysiques ont occupé les Pères et les docteurs de l’Église longtemps avant et après l’islam, de Saint Augustin jusqu’à Saint Thomas d’Aquin. Mais il n’est pas le moment d’en parler.

Ce que l’on comprend ici, c’est qu’au final, les musulmans doivent admettre que sur cette question du Coran créé ou incréé, ils font face à une sorte de mystère qu’ils sont bien incapables de résoudre, ou même d’approcher de façon satisfaisante. Certains théologiens ont même pris le parti d’éviter de trop parler de cette question, cause de divisions et d’interminables débats.

Certains musulmans d’aujourd’hui se targuent souvent d’être les champions du Tawhid et pensent pouvoir démontrer que leur compréhension de l’unicité de Dieu est plus cohérente et simple que celle du Catholicisme.

Or, un examen attentif de la question montre qu’en réalité, le Coran lui-même se pose comme une pierre d’achoppement face à ces prétentions. Nous verrons que loin de prouver la véracité de l’islam, cette controverse conduit une fois de plus, vers des solutions qui ne peuvent qu’être Chrétiennes et Bibliques.

Le Coran incréé, problèmes d’herméneutique

Il va de soi que les musulmans tiennent le Coran pour être un livre parfait et sans erreur, écrit dans un arabe de la plus haute excellence. Autrement dit, ils considèrent que le contenu du Coran est infaillible et sans faute, non seulement dans son message, mais également dans son style réputé inimitable (Tahaddi w’Ijaz) et dans son agencement. Le Coran proclame lui-même, comme chacun le sait :

Voici les versets du livre explicite ; Ce (Coran) ci, c’est le Seigneur de l’univers qui l’a fait descendre, et l’Esprit fidèle est descendu avec cela sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire. – Coran 26 ; 2 et 195

Un grand nombre de théologiens musulmans ont beaucoup insisté sur ces qualités intrinsèques au Coran à des fins apologétiques. En particulier, un grand nombre de théologiens mutazilites se firent les apôtres de cette approche. De nombreux théologiens sunnites prendront leur suite avec plus de zèle encore : Al-Khattabi (10e siècle), Al-Baqillani (11e siècle), etc.

Cependant, tout Chrétien ayant lu le Coran ne peut qu’être dubitatif face à de telles prétentions. Qu’il soit lu en arabe, en perse, en turc, en français ou en anglais, force est de constater que l’intelligibilité et la cohérence de l’agencement du Coran sont très loin d’être évidentes.

Pour ce qui est de l’agencement lui-même, nous avons souvent remarqué, dans nos travaux apologétiques, à quel point la lecture du Coran était pénible, étant donné qu’on n’y trouve aucune cohérence narrative. D’une sourate à l’autre, d’un verset à l’autre, l’auteur du Coran change de propos sans crier gare et sans raison. La trame générale y est donc totalement décousue, ce qui donne l’impression, ou plutôt la certitude, qu’il s’agit d’une œuvre composite qui n’a rien de la profondeur et de la cohérence réellement divine de la Sainte Bible. Ceci faisait dire à Saint Alphonse de Liguori que « ce livre est rempli d’un fatras confus de fables, de préceptes et de dogmes absurdes ».

En fait de clarté, c’est bien plutôt la confusion qui frappe le lecteur objectif du Coran, en particulier le Chrétien. Mais en laissant de côté notre a priori catholique, il faut admettre objectivement que la construction et l’agencement même du récit coranique exige, par sa nature même, une source exégétique externe. C’est précisément pourquoi presque toutes les écoles de l’islam sunnite ou chiite, ont recours à la Sira et aux recueils de hadith de Mohammed et de ses premiers disciples, sans quoi il serait proprement impossible de discerner le sens général du Coran : en bien des endroits, on ne saurait ni de qui on parle, ni en quel lieu ou en quelle époque ou dans quel contexte on se situe.

En ce qui concerne le style du Coran, il y aura là aussi de nombreuses objections à produire, du moins quant à sa qualité réputée parfaite. L’érudit iranien Ali Dashti affirmait ainsi que le Coran contient un nombre considérable de « phrases incomplètes et peu intelligibles sans l’aide de commentaires ; de mots étrangers, de mots arabes inhabituels, de mots utilisés hors de leur sens normal, d’adjectifs et de verbes infléchis de façon incohérente par rapport au genre ou au nombre, de pronoms appliqués de façon illogique et grammaticalement incorrecte, etc. » (Ali Dashti, Twenty Three Years : A Study of the Prophetic Career of Mohammed, Allen & Unwin, 1985, p. 48)

Cependant, la source seconde de la révélation islamique, à savoir la Sira et les hadith (la Tradition islamique), est elle aussi percluse d’embûches pour les musulmans eux-mêmes, et de preuves supplémentaires pour nous autres Chrétiens. Comme évoqué plus haut, les mutazilites adhéraient à la doctrine du Coran créé notamment parce qu’ils considéraient que les abrogations de versets par d’autres versets postérieurs démontrait bien qu’on ne pouvait pas sérieusement tenir le Coran comme étant co-éternel à Dieu. Pour preuve, ils invoquaient notamment le verset suivant :

Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est Omnipotent ?Coran 2 ; 106

Leurs contradicteurs, les orthodoxes sunnites, pensèrent résoudre le dilemme des abrogations en soutenant une position de plus en plus déterministe et prédestinarianiste (fatalisme). D’autres affirmèrent que les abrogations de versets n’étaient que des phénomènes accidentels, et non essentiels ; un peu comme nous autres chrétiens, pouvons considérer les évolutions entre la loi du temps des patriarches, la loi mosaïque et la loi évangélique.

Cependant, ces tentatives d’explications ne tiennent pas la route et les musulmans, pris dans le paradigme de leur croyance, omettent de remettre en cause la validité de la mission prophétique de Mohammed. Or, le seul exemple des fameux « versets sataniques » démontre aisément que la question du Coran créé ou incréé s’efface lorsque l’on constate que le prophète de l’islam fut un jour trompé de façon grossière par un démon lui ayant révélé un verset du Coran appelant à vénérer des divinités païennes. Et il existe bien d’autres cas similaires, menant aux mêmes conclusions.

Depuis le 20e siècle, et plus récemment encore, de nombreux chercheurs (pas forcément chrétiens par ailleurs) ont mené d’intenses études linguistiques et archéologiques qui tendent à démontrer que de toute évidence, le Coran a connu de profondes révisions par la main humaine dans les décennies qui ont suivi la mort de Mohammed.

Mais au-delà même de ces considérations, se pose tout simplement la question de la formation du Coran. Si le Coran existait comme parole de Dieu incréée et de toute éternité, il n’a été révélé à Mohammed qu’au 7e siècle de notre ère, entre 618 et 632.

Or, tout lecteur familier du Coran s’aperçoit aisément qu’en divers endroits de ce livre, certaines révélations sont le fruit de réactions topiques et chronologiquement circonstanciées. Pour prendre un seul exemple, l’abrogation de Coran 33 ; 37 par Coran 33 ; 4-5, qui se produit dans le contexte houleux du mariage entre Mohammed et Zaynab.

Comment donc croire à un Coran éternel et pré-existant, non pas comme simple parole de Dieu, mais comme loi divine ineffable ? Ce seul exemple permet de comprendre pourquoi les mutazilites prirent le parti du Coran créé, tandis que l’orthodoxie sunnite prit le parti d’un Coran incréé. Or, cette dernière option a indubitablement favorisé une approche beaucoup plus littéraliste et prédestinariste du Coran.

En clair, les prétentions islamiques concernant les origines mystiques et divines du Coran ne résistent pas, ici aussi, à l’évidence.

Une solution chrétienne au dilemme

De façon quelque peu ironique, ce dilemme coranique peut être assez simplement résolu. Cependant, la réponse ne se trouve pas dans l’islam, mais dans le Catholicisme.

Comme Chrétiens, nous n’ignorons pas la vraie nature du Coran. De nombreux passages clairement empruntés au Talmud, aux Evangiles apocryphes, voire à des légendes profanes, laissent apparaitre que ce livre n’a pas pu être révélé par Dieu. Mais plus fortes encore sont les contradictions entre l’Evangile et le Coran, ou plus exactement, les contradictions que Dieu a permis de laisser paraitre dans le Coran, comme pour nous permettre de mieux indiquer la voie véritable à nos amis musulmans.

En effet, tout en rejetant expressément la divinité du Christ (Coran 4 ; 171), le Coran déclare dans le même temps, dans le même verset, et de façon tout aussi explicite, que Jésus-Christ est « la Parole de Dieu » (Kalimat Allah), ainsi que « l’Esprit de Dieu » (Ruh).

Ô gens du Livre (Chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le Messie ‘Isa (Jésus), fils de Maryam (Marie), n’est qu’un Messager d’Allah, Sa parole qu’Il envoya à Maryam (Marie), et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas: « Trois. » Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n’est qu’un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur.Coran 4 ; 171

La chose est confirmée ailleurs dans le Coran, comme dans la sourate 3, verset 39, où un ange déclare que Jean le Baptiste sera le témoin d’une « parole de Dieu » (kalimatim-minallaah), ou encore, dans la même sourate, verset 45, où Jésus-Christ est décrit comme « une parole de la part de Dieu » (kalimatim-minhu).

Naturellement, un certain nombre d’auteurs musulmans ont tenté de contourner cette difficulté en affirmant que ces passages doivent être compris comme « une parole venant de Dieu », et non pas comme « la Parole de Dieu » (Yusuf Ali, The Holy Qu’ran, p. 132) ou en affirmant, dans le cas de Coran 3 ; 45, que la « parole de la part de Dieu » désignait simplement une inspiration divine envoyée sur Marie pour lui délivrer un message (Imam Razi). Cependant, ces arguments relatifs à la sourate 3, ne peuvent éviter l’évidence de la sourate 4, verset 171, où Jésus est explicitement et personnellement décrit comme « la Parole de Dieu », un titre qu’aucun autre personnage du Coran ne s’est vu attribuer.

Comment est-il donc possible que les musulmans sunnites croient dur comme fer à l’éternité du Coran comme parole de Dieu, et donc comme attribut interne à Sa Personne et à Son essence, tout en rejetant l’idée même de l’Incarnation et de la Divinité de Jésus-Christ, que l’auteur du Coran est lui-même contraint de qualifier de « parole de Dieu », Kalimat Allah ?

Tout musulman sérieux devrait à ce stade admettre que l’idée d’Incarnation de Jésus-Christ, vrai Dieu, vrai homme, ne devrait pas poser de problème, car rien n’est impossible à Dieu.

Or, une fois que l’on admet la chose, il faut donc conclure nécessairement que la Parole de Dieu étant essence divine, elle est donc en Dieu, et elle ne peut être Dieu. Telle est la Vérité énoncée dès l’ouverture de l’Evangile de Saint Jean :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par Lui a été fait, et sans Lui n’a été fait rien de ce qui existe. – Jean 1 ; 1-3

Il est donc clair que le Messie Jésus-Christ est Dieu le fils, conformément aux prophéties, conformément à l’Evangile et conformément aux déclarations claires de ce même Jésus-Christ. La Sainte Ecriture le proclame Dieu (Esaïe 9 ; 6), commencement et fin de toute chose (Ap. 1 ; 8), éternel (Jean 8 ; 58), engendré et non pas créé, consubstantiel au Père (Jean 14 ; 9), parole de Dieu (Ap. 19 ; 13) par Qui tout a été créé (Jean 1 ; 3). Grand mystère que celui de l’incarnation, assurément. Mais il nous semble que les musulmans n’auraient pas tant de mal à l’accepter si le Coran, en sus, ne niait pas également le mystère de la Passion du Christ, duquel il est indissociable.

On résout alors ici le dilemne, ainsi que le contentieux majeur entre Islam et Catholicisme : si Jésus est la Parole de Dieu, Il est donc éternel. S’Il est éternel, Il est donc Dieu. Et si tel est le cas, alors il est clair que le Coran, qui rejette la Divinité du Christ, ne peut être une vraie révélation de Dieu.

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