Réné Gracida, un prélat conciliaire devenu sédévacantiste ?

Un article publié cette semaine sur Gloria.TV a fait sensation dans tous les milieux traditionalistes, depuis les conservateurs conciliaires jusqu’aux catholiques de constat sédévacantiste. Réné Gracida, un évêque Novus Ordo à la retraite aurait rejeté Vatican 2 et adopté la position sédévacantiste. Avant de commenter cette affaire, voici une traduction de l’article de Gloria.TV :

René Gracida, 97 ans, évêque de Corpus Christi (Texas) aujourd’hui à la retraite croit que François « n’est ni un évêque, ni un catholique, ni un pape » (Abyssum.org, 13 Janvier 2021).

 

Gracida adhère désormais ouvertement au sédévacantisme, théorie selon laquelle Pie XII (mort en 1958) aurait été le dernier pape et que l’Église serait donc morte après lui. Selon Gracida, Jean XXIII aurait mis en place une « fausse église » et lui ainsi que ses successeurs seraient des imposteurs.

 

Gracida affirme que le rite Novus Ordo de consécration épiscopale est « invalide depuis 1968 ». Cependant, il en exclut sa propre consécration qui eut lieu en Janvier 1972 et qui selon lui, n’aurait pas été réalisée dans le rite Novus Ordo bien que le rite d’ordination de Paul VI ait été introduit en Avril 1969.

 

Jadis un fervent disciple de Jean-Paul II, Gracida qualifie désormais Vatican 2 de concile « hérétique ». Il croit dans le mythe ultramontain selon lequel « le pape est le rempart de la foi catholique » and remarque de façon correcte que « personne ne pourrait sérieusement en dire autant des antipapes de l’église de Vatican 2 ».

 

Le sédévacantisme est une conséquence de l’ultramontanisme, doctrine selon laquelle le pape est un oracle vivant. Une fois qu’il devient évident que tel n’est pas le cas, l’inévitable conclusion est qu’un pape défaillant n’est pas pape du tout.

Il y a plusieurs choses à dire sur cet article. Premièrement, il y a évidemment de graves problèmes avec le ton de cet article et la façon dont l’auteur présente la position sédévacantiste. Si l’on connait les fondateurs de Gloria.TV, on ignore à ce jour qui contrôle réellement ce média et sa ligne éditoriale. Cependant, chacun sait qu’il s’agit d’un média oscillant entre conservatisme conciliaire et pseudo-traditionalisme de type indultiste, voire lefebvriste. On se souvient que ce média, il y a quelques mois, avait banni tout contenu « sédévacantiste » de sa plate-forme. De fait, on trouve dans cet article un biais anti-sédévacantiste évident, à commencer par une présentation absolument erronée de la position en question. L’article prétend que les sédévacantistes pensent que « l’Église est morte » depuis la mort du pape Pie XII. Grotesque, aucun catholique sédévacantiste ne croit cela, de toute évidence.

 

Mais pire encore, l’article affirme que croire « que le pape est le rempart de la foi catholique » est un « mythe ultramontain ». Il semble que les auteurs de cet article soient plus proches des gallicans et des vieux-catholiques, que des catholiques, car en effet, le pape, par son magistère, est littéralement le rempart de la foi catholique, comme l’enseigne le pape Pie IX :

Nous ne permettrons pas non plus qu’on porte atteinte d’une quelconque manière à la sainteté du serment par lequel Nous fûmes attachés lorsque, bien que sans mérite, Nous montâmes sur le siège suprême du prince des apôtres, qui est la citadelle et le rempart de la foi catholique. – Pie IX, Qui Nuper

De plus, utiliser le terme « ultramontain » de façon dérogatoire a toujours été le fait des ennemis de l’Église, et plus spécifiquement des anti-infaillibilistes et autres adversaires des dogmes de Vatican I, comme le notait déjà l’Encyclopédie Catholique au siècle dernier ou le pape Pie IX lui-même, dans sa lettre apostolique Dolendum Profecto.

L’article affirme enfin que « le sédévacantisme est une conséquence de l’ultramontanisme ». Prenons cela comme un compliment, car il semble effectivement que les sédévacantistes soient les derniers à avoir un minimum de respect pour la doctrine catholique, en particulier pour la théologie dogmatique et le dogme de l’infaillibilité pontificale.

Mais revenons-en à René Gracida. Né en Louisiane en 1923 dans une famille catholique d’origine française (par sa mère), il est donc un « cajun », comme on dit là-bas, ce qui nous le rend déjà sympathique. Son père était d’origine mexicaine. Gracida s’est très tôt tourné vers la vocation religieuse, étant particulièrement inspiré par les gloires des missionnaires Jésuites en Amérique, ce qui nous le rend doublement sympathique. Il fut ordonné prêtre le 23 mai 1959 à l’âge de 36 ans. En 1971, il est désigné par Paul VI pour être évêque auxiliaire Novus Ordo de Miami et fut donc consacré le 25 Janvier 1972 par Mgr. John Francis Dearden, Mgr. Coleman Carroll et Mgr. Paul Tanner, tous trois évêques validement consacrés avant la mise en place du rite Paul VI. La question demeure donc : la consécration de Gracida fut-elle réalisée dans le vrai rite catholique ou dans le rite Paul VI ? Si l’on en croit l’article de Gloria.TV, Gracida tiendrait non seulement les rites Paul VI pour invalides, mais affirmerait également que sa consécration s’est déroulée dans le rite traditionnel. Ayant parcouru le blog du père Gracida, nous n’avons rien trouvé qui puisse corroborer les affirmations que Gloria TV prête à l’intéressé.

 

 

D’ailleurs, nous n’avons rien trouvé sur son site, du moins dans les pages que nous avons parcouru, qui puisse laisser penser que le père Gracida adhère à la vraie position sédévacantiste. Au contraire, en lisant la section « I believe », il apparaît que le père Gracida soit en fait un « bénévacantiste », c’est-à-dire l’une de ces personnes qui croient que la démission de Benoit XVI est invalide et que François a été par conséquent illégitimement élu. Ceci malgré les nombreuses déclarations de Ratzinger rejetant cette thèse et ordonnant à ces personnes de reconnaître François comme pape.

C’est d’ailleurs pourquoi le site « From Rome », tenu par le bénévacantiste radical Alexis Bugnolo, a immédiatement réagi à l’article de Gloria TV afin d’en démentir les prétentions. Bugnolo est même allé jusqu’à écrire à Gracida afin de lui demander de commenter l’affaire, ce à quoi Gracida a répondu :

Je considère [l’article de Gloria TV, ndlr] comme une attaque en règle…vous et moi sommes d’accord en ce qui concerne l’invalidité de la « démission » du pape Benoit XVI et je ne suis certainement pas un sédévacantiste.

Selon Bugnolo, l’attaque de Gloria TV serait due à un grave manque de diligence (possiblement déshonnête) de la part de ce média et de l’auteur, lequel n’aurait même pas pris la peine de correctement se documenter sur les positions de Gracida. Bugnolo affirme également que la méprise peut être due au fait que Gracida, qui est fort âgé, reposte parfois des contenus, y compris sédévacantistes, qui ne reflètent pas ses opinions, mais qu’il souhaite simplement archiver pour en discuter. Bugnolo renvoie notamment à cet article, qui semble être celui pris pour cible par Gloria TV. Selon Bugnolo, Gloria TV aurait simplement voulu attaquer Gracida car ce dernier maintient fermement sa position bénévacantiste « depuis 8 ans », position combattue par les responsables de Gloria TV qui considèrent François comme un vrai pape.

Bugnolo poursuit ensuite son article en basant sa position bénévacantiste sur le « droit canon » de 1983 et en attaquant les sédévacantistes, en les traitant de non-catholiques, en prétendant que « leur fondateur » était un « pédophile » (?) et en les critiquant car ces derniers « s’arrogent le droit, en tant que simples individus, d’émettre des sentences juridiques dans l’Église ». Selon Bugnolo, « dans l’Église catholique, les hérétiques sont publiquement déclarés hors de l’Église après une réprimande, et seulement lorsqu’une autorité ordinaire ou extraordinaire intervient ». Il poursuit ensuite en se contredisant dès la phrase suivante en affirmant que « cela ne veut pas dire que les simples individus ne peuvent pas dénoncer les autres comme hérétiques ». Selon lui, « seuls les évêques, le pape et les conciles » peuvent juridiquement excommunier une personne, en l’occurrence un antipape.

Il va sans dire que Bugnolo ignore complètement les principes les plus élémentaires du droit canon, ou bien les arrange à son gout, comme le font la plupart des bénévacantistes, qui par ailleurs, brillent par leur profonde incompétence en la matière. Il suffit de citer le canon 188 du droit canon 1917 pour réfuter ces billevesées. Nous renvoyons les lecteurs anglophones aux nombreux articles que nos confrères de Novus Ordo Watch ont réalisés pour réfuter les délires des bénévacantistes. Pour le reste, il est risible de prêter crédit aux bénévacantistes, qui insistent sur le fait que François est hérétique, mais qui ne trouvent rien à redire aux Paul VI, Jean-Paul II et Benoit XVI, qui n’étaient pourtant pas moins hérétiques que lui, et amateurs de modernisme, de syncrétisme et d’autres pratiques de ce genre. De plus, ceux qui connaissent la chaîne Youtube de Bugnolo savent qu’on y trouve un mélange malheureux de bonnes idées, de bonnes intentions et de théories farfelues (qui attaquent d’ailleurs parfois l’histoire de l’Église), mais jamais rien de concret en matière de théologie dogmatique. Tout ceci est dommage, car Bugnolo a de bonnes idées sur le plan temporel (parti catholique, milice catholique, etc). Il faudrait simplement qu’il s’en tienne à cela et évite au moins de parler de sujets qu’il ne maîtrise clairement pas.

 

 

Enfin, ajoutons que les affirmations de Gloria TV selon lesquelles Gracida considérerait Vatican 2 comme hérétique et les rites Paul VI comme invalides, sont malheureusement fausses et infondées. Au contraire, dans l’une des sections de son blog, Gracida raconte avec une certaine fierté ses relations avec le « pape Paul VI ». Du reste, rien dans ses écrits ne laisse croire qu’il rejette Vatican 2 ou les rites Paul VI.

Une autre possible explication des attaques de Gloria TV peut être que Gracida fut pris en photo il y a quelques mois en compagnie de Mel Gibson. Chacun sait que le père de Mel Gibson, Hutton (décédé l’an dernier), était un fervent catholique de position sédévacantiste. Si Mel Gibson a gardé des liens avec les communautés sédévacantistes, sa position actuelle semble bien moins claire que celle de feu son père, hélas.

 

 

Depuis, Gloria TV a publié une brève pour corriger le tir (sans s’excuser) et indiquer que Gracida avait retiré le repost « sédévacantiste » de son blog.

En bref, il semble que le père Gracida soit donc encore loin, très loin de la vérité, malheureusement. Ce qui est d’autant plus regrettable, considérant son âge très avancé. Il y a peut-être plus d’espoir avec le père Vigano, plus jeune et pouvant encore potentiellement parvenir à la bonne conclusion.

Le problème avec ces individus est qu’ils ont passé toute leur vie dans l’église moderniste, à laquelle ils doivent beaucoup. On sent dans leurs discours et leurs positions qu’ils ont l’esprit complètement embrouillé et que leur formation théologique, mi-moderniste, mi-traditionnelle, est très défaillante, au point que de simples laïcs sont en mesure de leur donner quelques leçons de droit canon ou de théologie dogmatique. Profitons du carême 2021 pour prier pour ces personnes afin qu’elles parviennent enfin à comprendre exactement les graves conséquences de Vatican 2.

3 réflexions sur “Réné Gracida, un prélat conciliaire devenu sédévacantiste ?

  1. 2 remarques à ajouter:
    1/ le « presentateur » pretend aussi que l’ultramontanisme considere la Pape… comme un « oracle vivant », ce qui est faux…
    2/ Gracida a été nomme « eveque ».. par Montini….

    autre précision: notre MAi Mel gibson, est certes un homme courageux et qui a fait du Bien, notemment avec son excellent film « Passion », mais il est loin d’avoir le recul et le niveau d’etudes theologiques de son pere… il n’est donc pas, lui non plus, un « oracle vivant »…

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  2. L’Église catholique serait-elle encore UNE et APOSTOLIQUE (Credo) si elle venait à perdre toute sa hiérarchie de juridiction divinement constituée par le Christ (Pape et/ou évêques établis par lui) ?

    Non, l’Église catholique ne serait plus UNE ni APOSTOLIQUE si l’Église catholique venait à perdre totalement son fondement hiérarchique (successeurs légitimes des Apôtres et notamment de saint Pierre), même par simple « interruption », tel que cela ressort de l’enseignement magistériel et dogmatique rappelé ci-dessous.
    De plus, il lui serait impossible de reconstituer une hiérarchie puisque le pape ne peut être élu que par le collège des cardinaux légitimes (cf. Constitution de Pie XII, 1945) ou à défaut très exceptionnellement par « l’Église universelle » entendue comme la réunion de tous les chefs légitimes des Églises particulières (l’ensemble des évêques résidentiels ayant juridiction ordinaire : le corps épiscopal réuni en concile imparfait c’est-à-dire sans pape, canon 223). Cf. doctrine du cardinal Cajetan, Billot, Journet, etc. Si l’Église hiérarchique enseignante vivante (légitime) disparaissait totalement de la planète terre (n’existait plus), l’Église catholique romaine visible — militante — pourtant divinement constituée par le Christ avec promesses de ne pas faillir, aurait été vaincue et serait morte. La simple interruption de la hiérarchie légitime, qui ne pourrait donc plus se reconstituer par succession ininterrompue, ferait que l’Église perdrait à la fois son caractère d’Apostolicité et d’indéfectibilité. Elle ne serait plus UNE non plus, puisque le fondement visible de cette unité est précisément PIERRE et ses successeurs légitimes : « En effet, l’Église n’a qu’un seul Chef, un seul conducteur invisible, Notre-Seigneur Jésus-Christ, établi par le Père Éternel (Eph., I, 22), Chef (ou tête) de toute l’Église qui est son corps ; et un seul Chef visible qui est le successeur légitime de Saint Pierre sur le siège de Rome. Tous les Pères sont unanimes sur ce point que ce Chef (cette tête) visible de l’Église était nécessaire pour établir et conserver son unité. » (Catéchisme du Concile de Trente)

    — « Pourquoi dites-vous que l’Église est apostolique ? — L’Église est apostolique parce qu’elle est fondée sur les Apôtres et sur leur prédication, et gouvernée par leurs successeurs, les Pasteurs légitimes qui, SANS INTERRUPTION et sans altération, continuent de transmettre et la doctrine et le pouvoir. — Quels sont les Pasteurs légitimes de l’Église ? — Les Pasteurs légitimes de l’Église sont le Pape ou Souverain Pontife, et les Évêques en union avec lui. » (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint PIE X, 1912, en ses questions 111+112.)
    — « L’apostolicité est une propriété essentielle de l’Église et par cette apostolicité essentielle à l’Église, il faut entendre : origine apostolique, doctrine apostolique, succession apostolique. L’apostolicité, regardée dans la succession des pasteurs légitimes est une marque distinctive de la véritable Église, et elle emporte, avec l’origine apostolique, l’apostolicité de doctrine. […] Le corps des évêques doit avoir à sa tête comme chef suprême, comme évêque des évêques, Pierre, lieutenant visible du Christ, centre et principe visible d’unité pour tout le corps. Enfin, à cette société ainsi constituée Jésus promet assistance à jamais. Bâtie sur le roc, nulle tempête ne la détruira ; les puissances de l’enfer ne sauraient prévaloir contre elle : elle est indéfectible, elle sera toujours ce que le Christ l’a faite — indéfectible dans l’enseignement de la vérité, indéfectible dans l’usage de ses moyens de sanctification, indéfectible dans sa constitution même et dans la forme de son gouvernement. Et de là les conditions de l’apostolicité : même foi et même doctrine, même constitution, mêmes sacrements, ce sont les trois choses établies par le Christ et destinées à demeurer pour toujours dans son Église indéfectible. Est-ce tout ? Oui et non. Oui, mais à la condition, implicitement contenue dans celles qui précèdent, que le pouvoir de prêcher, d’absoudre, de consacrer, d’ordonner, de gouverner au nom de Dieu, se transmette sans interruption suivant les lois établies par le fondateur. Pas d’apostolicité sans mission ni sans continuité. Si le pouvoir se perd dans une société humaine, la société a en elle-même de quoi le relever, pour ainsi dire ; le pouvoir dans l’Église est d’autre nature ; il a son principe en Dieu, il peut se transmettre vivant ; mais une fois éteint, il faudrait pour rallumer le flambeau une nouvelle intervention de Dieu. En fait, une société que Dieu referait ainsi sur les ruines de l’Église ne serait plus l’Église : l’Église indéfectible aurait péri. » (Dictionnaire de théologie catholique, tome 1b, Apostolicité.)
    — « L’Église étant un corps social hiérarchique, il faut appartenir à ce corps social pour avoir part à l’autorité de sa hiérarchie. Sans succession apostolique, la hiérarchie n’est plus celle que le Christ a instituée : c’est une œuvre humaine ; et quand même les sacrements y resteraient, l’autorité n’y serait pas ; car le pouvoir d’ordre n’emporte pas de soi le pouvoir de juridiction : celui-ci est attaché à la mission, à la succession légitime. Il ne suffit pas de se réclamer du Christ, ni même d’avoir les sacrements. On est des siens, on est de son église (je parle au for extérieur) quand on obéit aux pasteurs établis par lui, envoyés par lui. C’est donc pour une Église une question capitale que celle de la succession légitime. » (Dictionnaire de théologie catholique, tome 1b, Apostolicité.)
    — «Voilà pourquoi les Pères du Concile de Nicée, pour faire comprendre à tous quelle était l’Église catholique, ajoutèrent au symbole, par une inspiration divine, le mot Apostolique. Et en effet, le Saint-Esprit qui gouverne l’Église, ne la gouverne que par des ministres apostoliques (c’est-à-dire par les successeurs légitimes des Apôtres). Cet esprit fut d’abord donné aux Apôtres, mais ensuite, grâce à l’infinie Bonté de Dieu, il demeura toujours dans l’Église. » (Catéchisme du Concile de Trente)

    — « Il est évident que l’autorité ne peut être transmise que par succession légitime ; par conséquent, l’Église doit avoir une succession légitime, ou formelle, de pasteurs pour transmettre l’autorité apostolique d’âge en âge. Celui qui s’immisce dans le ministère contre les lois de l’Église [sans mandat pontifical] ne reçoit aucune autorité et, par conséquent, ne peut en transmettre aucune à ses successeurs. […] Pour cette raison, le pouvoir des Ordres peut être obtenu par fraude ou conféré contre la volonté de l’Église par toute personne ayant des ordres valides lui-même, mais ne dépend donc pas de la succession légitime. […] En d’autres termes, l’Église doit être apostolique dans son ministère au moyen d’une succession légitime qui remonte dans une ligne ininterrompue avec les Apôtres. […] En aucun cas, les schismatiques n’ont une succession légitime ; il n’y a pas de transmission de la juridiction parce qu’ils se sont retirés de la communion avec Rome — le pape légitime —, le centre et la source de toute juridiction. » (R. P. Elwood Sylvester Berry 1879-1954, professeur d’apologétique au séminaire du Mont Saint Mary de Baltimore, dans le Maryland ; The Church of Christ An Apologetic and Dogmatic Treaties, Eugene, OR : Wipf and Stock Publishers, 1927.)
    — « Or, toute juridiction est une participation des clefs qui n’ont été données qu’à Pierre seul ; il est donc l’unique source de la juridiction. De la plénitude de sa puissance émane toute autorité spirituelle, comme nous l’apprenons des Pères, des papes et des conciles. » (Dom Gréa, De l’Église et sa divine Constitution, 1885, Appendice C.)

    — « Tu es Pierre, et sur cette pierre j’édifierai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle (Matth. XVI, 18). Le gouvernement de la société chrétienne, l’autorité de son chef, la perpétuité de sa doctrine, l’immortalité de sa durée, tout est renfermé dans ces paroles de Jésus-Christ, paroles qui révèlent de si hautes idées, et dont la force toujours vivante est telle, qu’après dix-huit siècles, en les entendant prononcer, on croit assister à la fondation de cet édifice éternel. Nous voyons le Sauveur du monde établir son Église sur Pierre, le premier des Apôtres : nul ne lui est associé dans une circonstance si mémorable ; tout repose sur lui seul. Les autres disciples concourront comme de simples instruments à l’édification de ce temple mystique ; mais ses destinées ne sont attachées à aucun d’eux ; leur chute n’entraînera point sa chute. Les successeurs de Jacques peuvent défaillir à Jérusalem, tout l’Orient peut les imiter dans leur défection, sans que l’Église en soit ébranlée ; comme un antique palais demeure debout, quand quelques-uns de ses combles s’affaissent. Ce n’est point à André ni à Philippe, mais à Simon, fils de Jean, qu’il fut dit : Tu es Pierre et sur cette pierre, cette pierre unique (S. Pacien de Barcelone, Epist. III ad Sympronianum), car il fallait que le fondement de l’unité fût UN lui-même, j’édifierai mon Église, contre laquelle viendra se briser la puissance de l’enfer : et pourquoi ? sinon parce que sa base est inébranlable, parce qu’elle est éminemment cette (Matth. VII, 25) maison bâtie sur la pierre, et que les vents et les eaux ne peuvent renverser. Ô profondeur des conseils de Dieu, qui destine ce qu’il y a de plus faible, un pauvre pécheur, un être d’un jour, à porter cette Église immense pour qui tous les temps et l’univers même ont été faits ! Après cette première merveille, de quoi pourrions-nous nous étonner ? N’en suppose-t-elle pas au contraire nécessairement de nouvelles, qui en montrent la réalité, les motifs, les effets ? Notre croyance n’est ni absurde ni aveugle ; elle s’élève au-dessus de la raison, mais elle ne détruit point la raison. Or un homme qui n’aurait, comme tous les hommes, en partage que l’erreur et la mortalité, comment serait-il le fondement d’une Église incorruptible ? Cependant l’Église est bâtie sur Pierre : Super te ædificabo Ecclesiam meam ; et ce prodige ne peut être expliqué que par d’autres prodiges. Ici tout sort de l’ordre commun des choses et de nos idées, tout est surnaturel ; que le sens humain se taise donc pour écouter la sagesse divine (Luc XXII, 32). Quand tu seras un jour converti, affermis tes frères ; car j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. Donc la foi de Pierre, la foi de ses successeurs, ou, si on l’aime mieux ainsi, la foi de son Siège, inébranlablement affermie par la prière du Christ, ne souffrira jamais d’obscurcissement ; à moins qu’on ne veuille dire que Jésus-Christ a prié en vain (S. Léo IX). L’infaillibilité du corps des Pasteurs est moins expresse dans l’Écriture, et n’est pas plus certaine par la tradition que l’indéfectibilité de la chaire du premier Pasteur. » (Tradition de l’Église sur l’institution des évêques, Introduction, 1830).

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    1. coco,

      votre abondante logghorrée est inutile, pusiqu’elle se heurte à un fait patent et connu: l’Eglise a bien vécu… 260 « interruptions », par le fait meme de la MORT de 260 Papes, de celle de St Pierre, à celle de Pie XII, par consequent, le « sedevacantisme » est un fait historique qui s’est constaté .. 260 fois…

      En outre, ce n’est que depuis le XI° que seuls les cardinaux « élisent » le Pape, et que, bien longtemps ce fut le clergé romain qui « elisait ».. voire meme par acclamations.. et strictement RIEN n’interdit que les derniers eveques valides s’unissent en concile imparfait, pour élire un PApe..

      Enfin, la Sainte Eglise (en ordre..) a beatifié deux saintes femmes (laiques et meres de famille, et tertiaires mercedaires…).. qui ont toutes deux prophétisé que ce seront Saint Pierre et Saint Paul qui viendront désigner un nouveau Pape.. qui ne sera meme pas eveque…
      et comme la Sainte Eglise tient compte de la parfaite confiormité des paroles et ecrits des « bienheureux » avant que de les déclarer tels.. CQFD…

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