Great Reset et Corporate Communism

Les récentes décisions prises par Joe Biden de nommer le maire de Boston, Marty Walsh, au ministère du travail et la gouverneure du Rhode Island, Gina Raimondo au commerce, témoignent d’une volonté de se mettre les syndicats dans la poche.

Et cela est parfaitement logique pour toute personne ayant compris que le corporate communism (communisme d’entreprise) arrive en Amérique, maintenant que les démocrates ont pris le contrôle de Capitol Hill.

Voici à quoi vous attendre en 2021.

Le coronavirus a offert à la gauche une occasion en or pour prendre le contrôle du gouvernement – que ce soit par les mesures de répression imposées par le gouvernement contre les libertés individuelles ou par les restrictions imposées par le gouvernement contre la liberté d’entreprendre. Les entreprises ont été fermées de force ; les chefs d’entreprise ont été mis à terre ; les salariés de ces entreprises ont été forcés de rester chez eux et d’attendre les chèques du plan de relance pour les sauver, dans certains cas, de la famine. Stimulus ou plan de relance, peu importe les termes : c’est juste une autre façon de parler de « redistribution des revenus » ; cela vise à piocher dans l’argent des contribuables et à en distribuer à ceux qui en ont besoin.

Cela ne veut pas dire que ces entreprises n’ont pas mérité de recevoir cet argent. Cela ne veut pas dire que ces patrons et ces employés qui travaillent dur n’ont pas besoin de cet argent.

Mais quoi qu’on en dise, le stimulus revient toujours à prendre chez Pierre pour payer Paul.

Mais revenons-en à notre sujet principal : le communisme d’entreprise qui arrive en Amérique.

Dans le contexte de la lutte contre le coronavirus, quelques notions intéressantes ont été diffusées dans les grands médias ; à savoir les concepts de « Great Reset » (grande réinitialisation) et de « Build Back Better » (reconstruire en mieux).

Ces concepts ne sont pas dénués de sens.

Ce ne sont pas de simples slogans marketing, dépourvus de toute signification plus profonde. Non, ce sont des feuilles de route politiques. Tout comme « America First » et « Make America Great Again » ont été les expressions qui ont servi à illustrer les orientations politiques de l’administration Trump, il en va de même pour les expressions « Build Back Better » et « Great Reset » pour l’administration Biden.

Joe Biden, sur son propre site Web de campagne, le précise clairement.

On y trouve par exemple les phrases : « Le plan de Joe Biden pour « reconstruire l’Amérique en mieux » pour les travailleurs américains ». (Joe Biden‘s Plan to ‘Build Back Better’ for American Workers)

« Reconstruire en mieux : Le plan de relance économique de Joe Biden pour les familles de travailleurs ». (Build Back Better: Joe Biden‘s Jobs and Economic Recovery Plan for Working Families)

Alors qu’est-ce que cela signifie?

Selon le Forum Economique Mondial, le concept de « Build Back Better » est en réalité un plan du Forum économique mondial visant à « réinventer le capitalisme » afin que les entreprises se concentrent davantage sur le bien commun, pas seulement sur les profits. Comment y parvenir ? Par la « grande réinitialisation ». Encore une fois, ce sont là les propres mots du Forum Economique Mondial.

 

« Le moment est venu pour une« grande réinitialisation » du capitalisme », écrivait le Forum Economique Mondial en juin 2020.

« Une véritable reprise économique après la pandémie de COVID-19 ne consistera pas à rétablir l’ordre des choses tel qu’il était auparavant : nous devons ‘reconstruire en mieux’, ‘réinitialiser’, si nous voulons remédier aux vulnérabilités systémiques profondes que la pandémie a mis en évidence », pouvait-on encore lire sur le site du Forum Economique Mondial en Juillet 2020.

« Pour améliorer l’état du monde, le Forum économique mondial lance la Great Reset Initiative », lisait-on sur le site du FEM en septembre 2020.

Examinons à présent le côté « communiste » de cette affaire.

C’est là que des changements notables se produisent.

C’est là que le discours se transforme en actes.

En décembre 2020, le FEM a lancé une nouvelle initiative appelée « Manifeste de Davos ». Ce manifeste posait la question : « Quel type de capitalisme voulons-nous ? » Et le manifeste a répondu en exposant trois possibilités : « un capitalisme actionnarial » (shareholder capitalism), « un capitalisme d’État » (state capitalism) et « un capitalisme des parties prenantes » (stakeholder capitalism).

En bref, le capitalisme actionnarial est le vrai capitalisme ; c’est un système où les entreprises existent pour gagner de l’argent, où les entreprises sont dirigées et valorisées en fonction des profits et des pertes. C’est le type de capitalisme qui a propulsé l’économie américaine au sommet du monde pendant plusieurs décennies.

Le capitalisme d’État n’est pas le vrai capitalisme parce qu’il place le gouvernement en charge de diriger l’économie. C’est le genre de «capitalisme» qui a « pris de l’importance dans de nombreux marchés émergents, notamment en Chine», rapporte le FEM.

Le capitalisme des parties prenantes est la bête émergente.

Selon le FEM, « le capitalisme des parties prenantes considère les entreprises privées comme des administrateurs de la société et constitue clairement la meilleure réponse aux défis sociaux et environnementaux d’aujourd’hui».

C’est le genre de capitalisme qui dit que les entreprises ne devraient pas se préoccuper simplement de gagner de l’argent, mais aussi de servir d ’« organisme social »à la société. En d’autres termes, les entreprises devraient être davantage motivées par le bien-être que par l’argent.

Voici comment la gauche met la main sur Wall Street pour promouvoir des réglementations, des politiques et des programmes qui ne passent pas par le processus démocratique, ni par le congrès, ni par le peuple. Le Sénat refuse de signer un traité des Nations Unies sur le changement climatique ? Pas de soucis : les politiciens feront simplement pression sur les entreprises privées afin qu’elles adoptent «volontairement» des nouvelles normes en matière d’énergie propre et de pratiques de développement durable. Le résultat final est essentiellement le même. Le Congrès refuse de voter les lois restreignant le droit du port d’armes à feu ? Pas de soucis ; de nouvelles normes feront en sorte que les entreprises privées restreignent les ventes d’armes à feu, et que les banques refusent d’accorder des fonds aux entreprises qui vendent des armes à feu, et que les entreprises chassent tous les porteurs d’armes à feu de leur masse salariale ou de leurs partenaires commerciaux. Deuxième amendement ? Disparu. Les possibilités de contrôle sont infinies.

« Nous devons saisir ce moment pour faire en sorte que le capitalisme des parties prenantes soit le nouveau modèle dominant », affirme encore le FEM. « [Notre] nouveau « Manifeste de Davos »… déclare que les entreprises doivent payer leur juste part d’impôts, faire preuve de tolérance zéro en matière de corruption, défendre les droits de l’homme tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement et plaider pour des conditions de concurrence équitables. …Les entreprises auront besoin de nouveaux standards. Pour commencer, un nouveau standard de « création de valeur partagée » devrait être mis en place et inclure des objectifs « environnementaux, sociaux et de gouvernance» (ESG) en complément des standards financiers ».

Les gros bonnets de la banque et du monde des affaires se sont déjà mis d’accord pour affiner ces nouveaux standards de « valeur partagée ». La table ronde des entreprises américaines vient d’annoncer qu’elle souscrit désormais officiellement à cette forme de capitalisme de type « great reset ».

Voici vers quoi mène ce modèle : les grandes multinationales deviendront les guides politiques du monde. Les élites corporatives prendront la suite des gouvernements actuels.

« De toute évidence, les entreprises doivent toujours chercher à… maintenir un esprit d’entreprise », a écrit le FEM. « Mais elles doivent également travailler avec d’autres acteurs pour améliorer l’état du monde … En fait, cette dernière mission devrait être leur objectif ultime ».

Les multinationales qui auront le plus d’argent régneront.

Le libre marché américain tombera sous les diktats des plus riches multinationales du monde.

Si vous voulez un exemple pour comprendre la façon dont ce nouveau modèle fonctionne déjà actuellement, regardez Twitter. Jack Dorsey, suivant ce qu’il considère comme devant être un discours politiquement correct, a définitivement banni de son réseau social l’avocat principal de Trump, Lin Wood. Pourquoi ? Parce que Lin Wood incite à la violence, affirment les dirigeants de Twitter. Premier amendement ? Disparu.

C’est là un très petit aperçu de la façon dont les multinationales dirigées par des évangélistes sociaux fonctionnent : elles deviennent donc les arbitres des comportements humains considérés comme appropriés et acceptables. Elles deviennent les dictatrices de la bonne gouvernance.

Prenons l’exemple de l’obligation de porter des masques.

Si le gouvernement ne parvient pas à contraindre le port du masque par la voie constitutionnelle, il peut exercer des pressions sur le marché privé pour obtenir le même résultat par une voie différente. De nos jours, on trouve à l’entrée de tous les magasins l’avertissement suivant : « Les personnes sans masque ne peuvent pas entrer ». Bientôt, l’entrée dans les commerces sera refusée à ceux qui n’ont pas reçu le vaccin. Et bientôt, il sera interdit de vendre ou d’acheter tout court.

Avec la montée en puissance de ces multinationales, des campagnes mondiales pour « Reconstruire en mieux» et en faveur de la « Grande réinitialisation » – les citoyens ne pourront plus voyager, travailler, aller à l’école, faire du shopping ou vendre sans s’être au préalable soumis aux normes fixées par les grandes corporations et leurs partenaires du FEM.

Il s’agit tout simplement d’une prise de contrôle des marchés libres et d’une imposition de normes comportementales, politiques et économiques à l’échelle de pays entiers, par des élites milliardaires non élues, illégitimes, souvent même invisibles et inconnues.

Et tout ceci est en train d’arriver en Amérique.

Il s’agit d’un communisme déguisé en capitalisme de justice sociale.

Les nominations par Biden de secrétaires d’état favorables aux syndicats visent précisément à accélérer cette « grande réinitialisation ». Qui d’autre est mieux équipé pour paralyser de l’intérieur le libre marché américain que les grands syndicats ?

Il est donc absolument crucial de comprendre que le slogan « build back better » signifie quelque chose de bien précis. La grande réinitialisation est réelle. Et les Américains doivent lutter contre le communisme qui se dissimule derrière ces concepts.

Rappelez-vous que le FEM est composé de grandes entreprises privées, et donc largement à l’abri de toute responsabilité démocratique. Ses membres se moquent de ne pas être réélus aux prochaines élections : elles n’y participent pas.

Si la « Great Reset Initiative » du FEM se concrétise, même les élections (ainsi que les soupçons de fraude électorale) n’auront plus aucune importance. L’Amérique, comme tous les pays du monde, sera dirigée, gouvernée et régulée par une foule d’élitistes de multinationales et leurs amis multimilliardaires. La Constitution ne sera plus qu’un morceau de papier. Ils imposeront une nouvelle définition de la liberté.

Source : Cheryl K. Chumley, Great Reset is corporate communism and it’s coming to America, in The Washington Times, 9 Janvier 2021, article d’opinion traduit par le Fide Post.

Commentaire : Nous ne sommes pas nécessairement d’accord avec l’approche économique typiquement libérale « à l’américaine » qui se dégage du propos de l’auteur, mais nous sommes globalement d’accord avec son analyse, en particulier sur la question de ce fameux communisme capitaliste ou communisme des parties prenantes qui se met manifestement en place.

On peut noter d’ailleurs que Ms. Chumley, qui est une protestante américaine libérale en matière économique, gagnerait à étudier les principes de l’économie catholique. En effet, Ms. Chumley affirme que le capitalisme actionnarial est le vrai capitalisme et en cela, nous sommes bien d’accord avec elle. C’est un modèle que nous respectons et défendons nous-mêmes. Faut-il rappeler que ce modèle est né et s’est développé avant tout dans la Chrétienté. Ensuite, Chumley rejette le capitalisme d’état comme faux capitalisme, puisque dans ce cas de figure, c’est l’état qui dirige l’économie. Sur ce point précis, socialistes et libéraux manquent cruellement de réalisme et de bonne mesure, qualités que seule la doctrine sociale (et économique) de l’Église peut apporter au monde. En effet, il absurde de dire et de croire que l’état ne peut pas et ne doit jouer aucun rôle dans la direction générale de l’économie d’un pays. De fait, il s’agit d’une mission régalienne de l’état, non seulement du point de vue de la politique monétaire, mais aussi du point de vue de la justice sociale. Dans un état chrétien, le marché est libre pourvu qu’il n’attente pas au bien commun, aux bonnes mœurs et surtout à l’honneur du à Dieu.

Pour le reste, l’analyse de Chumley concernant ce corporate communism ou ce stakeholder capitalism est excellente et très exacte. Mais là encore, socialistes et libéraux seront incapables d’apporter une réponse cohérente à ce fléau qui se met déjà en place. En effet, les globalistes du FEM, de la Big Tech et de Big Pharma considèrent que les grandes corporations mondiales qui contrôlent désormais des pans entiers de l’économie, jusqu’à concurrencer des grandes nations occidentales qui ont elles-mêmes renoncé à des pans entiers de leurs pouvoirs régaliens, ont une mission, une responsabilité vis à vis de la société, pour rendre le monde meilleur. Et c’est ainsi que l’évangélisme social du progressisme fusionne avec le messianisme marxiste et l’utopisme New-Age pour former cette espèce de nouveau consensus moral international, adopté par une partie du peuple zombifié, et rejeté, sans grand effet, par une autre partie du peuple, conscientisée mais largement désorganisée et démoralisée.

Or, dans un état chrétien et selon la doctrine sociale de l’Église, le patron d’entreprise a bel et bien une certaine mission sociale. Étant à la tête d’une entreprise, il a des responsabilités vis-à-vis de ses salariés, de ses clients, de ses partenaires, mais aussi de la société locale. Les entrepreneurs catholiques, artisans, financiers ou industriels, ont contribué pendant des siècles à l’édification de la chrétienté. Seulement, il est clair que notre époque actuelle n’est plus celle de la glorieuse chrétienté d’antan, mais plutôt celle qui précède immédiatement le règne de l’Antéchrist, durant lequel il ne sera plus possible d’acheter ou de vendre sans porter la marque de la bête.

Pour avoir sabordé l’ordre social chrétien qui avait porté l’Occident au pinacle de la civilisation humaine, la société démocratique issue des Lumières et des révolutions de l’ère contemporaine, est en passe de disparaître, détruite par ses propres idées, par ses propres golems. Juste châtiment. Ce sont en effet les peuples crédules qui ont constamment voté, et revoté pour les régimes et les castes de profiteurs et de parasites qui sont actuellement en train de leur passer la corde au cou. En France, il est probable qu’une certaine partie des entrepreneurs au bord de la ruine à cause de la pseudo-pandémie de COVID-19, aient été des électeurs d’Emmanuel Macron. Et les malheureux croient encore avoir affaire à de simples incompétents, alors qu’ils ont en face d’eux de froids assassins.

Comme on l’a vu avec le récent épisode américain, l’ére des démocraties de papa est révolue. Si le pouvoir politique s’exerce encore quelque peu dans les palais présidentiels et dans les assemblées, la démocratie, elle, s’exerce désormais dans le cloud. On a vu le rôle capital joué par le corporate communism dans la promotion du COVID-19, de BLM, de Joe Biden, ainsi que dans la dissimulation de la fraude électorale. Notons d’ailleurs que cette notion de corporate communism peut s’apparenter à ce que certains communistes ou marxistes contemporains, comme Annie Lacroix-Riz, appellent le fascisme capitaliste. Or, paradoxalement, ce que ces auteurs de gauche reprochent à ce phénomène concerne essentiellement les aspects les plus socialistes et les plus collectivistes du fascisme. Ainsi, le terme de corporate communism est bien plus adapté.

Nous arrivons tout au bout d’une phase de l’histoire contemporaine, initiée par l’après-guerre, par les 30 glorieuses, par Vatican 2, par l’Union Européenne. Désormais, les élites en question ont tous les moyens politiques, financiers et technologiques à leur disposition, tandis que les foules réfractaires, sont déchristianisées, dégénérées anthropologiquement parlant, désorganisées et hystérisées par le chaos social permanent.

2 réflexions sur “Great Reset et Corporate Communism

  1. Bonjour,
    Je découvre votre blog (via une vidéo d’Adrien Abauzit) très intéressant.
    Article intéressant, en le lisant je me remémore des paroles de la Sainte Vierge à Fatima (1917) : « si la Russie ne se convertit pas, elle répandra ses erreurs dans le monde entier ».
    Quelques mois après, la Russie basculait dans le bolchévisme communiste. Outre d’avoir été le 1er pays à légaliser l’avortement, à interdire la propriété individuelle, l’URSS :
    – favorise l’obscénité, normalise l’homosexualité et promiscuité sexuelle (bien que dans les années 1930 Staline y mit un terme), infiltre l’Eglise et remplace sa doctrine par une doctrine sociale/discrédite la Bible/interdit la religion à l’école/discrédite la famille et favorise le divorce facile/culpabilise l’éducation parentale (coupable de retards des enfants).

    Ce sont des choses qu’on observe depuis quelques décennies un peu partout dans le monde, notamment en Occident.
    Malachi Martin, prêtre, (auteur de Windsept House) qui avait lu le 3ème secret de Fatima lorsqu’il travaillait auprès du Pape (cf livre Notre Dame de l’Apocalypse, de Pierre Jovanovic) avait affirmé (dans les années 1990) que l’espoir du monde viendrait de l’Est (et non pas de l’Ouest).
    Alors, je prie pour la conversion de la Russie qui pourra peut être réparer les erreurs du Monde.

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