USA : Effets diplomatiques de la crise électorale américaine

Actuellement, le monde se divise en deux catégories. Il y a ceux s’empressent de saluer la victoire de Joe Biden et ceux qui, par leur seule prudence ou leur seule honnêteté, soutiennent le président Donald Trump, par intérêt ou même par défaut.

Le monde pro-Biden

Il y a tout d’abord le « monde libre », à savoir l’axe des démocraties : la plupart des chefs d’état globalistes et « progressistes » ont presqu’instantanément et sans aucune retenue salué la victoire d Joe Biden et de Kamala Harris, dès lors que les cartels médiatiques mondiaux donnèrent le feu vert.

Citons ainsi :

Emmanuel Macron, ainsi que la plupart des élus et autres représentants du parti LREM, n’ont pas perdu leur temps :

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, a « félicité Joe Biden pour son élection » et prévoit de travailler avec lui sur les dossiers du COVID 19 et du réchauffement climatique :

Boris Johnson, premier ministre britannique, y est allé du même pied :

Angela Merkel a officiellement reconnu  Joe Biden comme le 46e président des États-Unis :

Le premier ministre italien Giuseppe Conte, de même :

Mette Frederiksen, première ministre Danoise qui s’était confrontée à Donald Trump dans son projet de racheter le Groenland, a déclaré « avoir hâte de collaborer avec Joe Biden dans les prochaines années » :

Volodimir Zelensky, le président de l’Ukraine :

Dans le monde arabo-musulman, l’Egypte, les Emirats, le Bahreïn, le Koweït, Oman et le Qatar ont réagi à la fin du scrutin électoral américain avec des degrés de prudence divers, certains se contentant de « souhaiter le meilleur » pour les citoyens américains et de souhaiter des relations bilatérales toujours fructueuses ; d’autres, comme l’Irak, le Soudan ou les émirats, reconnaissant plus franchement Joe Biden comme président élu.

L’Arabie Saoudite demeura silencieuse jusqu’à ce dimanche, avant qu’un communiqué de l’agence de presse d’état SPA confirme les félicitations officielles du prince Salman à Joe Biden :

Il est utile de rappeler que l’Arabie Saoudite fut l’un des plus proches partenaires de l’administration Trump. Non seulement en raison de la politique américaine plus hostile à l’Iran, mais aussi en raison des liens personnels entre MBS et Jared Kushner, l’un des principaux conseillers du président Trump.

Plus surprenantes pour certains, furent les félicitations adressées à Joe Biden par les chefs d’états iraniens et israéliens.

Pour des raisons évidentes, la presse d’état iranienne avait largement fait campagne contre Donald Trump. Comptant retrouver les avantages relatifs qui furent les leurs sous l’administration Obama, les iraniens ont naturellement favorisé la candidature Biden. Ce qui n’a pas empêché le leader suprême Khamenei de se moquer, non sans raison, de la gigantesque fraude électorale survenue au cours de ce scrutin de 2020.

Néanmoins, beaucoup ont été surpris par le fait que Benjamin Netanyahou, le premier ministre israélien, ait aussi rapidement et aussi ouvertement salué la victoire de Joe Biden, alors que l’administration Trump avait donné tous les gages possibles et imaginables, tant au lobby sioniste américain, qu’à l’état sioniste lui-même.

Outre le fait que Trump ait financé une grande partie de sa campagne de 2016 par le richissime magnat sioniste Sheldon Adelson, il a choisi pour conseiller spécial son gendre Jared Kushner, Juif proche des Chabad Loubavitch et principal médiateur sur les questions du Proche Orient. En Décembre 2017, Donald Trump avait également annoncé la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël et avait ainsi ordonné la relocation de l’ambassade américaine, jadis à Tel-Aviv, dans la ville sainte. En Décembre 2019, il avait signé un décret extraordinaire « pour combattre l’antisémitisme ». Enfin, plus récemment, l’administration Trump, par l’entremise notable de Jared Kushner, s’est grandement félicitée d’avoir joué un rôle central dans l’accord de paix entre l’état Juif et les Emirats Arabes Unis. Plus dernièrement, une entreprise de normalisation des relations diplomatique fut également initiée entre le royaume de Bahreïn et l’état sioniste.

En tant que 52e état officieux des Etats-Unis, bénéficiant d’une aide militaire annuelle s’élevant à 3,8 milliards de dollars (soit environ 10,5 millions de dollars par jour), d’un lobby puissant et de représentants bien implantés dans l’administration à Washington, ainsi que dans les réseaux politiques, qu’ils soient démocrates ou républicains, l’état Juif peut se targuer de gagner sur tous les plans, peu importe la composition du gouvernement.

Toutefois, la personnalité et le style uniques de Donald Trump constituent à eux seuls un bouleversement majeur dans la politique américaine de ces 40 dernières années. On sait que Trump, contrairement aux politiciens américains classiques, se distingue par son indépendance financière personnelle. Il n’avait pas particulièrement besoin de l’argent des organisations sionistes, qu’elles soient juives ou protestantes, pour mener sa campagne de 2016. Il avait certainement besoin, en revanche, de cet appui, au moins pour de pures raisons stratégiques. Qu’en est-il maintenant ?

Pour ce que ça vaut, on sait que le compte Twitter officiel de Donald Trump a cessé de suivre celui de Benjamin Netanyahou après que ce dernier ait publiquement désavoué, du moins en apparence, celui qui reste à ce jour le président américain en exercice.

S’agit-il d’imprudence ou d’arrogance, de la part de Netanyahou ? Connaissant la bête, on penche plutôt pour la seconde option. Mais que se passera-t-il si Donald Trump parvient à confirmer son élection d’ici le début du mois de Décembre ?

Notons enfin que l’essentiel du camp néoconservateur, depuis George W. Bush à Bill Kristol, s’est empressé de saluer la victoire de Joe Biden, de même que d’autres républicains plus ou moins connus, mais réputés pour leur conservatisme de façade.

Les enjeux électoraux actuels sont aussi considérables pour les deux partis américains. Le parti démocrate pourrait bien se voir considérablement terni si les fraudes sont avérées. Quant au parti républicain, même si l’influence des néoconservateurs est toujours bien présente, les années Trump ont permis la montée en force de jeunes conservateurs, de chrétiens zélés et de nationalistes talentueux.

Le monde de la prudence et du réalisme

Tranchant avec l’empressement idéologique ou intéressé des chefs d’états globalistes, un grand nombre d’autres pays ont au contraire, adopté une communication prudente et raisonnable. En Europe, les chefs d’états de Hongrie, de Slovénie, de Pologne ou encore de Biélorussie se sont particulièrement distingués à cet égard, marquant la fracture entre l’Europe de Višegrad et celle de Bruxelles.

Le premier ministre slovène Janez Jansa avait déclaré en Octobre que Joe Biden « s’il était élu, serait l’un des présidents les plus faibles de toute l’histoire ». Rappelons ici que la Slovénie est le pays d’origine de Mélania Trump.

Jansa est encore allé plus loin dès le 4 Novembre :

Quant au président polonais Andrzej Duda, il a adopté une communication plus subtile encore :

Communication très similaire à celle du Premier Ministre hongrois Viktor Orban, qui a communiqué un message à l’agence de presse d’état MTI : « Félicitations à Joe Biden pour sa campagne présidentielle réussie ». Dans les deux cas, les chefs d’états polonais et hongrois se montrent plus prudents qu’ils n’y parait, se refusant à explicitement qualifier Joe Biden de nouveau président américain définitivement élu.

Il faut rappeler que durant la campagne électorale, Joe Biden avait eu à plusieurs reprises des propos extrêmement insultants contre des pays tels que la Hongrie ou la Pologne, en les qualifiant de « régimes totalitaires » en raison de l’opposition de ces nations à l’invasion migratoire, à l’avortement et à la propagande LGBT :

Le président brésilien Bolsonaro, solide allié diplomatique de l’administration Trump, a lui aussi adopté une communication retenue, évitant de se prononcer sur le processus électoral en cours tant qu’une décision de justice officielle n’aura pas été rendu. Bolsonaro n’aurait évidemment aucun intérêt, bien au contraire, à l’avènement d’une administration Biden qui placerait assurément les questions environnementales et l’idéologie « anti-populiste » au cœur des relations bilatérales. Bolsonaro a également suggéré sur ses réseaux sociaux l’existence d’une possible ingérence étrangère dans les élections américaines.

De même, la Chine ne reconnait pour le moment aucun candidat à l’élection présidentielle. Le ministre des affaires étrangères Wang Wenbin a déclaré aujourd’hui que « le résultat de l’élection sera déterminé par les lois et procédures américaines », et que Pékin s’alignera alors sur la décision finale.

Le président turc Erdogan lui aussi, reste dans la réserve, de même que le président russe Vladimir Poutine. Le porte-parole de la présidence, Dmitry Peskov a ainsi déclaré à la presse, « il est plus approprié d’attendre les résultats officiels de ces élections ». De son coté, la dirigeante de la commission électorale russe, Ella Pamfilova, a fait sensation lundi en déclarant que le système de vote par correspondance aux Etats Unis avait « ouvert la porte » à « d’immenses » fraudes potentielles.

Le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrabor a lui aussi déclaré qu’il ne féliciterait aucun candidat tant qu’une décision de justice définitive n’aura pas confirmé l’élection. Il faut savoir que le Mexique est l’un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, avec un volume commercial annuel de plus de 600 milliards de dollars.

 

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