Soral, Ryssen et la liberté d’expression

Lorsqu’Alain Soral et Hervé Ryssen furent tous deux récemment incarcérés en France, nous n’avons pas hésité à dénoncer dans un cas comme dans l’autre l’iniquité d’un système judiciaire profondément corrompu. En somme, nous estimons que les charges retenues contre ces deux polémistes sont injustes, et leurs condamnations par conséquent injustifiées. Nous jugeons en outre que cette répression, dont firent également l’objet d’autres personnalités comme Jérôme Bourbon, contribue une fois de plus à dévoiler les réelles forces d’influence de la 5e république. Néanmoins, lorsque nous avons dans le même temps rappelé que nous condamnions les positions théologiquement hétérodoxes d’Alain Soral, et surtout, lorsque nous avions rappelé que sous un régime catholique, ces positions lui auraient valu des condamnations cette fois-ci justifiées, ses supporters nous tombèrent dessus à bras raccourcis, nous qualifiant de « pharisiens », d’horribles inquisiteurs qui au final, ne valent pas mieux que les actuels chasseurs de sorcières.

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Il y a là un grave malentendu qu’il nous semble utile et très urgent de soulever, pour le bénéfice de tous.

Il faut tout d’abord comprendre qu’un catholique ne peut en aucune manière se dire favorable à la liberté d’expression posée comme principe absolu. Il faut comprendre ensuite, comme l’a déjà brillamment exposé Théodon il y a plus de deux ans, que les droites contemporaines, conservatrices, dissidentes, nationalistes et réactionnaires, sont de plus en plus libérales, ou plus encore, de plus en plus libertariennes. Il y a une raison à cela.

Ce grave quiproquo démontre une chose : ce ne sont pas nous, catholiques intégralistes, qui réfléchissons comme nos actuelles élites globalistes ou qui partageons leur état d’esprit. Ce sont plutôt certains de nos amis conservateurs, dissidents, nationalistes et réactionnaires, qui se sont laissés envahir par la conception libérale, et finalement maçonnique, de la dite liberté d’expression.

Le bien, le mal et la liberté d’expression

Beaucoup semblent oublier que ces principes libéraux et maçonniques de « liberté d’expression » furent précisément ceux qui firent tomber l’ordre chrétien, puis l’ordre naturel lui-même, dans tout l’Occident, au cours des deux ou trois derniers siècles. Dès le temps des Voltaire et des autres encyclopédistes, cette conception de la liberté d’expression avait pour but premier de pouvoir attaquer publiquement les principes mêmes de la religion et de la loi naturelle en général. En moins de deux siècles, ce rejet général de l’ordre politique et moral chrétien a rendu possible les révolutions les plus diverses, dans l’anthropologie, dans la politique, dans la justice sociale, dans les moeurs. On est passés du socialisme utopique au goulag sibérien. On est passés du mariage civil au libre-divorce. On est passés du féminisme de suffragette à la normalisation sociale des travestis. On est passés de la révolution sexuelle au mariage homosexuel. On passera bientôt des cours d’éducation sexuelle et de la théorie du genre, à la normalisation de la sexualité infantile, et à vrai dire, on y est déjà depuis plusieurs années. Dernièrement, un professeur en Sorbonne s’est attiré les foudres d’associations étudiantes gauchistes, pour avoir voulu donner un exemple de la dévolution du droit moral contemporain, en imaginant qu’on passe bientôt du mariage gay au mariage avec des animaux, arguant qu’il serait fort possible qu’on leur attribue une personnalité juridique au train où vont les choses.

On se demande alors pourquoi on refuse le droit d’expression à ce professeur d’université, et pourquoi on l’accorde aux promoteurs des abominations qu’il a tenté de dénoncer. La gauche rappelle généralement que les opinions pénalement condamnables, n’ont pas droit à la liberté d’expression. Ce qui est objectivement vrai : il existe des propos moralement condamnables, et chacun en convient, à commencer par la calomnie, la diffamation et l’injure publique.

Il est donc idiot, naïf et dangereux de poser la liberté d’expression comme un principe absolu. De ce point de vue, les forces libérales, globalistes ou gauchistes, ont un avantage certain sur une droite nationale ou dissidente qui s’accroche trop souvent à une notion pervertie et fausse de ce que doit être la liberté d’expression. C’est là un manque de réalisme symptomatique. En se plaçant dans cette position « voltairienne », on concède déjà la défaite envers ce système. Le catholique intégriste, au contraire, s’impose comme un opposant réaliste : lui non plus, ne tolérera pas de liberté d’expression pour les défenseurs de l’avortement, de l’homosexualisme et de l’immoralité.

En effet, aucune personne sensée ne peut réellement se dire favorable à la liberté d’expression posée comme principe absolu. Nos ennemis à tous, ces élites criminelles qui dirigent ou influencent le cours des choses dans la 5e République, ne sont pas en faveur de la liberté d’expression à partir du moment où celle-ci attaque ce qu’ils considèrent comme le bien, et qu’elle promeut ce qu’ils définissent comme le mal.

Et justement, l’ignorance de la notion réelle de liberté, revient en fait à ignorer les notions réelles et objectives de bien et de mal.

Le problème est donc que notre société actuelle, ayant rejeté Dieu, la religion et tous les principes de la loi naturelle et de la raison depuis longtemps déjà, a totalement et mécaniquement subjectivisé les notions de bien ou de mal.

Hier, en Chrétienté, on considérait comme manifestement mal, l’avortement, l’adultère, la pornographie, la licence des mœurs, l’usure, la profanation des corps, le crime, les relations contre-nature, et donc il était logiquement hors de question de permettre la libre expression de ce mal, sous une forme ou une autre.

Aujourd’hui, en régime apostat, on considère comme manifestement bien et fondamentalement acquis, le droit à l’avortement, au divorce, au concubinage, au libertinage, à la promotion « artistique » du crime et à toutes les formes d’homosexualité et bien d’autres aberrations.

En conséquence de quoi, on juge désormais intolérable de permettre la libre-expression des opinions qui s’opposent ou critiquent, même légèrement, ces phénomènes, sous peine de sanctions plus ou moins élevées et plus ou moins graves.

Cette inversion ou cette subjectivisation radicale des notions de bien et de mal, trouvent en grande partie leur origine dans l’inversion ou la subjectivisation radicale de la notion de liberté, notion qui, comme l’a enseigné le pape Léon XIII, a été pervertie et remplacée dans les faits, par celle de licence absolue :

Que si, dans les discussions qui ont cours sur la liberté, on entendait cette liberté, légitime et honnête, telle que la raison et Notre parole viennent de la décrire, nul n’oserait plus poursuivre l’Eglise de ce reproche qu’on lui jette avec une souveraine injustice, à savoir qu’elle est l’ennemie de la liberté des individus et de la liberté des Etats. Mais, il en est un grand nombre qui, à l’exemple de Lucifer, de qui est ce mot criminel : Je ne servirai pas, entendent par le nom de liberté ce qui n’est qu’une pure et absurde licence. Tels sont ceux qui appartiennent à cette école si répandue et si puissante et qui, empruntant leur nom au mot de liberté, veulent être appelés Libéraux.

Léon XIII, Libertas Praestantissimum

Or, l’état d’esprit des libéraux du temps du pape Léon XIII a été répandu plus ou moins profondément dans les cervelles de beaucoup de nos contemporains, lesquels, qu’ils soient de droite ou de gauche, admettent sans peine qu’ils se sentent toujours plus opprimés dans leurs libertés, au sein d’une société  ultra-permissive, dont ils épousent pourtant tous les principes, qu’ils disent subvertis ou mal appliqués par leurs dirigeants.  

Se pourrait-il alors que l’abus de liberté aboutisse à une forme ou une autre d’esclavage généralisé ? Ou bien par « abus de liberté », ne faut-il pas plutôt entendre « perversion de la notion de liberté », comme l’a si saintement démontré le pape Léon XIII ? Il apparaît alors que la liberté licencieuse, celle qui permet le droit à l’expression du mal dans la société, conduit à la négation de la notion même de liberté et donc à la régression morale de la société. Il apparaît au contraire, que la vraie notion de liberté, celle qui défend le droit à l’expression du bien dans la société, conduit au développement organique de cette même liberté, et donc au progrès moral de la société.

L’infiltration de l’état d’esprit libéral et maçonnique dans le public de droite

Le nouvel ordre mondial dégénéré possède ses dogmes, son magistère, en somme, son propre système religieux. Certains affirmeront sans doute qu’au sommet de cette pyramide dogmatique, il existe un dogme suprême dont la simple remise en cause, ne saurait jamais être tolérée, encore moins pardonnée médiatiquement ou pénalement. De très nombreux historiens allemands, français ou américains, ont été condamnés à de lourdes amendes, voire à de lourdes peines de prison, pour avoir étudié, remis en cause ou développé des analyses historiques alternatives sur des évènements historiques spécifiques de la seconde guerre mondiale.

Il n’est pas question ici pour nous de donner notre avis sur ces évènements ou sur ces historiens. Le fait est que dans différentes juridictions en Occident, une jurisprudence tout à fait exceptionnelle a été mise en place pour interdire et lourdement condamner tout contrevenant aux versions officielles généralement admises à ce sujet. Or, même une simple position de neutralité relative est potentiellement condamnable pénalement, ou au moins, médiatiquement, comme l’ont démontré les récentes affaires concernant le professeur Etienne Chouard ou encore le rappeur Freeze Corleone.

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Il est certes tout à fait compréhensible qu’une communauté veuille, dans telle ou telle juridiction, défendre la mémoire d’un tort qui lui a été collectivement fait par le passé. L’Eglise le fait bien pour ses centaines de milliers de saints. La société néo-paienne, elle aussi, possède ses « saints », certains plus éxaltés que d’autres, sans doute.

Or, le fait est que dans la société actuelle, la négation, la révision ou la seule relativisation d’un événement purement historique (sans nier la main de la Providence), est étrangement considérée comme le crime intellectuel ultime, tandis que la négation ou la révision d’un événement historique purement divin (l’événement central de l’histoire du monde), comme l’est l’Holocauste de Notre Seigneur Jésus-Christ, est érigée comme un droit des plus absolus, comme l’a encore rappelé dernièrement le président Emmanuel Macron, défendant le « droit au blasphème » en marge de la fameuse affaire Mila.

Ainsi, dans l’actuelle société néo-païenne, il est permis de publiquement insulter Dieu et la religion, mais il est interdit ou au moins considéré comme publiquement condamnable, d’exprimer une opinion alternative sur des faits purement historiques, politiques et naturels. Dans certains cas, cette opinion alternative sera alors considérée comme une sorte de blasphème.

Et bien d’autres opinions sont également passibles de telles répercutions. Ce qui fait dire à beaucoup de libéraux de gauche comme de droite, adeptes du rêve absurde de la liberté d’expression absolue, que la société actuelle est contrôlée par des élites moyenâgeuses, intolérantes et inquisitrices, jetant l’anathème sur le moindre hérétique public.

L’utilisation de ces analogies religieuses, propres à la religion catholique, montre à quel point la conception maçonnique de la liberté d’expression a été plus ou moins inconsciemment adoptée, même par certains dissidents qui se font pourtant une spécialité de dénoncer à tout instant le complot maçonnique.

Or, ces analogies sont gravement erronées. En effet, la Sainte Inquisition était par son principe même, une institution d’utilité publique, dans la mesure où son objet était l’élimination publique du mal dans la société, autant que cela était possible. Cette institution était sainte et temporellement bonne dans son principe, et les quelques individus qui voulurent en profiter de façon cruelle et criminelle, ne furent que des accidents dans son histoire. La seule existence de l’Inquisition a retardé de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, le cycle de révolutions que nous avons connu depuis plus de deux cent ans. A l’inverse, la Terreur lors de la révolution française, ou encore les méthodes utilisées par les régimes bolchéviques et communistes pour « épurer » les sociétés françaises et russes, étaient mauvaises par principe, dans la mesure où leurs principes visaient précisément à supprimer la liberté d’expression du bien, en particulier de la religion chrétienne. Il n’est donc pas surprenant de voir, aussi bien des gauchistes, que des droitards libéraux-libertaires, comparer la Sainte Inquisition aux régimes totalitaires contemporains tels que l’Allemagne nazie ou la Russie soviétique.

Ce réflexe est symptomatique de plusieurs virus qui ont contaminé l’esprit de trop de nos contemporains : le subjectivisme et le relativisme. Maladies dévastatrices que l’Eglise avait pourtant condamnées à de nombreuses reprises, au cours des deux derniers siècles, en même temps qu’elle condamna la franc-maçonnerie et le libéralisme.

La liberté d’expression dans la société chrétienne

Dans la cité chrétienne, et uniquement dans celle-ci, peut exister la vraie liberté, et en l’occurrence, la vraie liberté d’expression, c’est-à-dire, la liberté d’expression du  bien, du beau, du bon. Dans la cité chrétienne, la liberté d’expression n’est pas permise au mal, c’est-à-dire à tout ce qui attaque farouchement les vérités révélées et donc les fondements de l’ordre naturel, principes qui sont les seuls à même d’assurer l’établissement et le progrès de la civilisation, le développement de la justice, la distribution des opportunités sociales et économiques pour tous les habitants de la cité.

Dans l’actuelle société néo-païenne, la liberté d’expression n’est presque plus permise au bien, ou sinon par accident, mais jamais par principe. Ceci explique pourquoi, malgré les apparentes vertus de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, les régimes de démocratie libérale semblent évoluer de façon paradoxale, non pas en progressant, mais en régressant fondamentalement.

Ainsi, il devrait être facile à comprendre, pour nos amis conservateurs, dissidents, nationalistes et réactionnaires, que la liberté d’expression ne peut en aucun cas être tenue comme un principe absolu. Auquel cas, il serait absurde et inutile de s’élever contre tel écrivain faisant la promotion de la pédophilie, de se scandaliser contre tel rappeur insultant la France ou les blancs dans ses textes, ou d’être outré par tel « artiste » qui aura commis en place publique, un immondice pornographique subventionnés par vos impôts.

Donc, à moins de faire partie de ces quelques libéraux ou de ces quelques anarchistes extrémistes, vous devrez admettre que la liberté d’expression ne peut en aucun cas être posée comme principe absolu, mais seulement comme principe relatif, subordonné à des vérités objectives, naturelles, morales et révélées.

A partir de là, beaucoup de réactions scandalisées contre la répression lancée contre des personnalités telles que Jérôme Bourbon, Hervé Ryssen ou Alain Soral, sont en bonne partie justifiées, en tout cas, bien intentionnées. Mais dans le même temps, il nous semble qu’elles mettent en lumière la profonde pénétration du logiciel de l’ennemi dans l’esprit de beaucoup, à commencer par la sphère des dissidents et celle des libéraux-conservateurs. Vous devez comprendre que ceci constitue pour vous une défaite et pour l’ennemi, une victoire. Une victoire d’autant plus grande, qu’elle est obtenue presqu’à l’insu des vaincus.

Voltaire & Rousseau Photograph by Granger

Ceci appelle d’ailleurs à examiner le paradigme de la liberté d’expression à dimension variable. A juste titre, beaucoup s’étonnent par exemple de ce que des polémistes à succès comme Eric Zemmour puissent depuis de nombreuses années, multiplier les sorties souvent vraies, mais aussi parfois outrancières, sur l’islam, les musulmans ou telle ou telle communauté d’origine immigrée. Beaucoup s’étonnent alors qu’Eric Zemmour, catalogué comme polémiste politiquement incorrect par excellence, n’ait eu à subir durant sa carrière, que quelques condamnations relativement dérisoires pour ses propos, en comparaison avec bien d’autres personnalités ayant eu écopé de très lourdes amendes (surtout par rapport à leurs revenus respectifs), voire à des peines de prison ferme. Beaucoup s’étonnent qu’Eric Zemmour bénéficie d’une plate-forme médiatique de premier plan, tandis que les autres en sont réduits à la semi-clandestinité. Et toutes ces réflexions sont hautement justifiées, mais elles s’expliquent assez simplement. Et, plutôt que de parler d’Eric Zemmour, on pourrait également donner l’exemple politiquement opposé, à savoir celui de la revue blasphématoire et infâme, « Charlie Hebdo ». Et nos lecteurs savent bien que ce n’est pas nous qui ferions jamais l’apologie de l’islam, bien au contraire. Néanmoins, dans une société chrétienne, il serait probablement inacceptable de tolérer la parution d’une revue telle que « Charlie Hebdo », même si cette dernière se bornait à ne caricaturer que l’islam, car ce qui est condamnable ici, c’est l’idéologie essentiellement antireligieuse et antimorale qui caractérise cette publication. Voltaire en son temps, dans sa période antisémite, attaquait l’Ancien Testament et en apparence, le judaïsme, alors qu’il attaquait en réalité l’Eglise et le principe même de la religion.

D’ailleurs, le débat autour de la liberté d’expression est intimement lié à la question de la liberté des cultes, ou plus exactement, à la liberté d’expression publique des différentes dénominations religieuses. Ce sera peut-être l’objet d’un prochain article.

Imposer la liberté d’expression du bien

Beaucoup pensent que seuls sont respectables les dissidents, de gauche ou de droite, qui n’hésitent pas à dénoncer tous azimuts les manœuvres de tel ou tel groupe d’intérêt. D’autres pensent que pour être audible médiatiquement et politiquement, il faut, ou bien éviter absolument d’aborder certaines questions aujourd’hui considérées comme des tabous politiques ou historiques, ou bien se compromettre avec certains réseaux d’influence.

Nous pensons qu’il y a, dans ces stratégies, des excès lamentables. Nous pensons que seuls les catholiques intégralistes peuvent montrer aux uns et aux autres, la voie de la modération et de l’intelligence, contre deux erreurs opposées. Or, il n’y a actuellement, dans le champ des idées politiques, peut-être pas de piège plus subtil que celui de la perversion de la vraie notion de liberté.

Voici donc quelques conseils : lorsque vous vous revendiquez de la notion de « liberté d’expression », pesez bien vos paroles. Défendez la liberté d’expression relative au bien, au vrai, au bon et au beau. Refusez-là alors au mal, au faux, au mauvais et au laid. Ordonnez votre esprit et vos sens, et comprenez qu’il existe nécessairement un ordre et donc des vérités fondamentales, desquelles découlent toutes notions de bien, lesquelles permettent alors d’identifier ce qui est mal et inacceptable.

En ayant remis ces idées à l’endroit, vous comprendrez alors qu’il est vain de vouloir entrer en dissidence contre les normes d’un principe faussé dès l’origine, tout en adoptant l’essentiel de ce principe. Dans ce cas de figure, vous acceptez de n’être, au mieux, qu’une simple force de proposition, diluée dans le chaos d’un débat public déjà défavorable à l’expression du vrai et de l’intelligence.

Les catholiques intégralistes ne se limitent pas à être une banale force de proposition, mais comprennent leur droit et leur devoir d’être une force d’imposition de cette vraie et saine notion de liberté du bien et de la justice.

Ces quelques notions de réalisme philosophique sont essentielles à tout réaliste politique, tout particulièrement dans la situation actuelle. Elles nous permettent à nous, catholiques, d’être radicaux, sans jamais que nos adversaires puissent légitimement nous juger coupables, sinon d’être de fiers membres de la milice chrétienne.

3 réflexions sur “Soral, Ryssen et la liberté d’expression

  1. Néanmoins, lorsque nous avons dans le même temps rappelé que nous condamnions les positions théologiquement hétérodoxes d’Alain Soral, et surtout, lorsque nous avions rappelé que sous un régime catholique, ces positions lui auraient valu des condamnations cette fois-ci justifiées, ses supporters nous tombèrent dessus à bras raccourcis, nous qualifiant de « pharisiens », d’horribles inquisiteurs qui au final, ne valent pas mieux que les actuels chasseurs de sorcières.
    C’était l’attitude logique du point de vue qui est le vôtre : ne pas dénoncer ce qui est une violation aux principes officiellement proclamés des « droits de l’Homme » aurait été vous rendre complices de cette exception qui est donc une injustice, et en plus admettre la sacralisation du profane, donc le remplacement du divin par l’humain ; mais ne pas rappeler vos désaccords aurait été trahir les vôtres, en semblant vous atteler à une cause étrangère, dont la forte audience est susceptible d’engloutir bien des mouvements.

    Pour avoir fréquenté le site de M. Soral, j’ai pu constater que des auteurs et des commentateurs anti-chrétiens y avaient plein accès, et qu’à réfuter leurs mensonges contre l’Église on se faisait souvent censurer, et troller, par la modération à l’évidence, jusqu’à l’usurpation même.

    Apparemment, M. Soral est un homme empreint du libéralisme moral, avec un reste de respect, non simulé, pour le Christ. Toutefois il interprète le message selon une conception gnostique, ce qui l’a rendu perméable â une infiltration d’ophites. Du moins la ligne actuelle d’É&R me semble-t-elle devoir s’interpréter ainsi. Les intellectuels de cetre association – chacun jugera si j’ai raison – me paraissent chanter à l’unisson le culte de Lucifer. Soral est contre les lucifériens, et tout contre par aveuglement. Parce que, très intelligent, mais souffrant de la culture à trous des autodidactes, il ne sait pas de quoi il retourne sur ces questions-là.

    Ce n’est pas seulement un écart qui sépare la ligne profonde d’É&R du catholicisme : c’est un abîme.

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