[Vie des Saints] L’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

Cette fête a pour objet de célébrer à la fois la bienheureuse Mort, la glorieuse Résurrection et la triomphante Assomption de la très Sainte Vierge au Ciel.

Jésus avait souffert la mort pour racheter le monde; Marie, dans le plan de la Providence, devait suivre Son divin Fils et mourir. Mais Sa mort ne ressembla en rien à celle du commun des hommes; elle eut pour unique cause l’excès de Son amour et de Ses désirs; elle ne fut accompagnée d’aucune douleur, ni suivie de la corruption du tombeau. Jésus devait tous ces privilèges à Sa sainte Mère.

La tradition rapporte que les Apôtres, dispersés dans l’univers pour prêcher l’Évangile, se trouvèrent miraculeusement réunis autour du lit de mort de Celle qui avait présidé à la naissance et aux premiers développements de l’Église. Trois jours après la mort de Marie, visitant le virginal tombeau avant de se séparer, ils furent les heureux témoins d’une grande merveille. On entendit dans les airs d’harmonieux cantiques; un parfum délicieux s’exhalait du tombeau de Marie; et lorsqu’on l’eut ouvert, on n’y trouva que des fleurs fraîches et vermeilles: les Anges avaient transporté dans les Cieux, en corps et en âme, la Mère du Sauveur.

On ne peut que soupçonner ici-bas avec admiration l’accueil qui fut fait à Marie par la Très Sainte Trinité, à laquelle Elle avait été associée d’une manière si sublime dans le mystère du salut des hommes, par Jésus-Christ Son Fils bien-aimé, par les légions des Anges, les Patriarches, les Prophètes, tous les Saints de l’Ancien Testament et les élus de la loi nouvelle. Les plus grands serviteurs de Marie, dans leurs contemplations, se sont plu à dépeindre Son triomphe incomparable, Son couronnement, Sa gloire en ce grand jour.

Mais le triomphe et la gloire de Marie sont éternels. La fête de l’Assomption, outre Sa mort toute sainte, Sa Résurrection et Son couronnement, célèbre Sa royauté toute-puissante. Elle est la Reine du Ciel, la Reine des Anges et des Saints, la Reine de l’Église terrestre, la Reine de l’Église du Purgatoire; et c’est Elle que David a dépeinte dans ses Psaumes : « La Reine S’est assise à Votre droite, couverte d’un manteau d’or, environnée et tout étincelante des richesses les plus variées » (Psaume 44). L’Assomption de Marie réclamait une définition de foi: l’Église a proclamé ce dogme le 1er novembre 1950. Gloire à Marie !

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950


Ton trône, ô Dieu, est établi pour toujours ; le sceptre de Ta royauté est un sceptre de droiture. Des filles de rois sont parmi Tes bien-aimées ; la reine est à Ta droite, parée de l’or d’Ophir. – Psaume 44

MISSEL

Le 1er Novembre 1950, Pie XII définissait le dogme de l’Assomption. Il proclamait ainsi solennellement que la croyance selon laquelle la Sainte Vierge Marie, à l’achèvement de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme dans la gloire du ciel fait réellement partie du dépôt de la foi, reçu des apôtres. « Bénie entre toutes les femmes », en raison de sa maternité divine, la Vierge Immaculée, qui avait eu dès sa conception le privilège d’échapper au péché originel, ne devait pas connaitre non plus la corruption du tombeau. Pour éviter toute donnée incertaine, le pape s’est abstenu de préciser la manière et les circonstances de temps et de lieu où l’Assomption a dû se faire : seul le fait de l’Assomption de Marie, corps et âme, dans la gloire du ciel, fait l’objet de la définition.

La nouvelle messe de la fête met en évidence l’Assomption elle-même et ses convenances théologiques. Elle voit Marie glorifiée dans la femme décrite par l’Apocalypse (introït), dans la fille du roi vêtue d’un manteau d’or du psaume 44 (graduel), dans la femme qui, avec son fils, sera l’ennemie victorieuse du démon (offertoire). Elle lui applique les louanges décernées à Judith triomphante (épitre) ; et surtout, elle voit dans l’Assomption le couronnement de toutes les gloires qui découlent de la maternité divine et que Marie elle-même a chantées dans son Magnificat (évangile). Les oraisons nous font demander à Dieu de pouvoir, comme la Sainte Vierge, être sans cesse attentifs aux choses d’en haut, atteindre la résurrection bienheureuse et partager sa gloire au ciel.

Dans la liturgie, on retrouve le culte de l’Assomption depuis le 6e siècle en Orient ; à Rome depuis le 7e. A Jérusalem, à Constantinople et à Rome, on organisait une procession en l’honneur de la Vierge. En France, la procession qui se fait le 15 aout après les vêpres, rappelle la consécration du pays à la Sainte Vierge par Louis XIII en 1638.

Sur les figures scripturaires de la Vierge Marie utilisées dans la liturgie du jour : La femme qui brise la tête du serpent (Genèse 3 ; 9-15), la Sagesse (Proverbes 8 ; 22-35 et Ecclésiaste 24 ; 11-31), l’épouse (Cantiques), Judith (voir l’épitre du jour), la Reine (Psaume 44 ; 9-16), Marie sœur de Marthe (Luc 10 ; 38-42), la femme revêtue du soleil (Apocalypse 12).

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