Le Coran enseigne-t-il que la Bible est corrompue ?

De nos jours, un grand nombre de musulmans croient dans l’idée selon laquelle le Coran affirmerait que les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament furent physiquement corrompus par les Juifs ou par les Chrétiens. En conséquence de quoi, leur contenu ne fut pas transmis dans son intégralité, ou encore, le contenu de la Bible, telle qu’elle existait au temps de Mohammed et telle qu’elle existe encore aujourd’hui, contiendrait des erreurs et des altérations.

Dans l’esprit de ces musulmans, les Juifs, et parfois les Chrétiens aussi, auraient été les auteurs de cette corruption, raison pour laquelle le Coran fut révélé à Mohammed afin de rétablir le vrai message divin qui s’était alors perdu.

Communément, ces musulmans prennent pour preuves des versets tels que Coran 2 ; 59, Coran 2 ; 75-77, Coran 2 ; 140, Coran 3 ; 78, Coran 3 ; 187, Coran 4 ; 46, Coran 5 ; 13-15 ou encore Coran 5 ; 41. La plupart de ces passages se rapportent plus directement aux Juifs, tandis que d’autres désignent tant les Juifs que les chrétiens. Typiquement, l’accusation envers les Juifs est généralement d’avoir littéralement corrompu ou altéré le texte de la Torah. Nous verrons plus tard qu’elles étaient les motivations des premiers musulmans pour formuler de telles accusations.

D’un autre côté, l’accusation envers les Chrétiens est plutôt d’avoir simplement perdu le sens original du texte évangélique, ou d’y avoir ajouté d’autres textes.

Comme on le verra plus tard, la thèse de la corruption ou de la falsification de la Bible est relativement récente parmi les théologiens musulmans. Cependant, l’un des premiers théologiens musulmans à avoir soutenu la thèse de la corruption de la Bible est le juriste andalou Ibn Hazm, qui vécut au 11e siècle. Toutefois, son opinion, jugée particulièrement extrême, demeura longtemps minoritaire parmi les savants de l’islam.

L’universitaire Gordon Nickel a ainsi démontré dans une étude récente que cette thèse s’est répandue surtout à partir de la moitié du 19e siècle :

C’est ainsi qu’à partir de la moitié du 19e siècle, l’accusation musulmane du Tahrif al-Nass (falsification du texte) a pris une grande ampleur dans le cadre des controverses entre les théologiens musulmans indiens et les missionnaires chrétiens européens dans les Indes Britanniques. Mawlana Rahmat Allah Kayranawi (Al-Hindi, 1818-1891) est reconnu pour avoir développé l’accusation de corruption du texte biblique au cours d’un fameux débat public, ainsi que dans un livre qui fut largement diffusé.Gordon Nickel, Narratives of Tampering in the Earliest Commentaries on the Qu’ran, Leiden, Brill, 2010, p. 24

Du point de vue du musulman moyen, cette prise de position en faveur de la thèse de la corruption ou de la falsification de certaines parties de la Bible peut  se comprendre, car en effet, les enseignements de l’Ancien Testament et des Évangiles sont en totale contradiction avec le contenu du Coran, et en particulier avec la mission prophétique réclamée par Mohammed.

Pour ne citer que quelques exemples parmi les plus importants : L’Ancien et le Nouveau Testament annoncent et proclament la Divinité et l’Incarnation du Messie Jésus Christ, ainsi que le dogme de la Sainte Trinité. De son côté, le Coran nie explicitement ces enseignements absolument majeurs de la Révélation biblique.

De même, l’Ancien Testament prophétise à de multiples reprises la Crucifixion du Messie, laquelle se réalise dans le Nouveau Testament, et explicite longuement le rôle de Sauveur et de Rédempteur du Messie, mission qui est notamment associée à la Passion du Christ dans l’Évangile. À l’inverse, le Coran nie la Crucifixion de Jésus-Christ et ne dit rien sur le véritable rôle du Messie.

Il existe encore beaucoup d’autres exemples montrant que le Coran rapporte des histoires qui ne se trouvent pas dans la Bible ou enseigne des doctrines qui furent sévèrement condamnées par Jésus Christ.

On comprend donc que  l’idée selon laquelle l’Ancien et le Nouveau Testament auraient été corrompus à un moment ou un autre soit très populaire chez un grand nombre de musulmans contemporains. Cela semble à leurs yeux, une position nécessaire pour expliquer les disparités irréconciliables entre la Bible et le Coran.

Pourtant, l’idée selon laquelle l’Ancien et le Nouveau Testament auraient été physiquement corrompus ne trouve guère de fondement dans le Coran, ni même dans la tradition islamique médiévale. Plus encore, cette idée prouve précisément que le Coran n’est pas une révélation divine, comme nous allons le voir.

Car, en effet, le Coran affirme avec force n’être qu’une partie de la révélation divine et une confirmation de l’Ancien Testament et de l’Évangile :

Dites: « Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on n’a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur: nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis ».Coran 2 ; 136

Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et Il fit descendre la Thora et l’Evangile auparavant, en tant que guide pour les gens. – Coran 3 ; 3-4

Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous faisions des révélations. Demandez-donc aux érudits du Livre, si vous ne savez pas. – Coran 21 ; 7

Et avant lui, il y avait le Livre de Moïse, comme guide et comme miséricorde. Et ceci est [un livre] confirmateur, en langue arabe, pour avertir ceux qui font du tort et pour faire la bonne annonce aux bienfaisants.Coran 46 ; 12

Problèmes posés par la thèse de la corruption de la Bible

Le premier problème posé par la thèse de la corruption de la Bible est la datation du phénomène. La Bible a-t-elle été corrompue avant l’apparition de l’islam, ou seulement après ?

Si elle fût corrompue avant l’apparition de l’islam, alors cela pose un problème de cohérence vis-à-vis du Coran lui-même, puisque nous lisons dans la sourate 5, au verset 47, le passage suivant :

Que les gens de l’Evangile jugent d’après ce qu’Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers.

Nous lisons aussi, toujours dans la sourate 5, au verset 68, le passage suivant :

O gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l’Evangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur.

Ainsi, puisque le Coran suggère aux Chrétiens du temps de Mohammed de consulter l’Évangile pour y trouver confirmation des revendications du prophète de l’islam, il faut logiquement conclure que l’Évangile, à cette époque, n’était pas corrompu.

Or, il est évident que l’Évangile que possédaient les Catholiques du 7e siècle est rigoureusement le même que possédaient les Catholiques des temps apostoliques et qu’il est aussi le même Évangile que possèdent les Catholiques aujourd’hui. Nous pouvons tirer la même conclusion à propos de la Torah, puisque le verset 68 de la sourate 5 y fait également référence. En effet, de nombreuses preuves existent pour démontrer la chose. Premièrement, les textes des pères des 3 premiers siècles de l’Eglise montrent bien qu’ils possédaient et lisaient tous la même Bible, Ancien et Nouveau Testament. De plus, les plus anciennes versions de la Bible que nous possédons aujourd’hui, à savoir le Codex Sinaïticus (325), le Codex Vaticanus (350) et le Codex Alexandrin (400) montrent clairement que le texte biblique est resté le même.

Le deuxième problème créé par les musulmans qui prétendent que le Coran enseigne que l’Ancien et le Nouveau Testament furent corrompus, est le suivant :

Dans la sourate 6, aux versets 114 et 115, on lit :

Chercherai-je un autre juge qu’Allah, alors que c’est Lui qui a fait descendre vers vous ce Livre bien exposé ? Ceux auxquels Nous avons donné le Livre savent qu’il est descendu avec la vérité venant de ton Seigneur. Ne sois donc point du nombre de ceux qui doutent. Et la parole de ton Seigneur s’est accomplie en toute vérité et équité. Nul ne peut modifier Ses paroles. Il est l’Audient, l’Omniscient.

Dans ce passage, la phrase « ce Livre bien exposé » se réfère au Coran, tandis que la phrase « ceux auxquels nous avons donné le Livre savent… » se réfère à la Torah, c’est-à-dire au Pentateuque. Nous voyons donc ici que ces deux livres sont présentés comme étant la révélation divine et que « nul ne peut modifier » les paroles de Dieu.

Dans la sourate 46 ; 12 citée plus haut, le Coran affirme qu’il « confirme » le « livre de Moïse ».

On peut également remarquer que Coran 15 ; 9, Coran 21 ; 105 et Coran 21 ; 7 désignent indistinctement le Coran et les « précédentes révélations » par le terme « al-dhikra » que Kazimirski traduit par « L’avertissement ».

Dans Coran 15 ; 9, ce terme se réfère au Coran, tandis que dans les deux autres passages mentionnés (Coran 21 ; 105 et Coran 21 ; 7), le terme se réfère soit à l’Ancien Testament, soit au Nouveau. Ceci prouve encore une fois que le Coran lui-même se place au même niveau que l’Ancien et le Nouveau Testament, comme leur suite et leur confirmation.

Or, si le Livre de Moïse, c’est-à-dire le Pentateuque (la première partie de l’Ancien Testament) et l’Évangile furent physiquement corrompus avant la révélation Coranique, comme le pensent certains musulmans, il s’en suit logiquement que le Coran l’est aussi, puisque ce dernier affirme confirmer les enseignements du Livre de Moïse.

Or, nous avons vu précédemment que le Coran demande aux Chrétiens de consulter la Bible pour trouver confirmation des prétentions prophétiques de Mohammed. Affirmer que la Bible aurait été corrompue ou falsifiée à un moment donné de l’histoire, avant ou après l’apparition de l’islam, n’a donc aucun sens.

De la même manière, la sourate 3, aux versets 3 et 4, vus plus haut, affirme que le Coran a été envoyé par Dieu pour « confirmer les livres descendus avant lui », à savoir « La Torah et l’Evangile ». Là encore, en suivant l’opinion des musulmans qui affirment que l’Ancien et le Nouveau Testament sont corrompus, il faudrait conclure que le Coran vient confirmer l’enseignement de livres corrompus et donc, que le Coran est lui-même corrompu.

Certes, les musulmans qui entretiennent la théorie de la corruption des versions originales de la Bible pourront objecter que leur position n’annule pas leur argument et que ce n’est pas parce que la Bible originale a été perdue, ou partiellement mal transmise ou physiquement altérée par les Juifs et/ou les chrétiens, que le Coran serait forcément lui aussi corrompu.

Au contraire, cela confirmerait selon eux, l’opinion selon laquelle la mission prophétique de Mohammed avait justement pour but de venir restaurer le message biblique et évangélique original.

Nous avons vu que cet argument est réfuté par le simple examen des passages du Coran que nous avons vu plus haut, ainsi que par moult évidences historiques objectives.

Mais en plus de cela, il apparaît que leur argument est également en contradiction avec l’ancienne tradition islamique.

Enseignement des théologiens islamiques

En effet, ce qu’enseigne le Coran, ce n’est pas que l’Ancien et le Nouveau Testament furent corrompus, mais plutôt que leur sens ou interprétation fut corrompue, oubliée ou « cachée » par les Juifs et/ou les chrétiens du temps de Mohammed.

En effet, il apparaît que la plupart des théologiens musulmans de l’époque médiévale et de l’époque moderne ont toujours considéré que les chrétiens du temps de Mohammed possédaient la vraie Bible, originale et non corrompue, conformément aux passages du Coran vus plus haut, où il est répété en substance qu’il serait impossible à quiconque de changer les paroles divinement révélées. Ce que les théologiens islamiques ont souvent suggéré, en revanche, c’est que les chrétiens avaient simplement une interprétation erronée de l’Ancien et du Nouveau Testament :

Ibn ‘Abbas dit : Personne ne peut retirer les œuvres de l’un des livres d’Allah, mais ils ne peuvent que les détourner (de leur sens), en les interprétant de façon erronée. – Cité in Aisha Bewley, Sahih Collection of al-Bukhari, Book of Tawhid, chap. 55.

Ce témoignage d’Ibn Abbas est précieux, puisqu’il fût un proche compagnon de Mohammed et qu’il est considéré comme le premier théologien islamique. On remarquera toutefois que le Sahih Bukhari rapporte d’autres témoignages d’Ibn Abbas (n°614 et 850), dans lesquels ce dernier affirme cette fois ci que les « peuples du Livre », à savoir les Juifs et/ou les chrétiens ont bel et bien corrompu physiquement la Bible. Ce genre de rapports contradictoires ne sont pas rares dans le Sahih Bukhari, mais ce n’est pas à nous d’expliquer pourquoi les sources islamiques les plus autoritaires sont incohérentes.

Cependant, on retrouve globalement l’idée selon laquelle les gens du Livre n’auraient pas pu corrompre le texte même de la Bible, mais en auraient perdu ou détourné le sens, soit par une mauvaise interprétation, soit en y ajoutant des livres non-révélés :

Mujahid, As-Sha’bi, Al-Hassan, Qatadah et Ar-Rabi’ bin Anas ont dit que la phrase « certains qui roulent leur langues en lisant le Livre » (Coran 3 ; 78) signifie : « Ils altèrent les paroles d’Allah ». Al-Bukhari rapporte qu’Ibn Abbas a dit que cette Ayah signifie que ceux-là altèrent et il ajoute que bien que personne parmi la création d’Allah ne puisse ôter les paroles d’Allah dans ses livres, ceux-là altèrent et corrompent leur sens original. Wahb bin Munabbih a dit : « La Torah et l’Evangile demeurent comme Allah les révéla, et aucune lettre n’en fut retirée. Toutefois, certains égarent d’autres personnes par des ajouts et des fausses interprétations, se fondant sur des livres qu’ils ont écrit eux-mêmes ».Tafsir Ibn Kathir, Volume 2, Darussalam Publishers, 2000, p. 196

Le terme « Tahrif » [corruption] signifie changer quelque chose à partir de sa nature originelle; et il n’y a pas un seul homme qui pourrait corrompre un seul mot de ce qui vient de Dieu, ainsi les Juifs et les chrétiens n’ont pu corrompre que par une mauvaise interprétation des significations de la Parole divine.Imam Muhammad Isma’il al-Bukhari in Dictionary of Islam, T. P. Hughes, Kazi Publications, Inc, 1994, p.62

Contrairement à l’idée répandue dans la communauté musulmane, le Coran n’accuse pas les Juifs et les chrétiens d’altérer les textes de leurs écritures, mais, plutôt d’altérer la vérité que ces écrits contiennent. Les gens font ainsi en cachant quelques-uns des textes sacrés, en appliquant mal leurs préceptes, ou en changeant la position de certains mots. – Dr. Mahmoud Mustafa Ayoub, Uzayr in the Qur’an and Muslim Tradition, in Studies in Islamic and Judaic Traditions, ed. W. M. Brenner and S. D. Ricks, The University of Denver, 1986, p.5

Puisque le canon des Écritures des Juifs et des Chrétiens demeure à ce jour tout à fait inchangé par rapport au temps du prophète, il est difficile d’affirmer que les références coraniques à la Tawrat et à l’Injil ne désignaient que la Torah et l’Évangile entièrement préservés tels qu’ils existaient du temps de Moïse et Jésus. Si les textes sont plus ou moins demeurés tels qu’ils existaient au 7e siècle de notre ère, le grand respect que leur accorde le Coran à cette époque devrait rester valable jusqu’à aujourd’hui. Un grand nombre d’interprètes du Coran, depuis Tabari, à Razi, en passant par Ibn Taymiyya et même Qutb, semblent tous enclins à partager cet opinion. Ainsi, l’attitude de rejet catégorique que l’on observe chez beaucoup de musulmans contemporains vis-à-vis des Écritures du Judaïsme et du Christianisme, ne semble pas avoir de fondement, ni dans le Coran, ni chez les plus grands exégètes islamiques. – Abdullah Saeed, The Charge of Distortion of Jewish and Christian Scriptures, The Muslim World, 92 : 434-435

L’accusation de corruption des textes bibliques n’a aucun sens. Cela n’aurait pas été possible pour les Juifs et les chrétiens de partout de s’accorder pour changer le texte. Même si ceux en Arabie l’avaient fait, la différence entre leur livre et celui de leurs frères, disons en Syrie et en Europe, aurait été évidente… Nous croyons que ces Évangiles sont les véritables Évangiles. – Muhammad Abduh, cité in Jacques Jomier, Jésus, la Vie du Messie, C. L. S., Madras, 1974, p.216

Nous voyons donc que les théologiens islamiques d’hier et d’aujourd’hui s’accordent pour dire que le Coran n’affirme pas que les juifs ou les chrétiens auraient physiquement falsifié la Bible. Ce qu’ils disent en revanche, c’est que le Coran affirme que les Juifs et/ou les chrétiens auraient corrompu le vrai message de l’Ancien et du Nouveau Testament, soit par dissimulation, soit par leur mauvaise interprétation de ces textes.

Or, cette affirmation est tout aussi problématique, car elle expose définitivement le Coran comme une fausse révélation.

Comme nous l’avons dit précédemment, les enseignements des saints prophètes de l’Ancien Testament, de même que l’enseignement de Jésus Christ, sont totalement à l’opposé de tout ce que le Coran enseigne.

En particulier, là où l’Ancien et le Nouveau Testament affirment avec force la divinité du Messie Jésus Christ ou Sa Crucifixion, le Coran nie radicalement ces enseignements absolument essentiels à la révélation divine.

Si donc, le Coran et la théologie islamique admettent que la Bible chrétienne du temps de Mohammed jusqu’à aujourd’hui, fut parfaitement préservée matériellement, il faut en conclure logiquement que le Coran est en totale contradiction avec les dogmes bibliques les plus essentiels. Il faut donc en conclure que le Coran n’est pas une révélation divine.

Nous renvoyons nos lecteurs à nos articles montrant de quelle manière le Coran nie les dogmes et les mystères les plus essentiels de la Bible, à savoir la Sainte Trinité, la Divinité de Jésus-Christ, ainsi que Sa crucifixion.

En vérité, c’est bien plutôt le Coran qui, à sa manière, a cherché à corrompre, à détourner, à falsifier la révélation biblique. Que le musulman qui lira cet article médite gravement sur le tout dernier verset de la Sainte Bible à savoir Apocalypse 22 ; 18-21 :

Je déclare aussi à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre que, si quelqu’un y ajoute, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et que, si quelqu’un retranche des paroles de ce livre prophétique, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, qui sont décrits dans ce livre. Celui qui atteste ces choses, dit : « Oui, je viens bientôt. » Amen ! Venez, Seigneur Jésus ! Que la grâce du Seigneur Jésus Christ soit avec vous tous! Amen !

De plus, il a été depuis longtemps démontré par les pères, les docteurs et les théologiens de l’Église, que les passages du Coran qui font allusion à des personnages ou à des événements bibliques, ne proviennent pas de la Sainte Bible, mais de sources non-révélées, tels que les légendes talmudiques ou les pseudo-évangiles des sectes gnostiques ou hérétiques. Et ceci ne doit pas nous surprendre : la tradition islamique elle-même démontre que Mohammed et les premiers musulmans étaient constamment au contact de Juifs talmudiques et de sectes pseudo-chrétiennes diverses, telles que les Nestoriens, ainsi que possiblement les Ariens et les Collyridiens. Notons également que l’étude de Gordon Nickel tend à expliquer pourquoi les accusations coraniques de falsification du texte biblique semblent particulièrement se focaliser sur les Juifs.

Le schéma narratif qui domine le développement de l’accusation de falsification dans les commentaires de Muqatil et de Tabari est la réponse des Juifs de Médine aux prétentions prophétiques de Mohammed. L’un des indicateurs les plus importants de ce schéma narratif est la fréquence de l’identification de l’objet de falsification comme étant la description du prophète arabe dans la Torah. Cette expression se trouve répétée sous de nombreuses formes. Bien souvent, le terme contesté est tout simplement « Mohammed ».Ibid, p. 182

Il apparaît que Mohammed cherchait à démontrer qu’il était un prophète annoncé dans la Torah, prétention que contestaient les Juifs talmudiques de Médine, lesquels étaient alors accusés de falsifier ou de dissimuler le véritable texte biblique. Mais s’agissait-il seulement du texte biblique, ou plutôt de textes talmudiques, comme cela semble plus probable ?

Ainsi, puisqu’il est démonté que le Coran et la tradition islamique ne conteste pas la parfaite préservation du texte biblique tel qu’il était et est toujours détenu par la Sainte Église catholique, il est clair que Dieu a permis une nouvelle fois que l’auteur du Coran soit pris dans ses propres filets. En effet, par ses références pseudo-bibliques, le Coran démontre qu’il ne peut en aucune manière confirmer le véritable texte biblique. En outre, par la négation des dogmes bibliques, le Coran démontre qu’il n’est pas une vraie révélation divine.


Commentaire : Tous les passages du Coran utilisés dans cet article sont issus de la traduction officielle Hamidullah, approuvée par les autorités religieuses d’Arabie Saoudite.

5 réflexions sur “Le Coran enseigne-t-il que la Bible est corrompue ?

  1. Merci pour cet article. Avec mon mari nous sommes un peu dépassés par la logique prise.

    À la lecture de l’article, nous comprenons que le Coran demande à ses fidèles d’être vigilants quant aux Juifs et aux Chrétiens et aux écrits qui ont été manipulés mais croient aux livres originels qui ont été descendus/révélés aux Juifs et aux Chrétiens.

    Voilà ce que mon mari et moi avons compris, les livres modifiés ne doivent pas être suivis car il ne s’agit pas des récits originellement révélés.

    Nous sommes tous en quête de rapprochement divin. Sont guidés seuls les choisis.

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    1. Bonjour à vous et merci pour votre commentaire. Le Dr. Mahmoud Mustafa Ayoub, cité dans l’article, résume ainsi la position du Coran et des théologiens musulmans concernant la Bible : La Bible, telle qu’elle existait du temps de Mohammed et telle qu’elle existe aujourd’hui chez les catholiques, est considérée comme parfaitement préservée. Ce que le Coran et les théologiens musulmans affirment, c’est simplement que les chrétiens interprètent mal la Bible.

      Le problème avec leur argument, c’est que la Bible enseigne des dogmes qui sont radicalement contredits par le Coran.

      La conclusion logique de tout ceci, c’est que le Coran n’est pas une révélation divine, mais une fausse révélation.

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