Saint Isidore de Séville : L’Ancien Testament prouve que le Christ est le Fils de Dieu (1)

Comment le Christ fût engendré par le Père

Les Juifs qui renient le Christ Fils de Dieu, qui sont impies, qui ont le cœur endurci, qui ne croient pas aux anciennes prophéties et qui sont fermés aux nouvelles [prophéties], préfèrent ignorer la venue du Christ plutôt que la reconnaître, la nier plutôt qu’y croire. Celui qu’ils professent devoir venir, ils nient qu’Il est déjà venu. Ils ne croient pas qu’est ressuscité Celui dont ils lisent qu’Il ressuscitera. Mais ils feignent plutôt de ne pas comprendre car, ils savent, pour leur plus grand malheur, que tout a été accompli.

Pour réfuter leur perfidie, nous avons glané quelques témoignages tirés de l’Ancien Testament, qui leur feront connaître que le Christ des Gentils provient du Père tout-puissant, comme Il le dit Lui-même : Avec Toi Principe au jour de Ta vertu, dans les splendeurs des saints, de Mon sein avant Lucifer Je T’ai engendré (Ps.109, 30).

Du sein, c’est-à-dire de la substance intime et incompréhensible du Père, du centre mystérieux du cœur infini du Père. C’est de ce cœur que le Père géniteur émet un Verbe. Comme Il le dit Lui-même ailleurs : Mon cœur a émis un Verbe (Ps. 44). Et ailleurs, le Père parle ainsi : Tu es Mon Fils, aujourd’hui Je T’ai engendré (Ps. 2, 7). Ce qui n’est dit ni de David ni d’aucun des rois ses successeurs. Car on ajoute après : Demande-Moi, et Je Te donnerai les nations en héritage, et pour Ta possession les terres les plus lointaines. Ce qui n’a été accordé ni à David ni à aucun Hébreu, mais au seul Christ dont le Nom est répandu chez toutes les nations, à qui les rois obéissent, que les Gentils servent, comme il a été dit de Lui ailleurs : Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations le serviront (Ps. 71, 11).

De même, Salomon,  quand il a voulu faire connaître le Nom du Père et le mystère de la nativité du Christ selon la déité, commence par ces mots dans les Proverbes : Qui est monté au ciel ou qui en est descendu ? Qui a ramassé les eaux comme dans un vêtement ? Qui a posé tous les termes de la terre ? Quel est Son nom, ou quel est le Nom de Son Fils, si tu Le connais (Prov. 30) ?

En voyant ce fils de Dieu, le roi impie dit en Daniel : Voici que je vois quatre hommes marchant librement au milieu du feu, et il n’y a chez eux aucun signe de combustion, et le quatrième a l’apparence du Fils de Dieu. Nous croyons fidèlement et sans le moindre doute que ce fils de Dieu est le Sauveur, notre Seigneur. Mais on nous fait comme objection que ce fils de Dieu a été plus haut appelé ange (Dan. 3, 49). Nous l’admettons, car le Christ Fils de Dieu est aussi appelé ange. Voici ce que dit de lui le prophète : Il viendra dans Son saint temple le Dominateur que vous cherchez, et l’ange du testament que vous désirez (Mal. 3, 1). Car le Christ, du fait qu’Il est né du Père, est appelé Fils de Dieu, mais Il reçoit le nom d’ange du fait qu’Il est souvent envoyé par le Père pour annoncer quelque chose. Le Père Lui-même en témoigne auprès du législateur en disant : Voici que J’envoie Mon ange qui te précèdera et te gardera en chemin, et qui t’introduira dans le lieu que J’ai préparé. Observe Ses paroles, écoute ce qu’Il te dit. Ne pense pas qu’Il puisse être méprisé, parce qu’Il ne pardonnera pas quand tu pécheras. Et Mon Nom est en Lui (Ex. 23, 20).

Quel est donc cet ange à qui Dieu a donné Son pouvoir et Son Nom ? Il n’est pas permis de croire qu’Il est d’une nature angélique. Car qui dans les nuées sera égal à Dieu, oui qui, parmi les fils de Dieu, sera semblable à Dieu (Ps 88, 7) ? Celui qui n’est pas égal à Dieu selon la nature ne peut pas l’être selon le nom. Car c’est Lui, le Fils, qui, toujours envoyé par le Père, apparait visiblement aux hommes. De cette mission, Il reçoit à juste titre le nom d’ange.

Isaïe affirme encore plus clairement que le Fils a été engendré par Dieu quand il Le présente ainsi : La voix du Seigneur qui rend à ses ennemis leur dû (Is. 66, 6), c’est-à-dire aux Juifs qui n’ont pas cru. Avant d’enfanter, il a enfanté ; et avant que vint à terme sa grossesse, Il a enfanté un mâle (au même endroit 7). C’est comme s’Il disait en toutes lettres : avant que la Vierge n’enfante le Christ selon la chair, le Père a engendré un Fils selon la divinité. Et avant que le temps d’enfanter de la Vierge ne vienne, le Père l’a engendré sans temps. Voilà pourquoi il a dit un peu plus bas : Qui a jamais entendu rien de tel ? Ou qui a jamais rien vu de semblable ? (Is. 66, 8) Rien n’est plus vrai. Car rien de tel n’est arrivé aux hommes, rien de semblable. Et il ajoute après : Moi qui fais enfanter les autres, je n’enfanterais pas, dit le Seigneur ? Et moi qui accorde à d’autres la génération, je serais stérile, dit le Seigneur ? (Is. 66, 9)

De tous ces témoignages, l’infidèle est forcé de choisir l’une de ces deux choses : ou croire que le Christ est le Fils de Dieu, ou déclarer menteurs les prophètes qui ont révélé cela.

Saint Isidore de Séville, De fide catholica ex Veteri et Novo Testamento contra judæos, Livre Premier, chapitre 1, traduit de la Patrologie Latine de l’Abbé Migne.

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