[Brèves] Schisme dans la contre-église : Rad-Mods contre Rad-Trads, un paradoxe moderniste

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la mort du pape Pie XII, rappelé à son créateur le 9 octobre 1958. Depuis les débuts de la révolution moderniste, opérée par les doctrines du concile de Vatican 2 dans la première partie des années 1960, le monde catholique s’est orienté en trois tendances :

  • Les catholiques de constat « sédévacantiste » parfois aussi appelés « non una cum », sont ceux qui ont été parmi les premiers à résister et rejeter les innovations hérétiques de Vatican 2, avant même la révolution liturgique de Paul VI. Fidèles à l’intégralité de la doctrine catholique, ils ont correctement conclu que les papes de Vatican 2 ayant promulgué, professé et enseigné les doctrines modernistes de ce concile, ne pouvaient être de vrais papes catholiques, conformément à ce qu’enseigne le Magistère, le Code de Droit canon et les théologiens. Ces catholiques traditionalistes adhèrent donc entièrement aux dogmes de Vatican I, relatifs à l’infaillibilité pontificale et à l’indéfectibilité de l’Eglise. Ils s’appellent parfois catholiques « non una cum », car, constatant que les « papes » de Vatican 2 sont des hérétiques et des imposteurs, ils ne citent donc pas leur nom au canon de la messe, conformément à la doctrine de l’Eglise en la matière.
  • Les catholiques traditionnalistes ou conservateurs de tendance lefebvriste, ou aussi appelles « R&R » (reconnaitre et résister), ou encore « rad trads », sont ceux issus du courant qui a réagi relativement tardivement à la révolution de Vatican 2, essentiellement à partir de la réforme liturgique. Ils sont ceux qui se sont groupés autour de la pensée de grands ecclésiastiques comme Mgr. Lefebvre ou comme le père Gommar De Pauw. On les trouve principalement rattachés à des communautés telles que la FSSPX, ou dans les communautés « Ecclesia Dei » telles que la FSSP, l’IBP ou l’Institut du Christ Roi, qu’on appelle aussi parfois de façon un peu péjorative, les « ralliés ». Ces catholiques adhèrent généralement à l’intégralité de la foi catholique, mais rejettent implicitement et parfois même explicitement les dogmes relatifs à l’infaillibilité pontificale, ainsi que la doctrine traditionnelle concernant les champs d’application du Magistère. Ces catholiques reconnaissent les « papes » de Vatican 2 comme étant des vrais papes catholiques, leur clergé cite le nom de ces « papes » au canon de la messe, mais refusent de leur obéir en presque tout : ils rejettent les doctrines de Vatican 2, ils rejettent à la liturgie de Paul VI, ils rejettent tous les enseignements magistériels des « papes » de Vatican 2. Enfin, beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à qualifier ouvertement les « papes » de Vatican 2 d’hérétiques publics, ce qui est vrai, mais ce qui devrait les pousser à conclure que ces « papes » sont des imposteurs. Certains d’entre eux affirment aussi des doctrines farfelues, croyant que les « papes » de Vatican 2 sont à la fois à la tête de l’Eglise catholique, et à la tête de l’église conciliaire. De fait, ces « radtrads » pratiquent une forme de schismatisme assez analogue à l’attitude des sectes vieilles-catholiques qui refusaient le Concile de Vatican à la fin du 19e siècle. Une pratique courante chez certains d’entre eux est de croire en une doctrine erronée et novatrice concernant le champ d’application de l’infaillibilité du Magistère. Selon eux, le magistère ne serait infaillible que dans de très rares occasions. En conséquence, certains d’entre eux observent également une forme de subjectivisme pratique vis-à-vis du magistère moderniste : selon eux, ils devraient simplement accepter les parties qui leur semblent orthodoxes, dans les documents des « papes » de Vatican 2, et rejeter ce qui leur semble manifestement hérétique. Selon eux, l’Eglise peut donc enseigner à la fois le faux et le vrai, simultanément, ou promulguer des liturgies impies. La tendance la plus centriste et modernisante de ce mouvement adhère parfois à la théorie de l’herméneutique de la continuité de Benoit XVI. Une théorie grotesque, prétendant prouver qu’il n’y a pas de contradictions entre le Magistère catholique et le Magistère de la secte Vatican 2.
  • Les « catholiques » modernistes, ne peuvent évidemment pas être appelés catholiques, puisque le modernisme a été condamné à de nombreuses reprises comme une hérésie, l’une des pires ayant jamais existé selon Saint Pie X. Ces modernistes sont donc les catholiques qui ont suivi avec plus ou moins de zèle le vaste mouvement d’apostasie provoqué par la révolution moderniste. Il convient de distinguer d’une part, une vaste partie du peuple catholique des années 1960-70, qui a suivi ce mouvement sans grande réaction, et parfois avec beaucoup d’enthousiasme, tout simplement par pur principe d’obéissance aux enseignements du pape ou du moins de la personne qu’ils pensaient être le pape : une grande partie de cette masse a sombré dans l’apostasie assez rapidement, ne pratiquant plus et allant parfois même jusqu’à l’athéisme ou l’agnosticisme. Mais une autre partie de cette masse a continué d’adhérer par habitude à la secte moderniste, se disant être catholiques, mais ayant adopté tous les mœurs du monde. D’autre part, les modernistes réellement actifs et militants, qu’il s’agisse du clergé moderniste ou des laïcs : journalistes, « leaders », universitaires, etc. Il s’agit là en quelque sorte de la contre-église enseignante et militante. On peut dire qu’ils sont la gauche de la secte de Vatican 2, tandis que le camp tradi/conservateur en constitue la droite. Se distinguant entre modernistes modérés, aux dehors parfois même faussement conservateurs (on les appelle les « modernistes de tradition » ou de vieille école) et modernistes plus radicaux (qu’on appellera généralement les « radmods » par opposition aux « radtrads »), ils n’en professent pas moins exactement les mêmes hérésies. En somme, cette contre-église moderniste enseignante et militante rejette toute la foi catholique traditionnelle, mais en revanche, n’en retient généralement qu’une partie essentielle au maintien de leur secte : la doctrine sur la papauté. Et tandis qu’ils sont généralement totalement indifférentistes et qu’ils applaudissent les hérésies, apostasies et idolâtries qu’on voit communément dans leur secte, ils n’hésitent pas à devenir soudainement intransigeant dès lors qu’ils répondent aux critiques des traditionalistes et conservateurs en union avec le Novus Ordo. Ils n’hésiteront ainsi pas à excommunier et à qualifier de schismatiques les lefebristes et autres partisans de Raymond Burke ou de quelque autre prélat moderniste-conservateur.

Voici ce qui nous a donc fait réagir ce matin en lisant le commentaire du militant moderniste Rich Raho sur les récentes déclarations du « Cardinal » Robert Sarah, ce dernier étant souvent perçu comme l’un des athlètes de la foi par les Novusordites conservateurs. Robert Sarah a effectivement déclaré lors d’une récente entrevue, cherchant manifestement à se positionner en loyaliste prudent dans le contexte de la gronde croissante des quelques prélats modernistes-conservateurs :

La vérité est que ceux qui m’opposent au Saint-Père ne peuvent présenter une seule parole, une seule phrase ou une seule attitude à l’appui de leurs déclarations absurdes, je dirais diaboliques. Le Diable divise, oppose les gens les uns contre les autres. La vérité est que l’Église est représentée sur terre par le Vicaire du Christ, c’est-à-dire le Pape. Et quiconque est contre le Pape est ipso facto en dehors de l’Église. – Robert Sarah, entretien avec Gian Guido Vecchi, Corriere della Sera, 7 Octobre 2019

Et Robert Sarah a tout à fait raison : si François est le pape, alors il est absolument impie, scandaleux et même diabolique de s’opposer à ses actes, de critiquer ses enseignements magistériels et de refuser de suivre son exemple de « pasteur suprême » en matière de liturgie ou de pratiques œcuménistes. Seulement, naturellement, il est évident que François n’est pas catholique et que par conséquent, n’étant pas membre de l’Eglise, il n’est pas pape, de même que ses cinq prédécesseurs modernistes. Telle est la conclusion logique, théologiquement certaine et catholiquement orthodoxe, à laquelle les radtrads ne veulent bizarrement absolument pas arriver, bien qu’en pratique, ils sont déjà implicitement schismatiques vis-à-vis de l’entité qu’ils croient être l’Eglise et vis-à-vis des individus qu’ils croient être papes. Il est donc vraiment stupéfiant de voir que la révolution moderniste de Vatican 2, comme toutes les révolutions impies, a provoqué une vague d’inversion dans le monde catholique. En particulier, la doctrine traditionnelle sur la papauté fut gravement atteinte par ce phénomène, en particulier chez ceux qui se revendiquent de la tradition catholique, ce qui est un comble.

Et, comble du comble, aujourd’hui, des « radmods » comme Rich Raho sont encore capables de comprendre, ou plutôt de tirer avantage, de la doctrine de la papauté, là où les « radtrads » ne le peuvent ou plutôt, ne le veulent. Les modernistes radicaux rejettent quasiment toute la foi catholique, à l’exception de la doctrine relative à la papauté. Les traditionalistes « radicaux » lefebvristes acceptent toute la foi catholique, mais rejettent la doctrine traditionnelle relative à la papauté.

Tel est le grand paradoxe que les catholiques de constat sédévacantiste observent, non sans douleur, de nos jours et de façon de plus en plus accentuée, au fur et à mesure que les menaces de schisme formel et pratique augmentent de la part du camp des NovusOrdites tradi/conservateurs, répondant aux outrances toujours plus spectaculaires des NovusOrdites modernistes qui de toutes façons, sont au contrôle de la secte qui occupe illégalement Rome.

 

5 réflexions sur “[Brèves] Schisme dans la contre-église : Rad-Mods contre Rad-Trads, un paradoxe moderniste

  1. Chers catholiques, encore un article qui est tellement vrai! vive l’Eglise!vive l’Eglise militante! il y a aussi une catégorie semble t’il: les catholiques non una cum qui croient que les hérétiques F$$PX sont encore dans l’Eglise!… a moins que la F$$PX ne le soient pas, mais enfin si, puisqu’ils reconnaissent l’apostat bergoglio comme Pape!..
    En union de prières…

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  2. Monsieur alexandrebethune,

    Découvrant ce site, je suis fort intéressé par l’érudition que l’on y trouve, cependant je crois que vous faites des conclusions hâtives. Dans le climat actuel, bien frivole est celui qui peut décerner un brevet de catholicité uniquement sur la fréquentation formelle de certains lieux ou personnes. Vous ne craigniez jamais de commettre des jugements téméraires ? Vous anathématisez des gens sans les connaître, ni sans trop mesurer l’énormité des attaques qui sont faites à tout un chacun et cela depuis le berceau jusqu’à la tombe. Chercher à se justifier en repoussant d’autres personnes ou groupes, n’est pas sain psychologiquement parlant, pas plus que ce n’est saint du tout. vous croyez qu’il n’existe qu’une seule catégorie de gens bien identifiables et qui ont souci de l’orthodoxie ? le réel dépasse toujours la représentation que l’on s’en fait, et c’est même bien souvent à cela que l’on reconnaît la réalité surtout à présent immergé au milieu de l’idéologie et de son bourrage de crâne.

    ni vous ni moi ne sommes le pape, si vous croisez des gens dont la vie morale est parfaite, surnaturellement parlant, vous êtes en face d’un ou de plusieurs catholiques, le reste, les considérations de classe sociale, de milieux, de partis, ne sont que des illusions mortelles.

    peu importe les usurpations, les cathédrales sont nôtres, les églises, les moindres chapelles issues de la dévotion et des sacrifices de nos aînés dans la foi, sont nôtres. sur le plan surnaturel il ne saurait y avoir de politique de la terre brûlée.

    la doctrine catholique est nôtre, vous croyez qu’il suffit de ne pas assister à la Messe una cum, pour résister ? que dis-je pour avancer et vaincre ? vos chapelles n’existent pas dans la plupart des lieux de la terre, et lire une messe sèche le dimanche seul dans son coin, revient à vivre en quaker, alors que l’on n’est nullement protestant ! le Chrétien n’a pas à se jeter dans la gueule du loup, ou encore à croire qu’il suffit qu’il se présente pour « infiltrer » et convertir, on ne compose jamais avec le monde sans se laisser décomposer par le monde, ce qui est on ne peut plus exact, mais vous oubliez l’adage catholique, « un chrétien seul est un chrétien mort », le dimanche n’est pas le temps de la simple prière privée, mais celui de la prière dans une église, une assemblée autour du saint sacrifice de la Messe.
    trop de gens complètement déboussolés ou carrément hostiles rêvent de voir les derniers des catholiques s’éteindre dans leur coin à réciter des prières sans réels sacrements, sans société chrétienne. il y a un précepte dominical, c’est un précepte, pas un conseil.

    vous me parlerez de communicatio in sacris, fort bien, mais nul ne vous oblige à venir subir le sermon d’un abbé suspect, à dire amen à des prières dévoyées ou à fraterniser avec des catholiques de « l’église des gens de biens ». le discours qui consiste à diviser ceux qui savent la situation débile des ecclésiastiques et l’abaissement de la doctrine ou de la pratique des sacrements, n’est pas catholique, car il laisse de côté la connaissance certaine du prochain. il n’y a pas de prochain lointain, on le côtoie, ou pas. il n’y a pas d’assemblée virtuelle, on se réunit autour du prêtre pour la Messe ou pas.

    mais au canon on prie pour des coquins ?! sans nul doute, car les rangs des catholiques sont crottés et s’il ne fallait que prier pour les purs, le Seigneur n’aurait pas pitié de la brebis qui s’était perdue, comme il nous l’enseigne. la sainte messe n’est pas une « prière universelle », mais l’actualisation pour l’Eglise, rassemblée selon le précepte, de l’unique sacrifice du Christ Jésus. il suffit de cette idolâtrie du pape à rebours, qui voudrait invalider le sacrifice unique et sans tâche parce que des rubriques furent rédigées par de sots, des furieux et des imbéciles et reprises imprudements ou sans oconscience par un clergé ébranlé : Qui êtes vous pour annuler la puissance divine ?! Enfin !!

    « ohl les lefebvristes ! tous des vendus ! »,  » dans les chapelles ralliées il n’y a que des idolâtres ! » vous oubliez que ce sont des clercs qui ont trahis en premier leur serment anti-moderniste, ces parjures et ces renégats, ont exigé et exige où qu’ils se trouvent une fidélité dont ils sont pourtant bien incapables – c’est une hérésie de croire que la validité du sacrement tient à la sainteté personnelle de celui qui le procure. Bien folle « fidélité » en réalité, puisque l’obeissance n’est pas une vertu théologale, comme l’est la foi ou l’espérance et plus que toutes la suprême charité. Il y a un organisme des vertus naturelles comme des surnaturelles, obeir à un clergé plutôt qu’à Dieu est une folie et un crime selon le grand saint Paul et toute la Tradition. cette distinction una cum non una cum ne rend pas justice à l’effort de prêtres qui pourtant travaillent farouchement à rester catholiques.
    comme le dernier des marxistes, auxquels ils tressent souvent des couronnes, ces pauvres gens confonde moyen et fin.
    les rubriques et les prières ne confectionnent pas le sacritice rédempteur, si elles sont valablent elles en découlent, sinon ce n’est que flatus vocis.

    on reconnaît selon le commandement du Seigneur Jésus le Christ, un arbre à ses fruits, vous ostracisez bien facilement ceux qui souffrent loin de votre ville ou de votre campagne. Je conçois que vous souffriez, qui ne souffre de nos jours et grandement, pour peu qu’il prie, qu’il fasse pénitence, qu’il cherche à aimer justement son prochain et qu’il s’instruise inlassablement de la vraie Foi ? jugez-bien que l’Eglise n’est pas un comité de salut public, un kolkhoze, un soviet, pas plus qu’elle n’est un complot ou un syndic de faillite.

    l’Eglise est la société, la seule possible d’ailleurs, parce qu’il n’y a pas de société là où le péché demeure. il n’y a là aucune société, seulement les règles et la loi de la jungle, encore pire le premier cercle de l’enfer et ceux qui le suivent.

    sans charité, bientôt sans foi vivante, tout cela est sans humilité, on se croit de l’église enseignante, parce que l’on a su que le magistère en son entier est infaillible.
    comme s’il importait dans l’absolu qu’un pape soit toujours là pour empêcher que l’Eglise ne sombre, alors que les vacances du sièges furent nombreuses et que le Christ est le Christ, le Messie, l’Oint, le seul et éternel Roi d’Israël.

    vue de chez moi, le psychodrame autour de la figure du vicaire de Jésus Christ, m’attriste, car peu importe, puisque nous avons le Magistère du Christ et que l’Eglise ne se réduit ni à l’élitisme d’une certaine haute cléricature prétendue telle ou réelle, ni à ses frasques lamentables. un vicaire, un lieutenant n’est pas un prince en soi, sans protester contre l’éminente dignité du successeur de pierre qui n’est pas un primus inter pares, mais bien le Chef de la sainte Eglise, je ne confonds pas pour autant notre seigneur et cet homme. en ce qui concerne la primauté comme l’autorité il faut s’en remettre à ce qu’enseigne le Christ dans les évangiles, et ne pas prendre l’analogie, la parabole pour la réalité purement mondaine qu’lle utilise, car le monde est vain, face à la réalité de la Jérusalem d’En haut, face à l’église militante, souffrante et triomphante, tout ensemble.

    la question du pape est en fait secondaire, dans l’orthodoxie de la Foi, si nous conservons le dépôt de la vraie Foi, et donc l’enseignement des papes tant ordinaire, qu’extraordinaire.

    le prétendant à la papauté actuel à tout du fantoche, créature des puissants du jour, l’ineptie de ses propos, et la contradiction permanente avec le magistère qui le précède toujours, pour le condamner, sont sans équivoques.

    ce constat bien des gens le font, et après ? allez vous en revendiquer la primeur ? exiger que l’on vous en fasse révérence ? alors que cette inspiration vient des saints anges et donc de Dieu ?

    allez vous vous défiez de ceux qui sans avoir votre culture ou vos occasions, font avec ce qui se présente, pour ne pas tomber ?

    ne rêvez pas, le combat n’est pas le triomphe, il serait fou de s’exalter au détriment de ses frères, tous ceux qui entendent les paroles de la Vérité sont ses fils et non vos concurrents, à moins que votre père ne soit plus au fond, le prince de l’empire d’illusion ?

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    1. Cher Monsieur, je me permets de vous répondre.
      Vous avez raison, il ne faut pas être trop prompt à juger, encore moins à condamner. Et ce n’est pas notre intention ici, même si nous avons pu être plus « durs » par le passé. Cela n’apparait pas forcément dans cet article, mais en ce qui me concerne, j’ai des amis à la FSSP, à la FSSPX et même dans le Novus Ordo. Cela n’empêche pas de dire la vérité et d’alerter, autant que possible. Néanmoins, personne ne nie ici qu’il se trouve parmi les gens de la FSSP, SSPX et même dans le Novus Ordo, des gens très pieux, qui croient sincèrement en Dieu et en la foi catholique.

      Néanmoins, je suis en désaccord avec une chose que vous dites :

      « la question du pape est en fait secondaire, dans l’orthodoxie de la Foi, si nous conservons le dépôt de la vraie Foi ».

      Précisément, la question du pape est loin d’être secondaire, elle est littéralement capitale, principale. Nous avons justement brièvement répondu à ce genre d’idée dans l’article suivant :

      https://fidecatholica.wordpress.com/2018/10/11/sede-vacante-objection-n19-il-importe-peu-de-savoir-si-les-papes-de-vatican-2-sont-heretiques-ou-non/

      Bien sûr, la situation actuelle étant clairement une opération d’erreur, il ne s’agit pas de condamner tout le monde, ni de se prétendre au dessus des autres. Ce n’est certainement pas notre état d’esprit. Nous sommes loin d’être les seuls à défendre la foi catholique, et nous sommes loin d’être les meilleurs à cela, bien loin. Il est évident qu’on ne peut pas s’attendre à convaincre les gens simplement en leur exposant la vérité telle qu’elle est. Il faut aussi que les autres admettent cette vérité.

      Mais vous avez raison, l’essentiel est que nous gardions l’orthodoxie de la foi catholique bien fermement ancrée en nous.

      Ad Jesum Per Mariam.

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  3. Cher Monsieur,

    Merci de votre prompte réponse. Je n’ai pas le temps dans les heures à venir de me pencher sur le lien que vous me proposez, ce n’est que partie remise. La question du pape pour un catholique n’est bien évidement pas secondaire, absolument parlant elle l’est cependant si l’on considère la perspective que j’abordais,et c’était bien là le sens de mon propos, celle de la fidélité et de l’orthodoxie dans la Foi. Il importe bien moins de se tenir au courant des dernières fantaisies d’un clergé souvent en perdition, que de pratiquer les dix commandements, de chercher à vivre une vie sacramentelle, et de s’intruire de la vraie Foi, bref à chercher à louer honorer et servir Dieu. Le magistère médiatique n’en est pas un. cette logorrhée permanente où l’anecdote le dispute à l’insignifiant est affligeante. en réalité sur le plan doctrinal malgré les déprédations, les capitulations en rase campagne et des in fâmies sans nombre, les enseignements d’un pape roncalli, montini, wojtiwa ou autres, sont sans portée pour celui qui prend au sérieux la Révélation et la Tradition de l’Eglise, puisqu’il suffit de comparer les propos amphibologiques et hésitants de ces derniers, à la profondeur et la clarté toute romaine de cette Tradition pour voir qu’ils ne sont certes pas au même niveau.

    écrivant comme je l’ai fait c’est à dire longuement, je ne me proposais pas néanmoins de faire le tour complet des questions que pose l’irruption du modernisme et du libéralisme dans les enseignements et les pratiques ecclésiastiques. Si pour vous pacem in terris est un problème, il l’est je le crois pour beaucoup de lecteurs attentifs des documents qui viennent de Rome.

    ce que je voulais souligner, c’était qu’hier comme aujourd’hui et ce en dépit de la marrée médiatique et de l’urgence bien suspecte que nous impose tous les soi-disant moyens sociaux de communication, il n’est pas besoin de se précipiter. Rome est très loin du cap finistère et même vue du fin fond du piemont italien , ce n’est toujours pas à forces humaines seules, la porte à côté.

    tout ce flot, ce fatras de distraction violentes, nous divertis bien mauvaisement de l’essentiel.

    Il n’y a qu’une seule bonne nouvelle, ce sont les évangiles, c’est la Tradition de l’Eglise qui nous le garanti, il y a un vrai chemin au milieu des cahots de l’existence, une seule vérité intangible et irréfragable , et elle est la Vie. Le Christ mort et ressuscité pour le salut de beaucoup. Jésus le Messie, vrai Dieu et vrai Homme.

    Il est urgent d’être paisible, le Christ a déjà vaincu le monde, il nous l’a dit, nous le savons, de Foi. en tant que simple fidèle, je crois que ce n’est pas à nous de dire urbi et orbi celui là est excommunié, les faits parlent d’eux même, il y a des gens qui font des actions mortelles à la vie de leur âmes et qui scandalisent l’Eglise, il le sont par le fait, latae sententiae, comme le dit le droit canonique. il faut laisser ces morts enterrer leurs morts, comme le dit le Christ Jésus, et bien moins polémiquer avec eux que de pratiquer les oeuvres de miséricorde envers ceux de nos frères ou de nos proches qui eux ne sont ni renégats, ni hérésiarques.

    penser que l’on va convertir des gens dont l’aveuglement est le juste châtiment de leurs propres péchés comme l’enseigne les saintes écritures, est une témérité. il vaut mieux pour eux les laisser aller leur chemin et prier et faire pénitence – à leur place – ce qui peut être très éprouvant comme le montre la vie de maints religieux héroïques, que de croire que le meilleur raisonnement du monde pourra toucher des volontés perverties et des intelligences faussées par des péchés mortels à la vie de la Grâce, en eux. la meilleure philosophie réaliste, la puissance intellectuelle et morale les plus accomplies ne sont même pas perceptibles pour ceux qui préfèrent les ténèbres à la lumière qui condamne leurs actes. de plus la première conséquence du péché étant la sottise, on ne raisonne pas sans ennuis et dommages avec le sot ou l’insensé.

    pour mériter devant Dieu qu’Il réconcilie avec nous même nos ennemis, la chose est parfaitement possible puisque la genèse ou les proverbes le déclare, il faut trouver grâce devant Lui. il faut être parfait comme Lui-même est parfait et donc ambitionner la sainteté – la Charité et la Justice étroitement unies – pour nous-même, en étant juste et bon envers tous.

    nous ne sommes pas le grand nombre, nous ne pouvons faire ce qu’une société chrétienne faisait aisément autrefois, punir publiquement le vice et magnifier la vertu, il nous faut remettre la Charité à l’honneur, elle est le signe, la marque certaine de la Grâce au milieu de nous, aussi de ce point de vue la question que pose ces souverains romains est bien moins importante que l’existence d’une vie chrétienne, d’une société réellement chrétienne, fondée sur la Charité surnaturelle soi-même: notre Seigneur Jésus le Christ.

    L’Eglise de Rome est à Rome, nous sommes où Dieu nous a planté et non à Rome ? alors soyons romains où que nous nous trouvions, que des princes de ce monde ou des prélats fassent leurs révolutions de palais, leurs montages financiers, je ne suis pas maître de ces choses, sauf lorsque je prie pour ces malheureux, s’il s’agit de dire la vérité catholique, je me dois de témoigner et donc de la connaître au mieux, pour le reste c’est le hasard qui décide entre les puissants du jour, comme le disent les écritures très saintes et le hasard est dans les mains du Dieu vivant et non les miennes.

    nous ne pouvons remplacer l’Eglise enseignante, mais en réalité nous n’en avons nul besoin, puisque le magistère de l’église est accessible dans la prière l’étude assidue, et une mise en pratique des paroles et de la Tradition de l’Eglise.

    priez pour moi le Dieu de saint jean de la croix, le Dieu de saint Elie, le Dieu de la très sainte et toujours Vierge, Marie

    les grandes amitiés sont forgées au feu ardent de la Charité, dans la prière, et ce sont ces amitiés là – surnaturelles – qui font la guerre au monde entier et qui le vainquent.

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  4. Bonjour,

    Depuis mars 2013, les clercs conciliaires conservateurs, proches de, ou tels que ces cardinaux ou évêques : Burke, Muller, Sarah, Schneider,

    – non anti-libéraux ad extra, dans les domaines du dialogue interconfessionnel oecuméniste et du dialogue interreligieux inclusiviste et unanimiste,

    – ni philo-libéraux ad intra, dans les domaines de la morale chrétienne et des sacrements de l’Eglise,

    donnent vraiment l’impression qu’ils « ne savent plus où ils habitent »,

    – d’une part, parce qu’il n’a jamais été question pour eux, de 1959 à 2012, que le pape ne soit pas de leur tendance, conservatrice et rénovatrice,

    – d’autre part, parce que le pape François, juste après son élection, a refermé la parenthèse du « recentrage » ad intra, wojtylien puis ratzingérien, tout en continuant à décatholiciser le regard et le discours de l’Eglise catholique sur les confessions chrétiennes non catholiques et les religions non chrétiennes, et tout en commençant à laisser entendre qu’il n’est pas opposé à une décatholicisation du regard et du discours catholiques sur la morale chrétienne et sur les sacrements de l’Eglise.

    Mais, par ailleurs, ce qui arrive aujourd’hui à ces clercs découle aussi du fait que, dès la troisième session du Concile Vatican II, les experts et les Pères partisans de la déconstruction et de la transformation du catholicisme ont commencé à l’emporter, sous l’angle de l’influence effective, sur les experts et les Pères partisans de la conservation et de la rénovation, et surtout du fait que, depuis mars 2013, ces clercs conciliaires conservateurs ne peuvent plus compter sur un pape promoteur et protecteur de leur tendance ambivalente.

    Il découle de cette situation, qui ne semble pas avoir été anticipée (? !), alors qu’elle « pendait au nez » des clercs conciliaires conservateurs depuis les années 1990 (une perspective d’élection d’un pape non opposé à la déconstruction et à la transformation ayant été incarnée par le cardinal Martini, dès la deuxième partie du pontificat de Jean-Paul II),

    – d’une part, une clarification, bergoglienne, sur l’ampleur et la portée de l’activation de « virtualités » présentes à l’intérieur de la dynamique « pastorale » inhérente au néo-catholicisme post-conciliaire, mais qui n’ont jamais été légitimées par Paul VI et par Jean-Paul II puis par Benoît XVI, dans la morale chrétienne et les sacrements de l’Eglise, mais aussi dans les domaines du dialogue interreligieux (Abou Dhabi, Amazonie) et du dialogue interconvictionnel (Laudato si, Fratelli tutti),

    – d’autre part, un repositionnement, ces clercs conciliaires conservateurs découvrant en eux une lucidité réelle mais soudaine, et surtout tardive, sur le fait qu’il y a vraiment une relation de cause à effet entre au moins une partie du Concile et une assez grande partie de l’après-Concile.

    Pour autant, les mêmes clercs conciliaires conservateurs n’en sont pas encore à remettre en cause le corpus philosophico-théologique qui est inspirateur, ou qui est à l’origine, de « l’esprit du Concile », alors que c’est vraiment par la prise de conscience puis par la remise en cause de ce corpus (cf. Chenu, Congar, Rahner, Teilhard, et, dans une moindre mesure, Balthasar, de Lubac, Maritain, Mounier) qu’il faudrait pouvoir commencer, afin et avant de recatholiciser le regard et le discours, sur les confessions chrétiennes non catholiques, sur les religions non chrétiennes, mais aussi sur l’homme et le monde contemporains.

    Or, il est probable que ces clercs conciliaires conservateurs n’auront jamais le courage et la franchise de reconnaître que les inspirateurs du corpus philosophico-théologique dont il est question ici ont une lourde part de responsabilité, dans la mesure où, en oblitérant la composante « tridentine » de la Tradition chrétienne, ils ont amplement contribué à rendre possible la mutation de l’Eglise, alors que certains de ces inspirateurs ont été leurs maîtres, ou ceux de leurs maîtres, ou encore ceux de « leurs » papes : Paul VI et Jean-Paul II puis Benoît XVI.

    C’est la raison pour laquelle le positionnement conciliaire conservateur est

    – non seulement ambivalent : il veut plus souvent déplorer les conséquences concrètes les plus proches qu’il ne veut dénoncer les origines intellectuelles les plus lointaines de la mutation de l’Eglise,

    – mais aussi, depuis mars 2013, hémiplégique : il ne peut plus prendre appui sur le Magistère et la pastorale du pape qui règne actuellement pour puiser dans une partie de ce Magistère et cette pastorale une légitimation de son attitude, ni anti-libérale ad extra, ni philo-libérale ad intra.

    Mais combien de théologiens et d’évêques réputés ou tenus pour conciliaires conservateurs ont, par exemple, eu le courage de dire clairement et fermement NON au dialogue interconfessionnel et au dialogue interreligieux, tels qu’ils ont été mis en oeuvre et en valeur par Jean-Paul II, alors que celui-ci est allé plus loin que Paul VI, dans le domaine du dialogue interconfessionnel, et est allé vraiment beaucoup plus loin que Paul VI, dans celui du dialogue interreligieux ?

    En d’autres termes,

    – pourquoi « l’esprit d’Assise » est-il jugé légitime, par les conciliaires conservateurs, quand il est imposé à l’Eglise et aux fidèles par Jean-Paul II, puis prolongé par Benoît XVI,

    et

    – pourquoi l’actualisation et l’amplification de cet « esprit d’Assise » sont-elles jugées illégitimes, par les mêmes conciliaires conservateurs, quand elles sont imposées à l’Eglise et aux fidèles par le pape François,

    alors que celui-ci ne fait jamais que « pousser le bouchon » un peu plus loin que ses prédécesseurs ?

    Bonne journée.

    Un lecteur.

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