[Magistère] Léon XIII : Le Magistère est nécessaire

Le 22 Janvier 1899, le pape Léon XIII avait publié une Lettre Apostolique au Cardinal Gibbons nommée Testem Benevolentiæ Nostræ.  Dans ce document, le pape mettait en garde contre une hérésie, l’américanisme et s’est dit soucieux de veiller à ce que l’Église américaine se prémunisse contre les valeurs américaines de libéralisme et de pluralisme portant atteinte à la doctrine de l’Église. Par ailleurs, il rappelait également l’obligation de veiller à ce que les décisions du Magistère soient correctement et intégralement appliquées, voyant par là le danger d’une vision réductrice de l’infaillibilité, et les inévitables conséquences intellectuelles, morales et spirituelles néfastes qui ne tarderaient pas à arriver par ce choix.

Il importe donc davantage de signaler une opinion dont on fait un argument en faveur de cette liberté qu’ils proposent aux catholiques. Ils disent à propos du magistère infaillible du Pontife romain que, après la définition solennelle qui en a été faite au Concile du Vatican, il n’y a plus d’inquiétude à avoir de ce côté, c’est pourquoi, ce magistère sauvegardé, chacun peut maintenant avoir plus libre champ pour penser et agir.

Étrange manière, en vérité, de raisonner ; s’il est, en effet, une conclusion à tirer du magistère de l’Église, c’est, à coup sûr, que nul ne doit chercher à s’en écarter et que, au contraire, tous doivent s’appliquer à s’en inspirer toujours et à s’y soumettre, de manière à se préserver plus facilement de toute erreur de leur sens propre.

Ajoutons que ceux qui raisonnent ainsi s’écartent tout à fait des sages desseins de la Providence divine, qui a voulu que l’autorité du Siège Apostolique et son magistère fussent affirmés par une définition très solennelle, et elle l’a voulu précisément afin de prémunir plus efficacement les intelligences chrétiennes contre les périls du temps présent. La licence confondue un peu partout avec la liberté, la manie de tout dire et de tout contredire, enfin la faculté de tout apprécier et de propager par la presse toutes les opinions, ont plongé les esprits dans des ténèbres si profondes que l’avantage et l’utilité de ce magistère sont plus grands aujourd’hui qu’autrefois pour prémunir les fidèles contre les défaillances de la conscience et l’oubli du devoir.

Pape Léon XIII, Lettre Apostolique Testem Benevolentiæ Nostræ, 22 janvier 1899

 

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On ne peut manquer de remarquer toute l’actualité de ce passage. L’esprit américaniste, s’appuyant en partie sur le libre-examen des décisions du Magistère, a, bien malheureusement, contaminé les milieux catholiques, notamment, mais pas exclusivement, ceux dont la position même se base sur l’analyse personnelle des décisions de l’Église, comme les conservateurs Novus Ordo ou les partisans de la solution « Reconnaître et Résister » de la FSSPX.

Un des aspects du châtiment actuel, c’est que, d’une part, on n’a jamais eu autant la possibilité de donner son avis, et beaucoup ne s’en privent pas d’ailleurs, via les réseaux sociaux ou autres, et qu’à cause de l’éclipse de l’Église, les actes du Magistère, et même toutes les pratiques de l’Église, ne sont plus sujets à soumission, mais à discussion. On n’a jamais autant critiqué les décisions de l’Église qu’à notre époque. Là où elle ne peut plus répliquer avec autorité. Il faut en appeler à la réunion des évêques pour en finir avec ce drame.

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