Abbé Julio Meinvielle : Le paganisme de l’Allemagne nazie

L’Allemagne du national-socialisme est le cas typique d’un peuple païen. Voyons si elle correspond aux caractéristiques essentielles que nous avons assignées au paganisme.

Première caractéristique du paganisme : la reconnaissance de Dieu. Le paganisme n’est pas athée, il reconnait Dieu et fait confiance en la Providence. C’est bien le cas de l’hitlérisme dont la conception de la vie, la Weltanschauung, est et se veut profondément religieuse. On trouvera très peu de discours d’Hitler ou des hauts responsables du Reich et du parti national-socialiste où Dieu et sa divine Providence ne sont pas invoqués. Précisément, une des grandes tâches et des plus heureuses du national-socialisme est la terrible lutte contre les sans-Dieu qu’il a entreprise depuis le jour de son accession au pouvoir.

Deuxième caractéristique du paganisme : l’idolâtrie. Les païens reconnaissent Dieu, mais ils en dénaturent le culte : ce qui appartient au Dieu incorruptible, ils l’attribuent à des figures corruptibles. Ainsi en est-il du national-socialisme qui, comme tel, professe un christianisme positif qui n’est autre chose que l’idolâtrie du sang et de la race nordique vénérée selon des formes, des dogmes et des rites qui parodient, de manière sacrilège, le culte chrétien. Le Saint-Père, dans son encyclique à l’Eglise d’Allemagne, dénonce énergiquement cette altération des concepts et des mots sacrés que l’épiscopat allemand avait déjà dénoncée gravement à maintes reprises (cf : Lettre collective de l’épiscopat allemand, juin 1934).

Troisième caractéristique du paganisme : la divinisation du pouvoir. Dans tous les peuples païens qui parviennent à un haut degré de civilisation, le pouvoir est divinisé, non seulement à Rome, mais aussi chez les antiques peuples assyriens et égyptiens. L’idolâtrie de l’Etat est une réalité typiquement païenne. Il est superflu d’expliquer comment cela se réalise dans l’Allemagne national-socialiste où l’Etat et le Reich sont faits dieu. Un Etat, qui peut disposer de tout, possède un pouvoir divin. En Allemagne, l’Etat viole les droits les plus sacrés de la personne humaine comme la pratique de la religion, le droit de contracter mariage (par la loi de la stérilisation), le droit à la vie (par la pratique de l’euthanasie contre les membres innocents de la collectivité), le droit des parents à éduquer leurs enfants (par une éducation totale de la jeunesse dans les moules du national-socialisme). L’Etat est un Moloch dévorant qui ne fait qu’immoler les individus pour son propre avantage. Il est dieu.

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Quatrième caractéristique du paganisme : la religion nationale. Or, en Allemagne, toute la lutte contre les confessions religieuses, tant protestantes que catholique, est menée précisément parce que ces confessions sont considérées comme contraires au génie de la race germanique. En revanche, le christianisme positif, forgé par Rosenberg, dans Le Mythe du XXe siècle, est favorisé et implanté brutalement, parce qu’il excitera les forces vives de la race nordique.

Cinquième caractéristique du paganisme : l’exaltation des instincts propres et la haine envers l’étranger. Dans notre récente étude Entre l’Eglise et le troisième Reich, on voit clairement comment l’Allemagne national-socialiste a été forgée par la haine pour tout ce qui n’est pas allemand et par la glorification de la grandeur allemande, dont la mission dans l’histoire est de se retrouver, pour se sauver elle-même et pour sauver l’humanité. Le pangermanisme, que Fichte inaugura si bruyamment, est la moelle de l’hitlérisme et de ses triomphes. D’où le grand œuvre qui consiste à dépurer la race allemande, jusque dans son aspect biologique, par l’adoption des procédés scientifiques les plus modernes et par la pratique du sport. La chair allemande, avec tous ses instincts d’orgueil, doit elle aussi être idolâtrée. L’eugénisme germanique y incline, au même titre que la forte éducation donnée à la jeunesse dans les camps. Tout cela ne serait nullement répréhensible s’il s’agissait d’un moyen et non d’une fin. Les paroles de Pie XI dans Mit brennender Sorge revêtent une signification extraordinaire : « On vous parle beaucoup d’exercices sportifs. Pratiquée avec mesure et contenue dans de justes limites, l’éducation physique est un bienfait pour la jeunesse. Pour ce qui est du temps à y consacrer, on lui donne maintenant trop souvent une ampleur telle qu’on ne tient plus compte ni du développement harmonieux du corps et de l’esprit, ni des égards dus à la famille, ni du précepte de la sanctification du dimanche. ­­­[…] Que pour l’exercice du corps (la jeunesse croyante) n’oublie son âme immortelle, qu’elle ne se laisse pas vaincre par le mal, mais qu’elle vise, au contraire, à triompher du mal par le bien (Ro 12, 21), que sa plus haute et plus sainte ambition demeure celle de remporter la couronne dans le stage de la vie éternelle (1 Co 9, 24). » Il ne me semble pas possible de démontrer plus clairement, par les caractéristiques signalées, que le régime de vie que le gouvernement du Reich a imposé au peuple allemand est typiquement païen. »

Abbé Julio Meinvielle, Les trois peuples bibliques, Adsum, Buenos Aires, 1937, traduit de l’espagnol (titre original : Los tres pueblos bíblicos en su lucha por la dominación del mundo).

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