La Kabbale : Les sources païennes de la Kabbale (4)

Les mystères de la Kabbale et de la gnose

Les concepts d’une trinité hénothéistique présidant les sephiroth de l’essence du Dieu kabbalistique, ainsi que cette dualité sexuée dans la divinité kabbalistique, du moins celle exposée dans le Bahir, peuvent étonner certains chrétiens, qui pourraient y trouver des échos de la doctrine de la Sainte Trinité ou encore de l’union du Christ avec l’Epouse immaculée, l’Eglise, qui est aussi Son Corps Mystique. L’exposé que nous avons donné de la métaphysique et de la cosmogonie kabbalistique suffisent aux auditeurs pour comprendre que nous parlons là de deux systèmes radicalement opposés, l’un étant la spéculation néo-païenne du judaïsme apostat, l’autre étant la doctrine divinement relevée et rationnelle, de la sainte doctrine catholique. Dans une précédente émission, nous avions déjà vu à quelle point avait été lamentable la défection et l’apostasie des pharisiens lors de la venue sur Terre du Messie Jésus-Christ, et nous avions brièvement exposé quelques éléments de réponse pour faire comprendre que les vagues d’apostasies en Judée s’étaient succédées depuis le veau d’or, jusqu’à l’époque des rois et jusqu’à l’exil babylonien. Nous avons vu un peu plus tôt que pendant l’époque même de la révolte de Saint Judas Maccabée, nous nous trouvions en pleine ébullition et en plein développement de toutes sortes de syncrétismes impies dans certains milieux juifs. Ces phénomènes ont conduit d’une part, à la constitution du Talmud, et d’autre part, au développement parallèle de la kabbale juive. Il s’agit de bien comprendre, comme nous l’avons vu un peu plus avant, que le développement audacieux des hérésies métaphysiques de la kabbale juive va dramatiquement influencer certains penseurs et intellectuels venus de milieux chrétiens. Certains vont s’y intéresser, soit par un attrait impie pour les mystères profanes (Pic de la Mirandole), d’autres, par un intellectualisme suspect (Jean Reuchlin), d’autres encore, par une conviction imprudente selon laquelle, la kabbale juive recèlerait des vérités ou voire même, des éléments pour prouver la véracité du christianisme (Jacques Gaffarel). Malgré certains développements parfois un peu surprenants de la Kabbale juive, cet attrait suspect ou naïf de certains chrétiens à l’époque de la Renaissance, pourrait nous surprendre à notre époque. Pour mieux éclairer la chose, j’aimerais m’appuyer sur quelques extraits de l’ouvrage essentiel de Monseigneur Meurin, missionnaire jésuite qui fut archevêque de Bombay puis de Port Louis sur l’Ile Maurice au 19e siècle. Monseigneur Meurin a écrit plusieurs livres sur la religion védique, sur le zoroastrisme, mais également plusieurs sommes capitales sur la franc-maçonnerie, et en particulier la Franc-maçonnerie, synagogue de Satan, dans lequel il expose avec brio et simplicité, les sources kabbalistiques des doctrines maçonniques et dans lequel il se penche longuement sur les sources philosophiques de la kabbale. Mgr. Meurin explique très bien, par exemple, que le dogme de la Sainte Trinité est présent dès le Pentateuque, mais également partout ailleurs dans l’Ancien Testament, par exemple dans Proverbes 30 ;4 ou dans Isaïe 48 ;16.

« Les textes de l’Ancien Testament si éloquemment expliqués par Bossuet, comme, du reste, par l’unanimité des théologiens, prouvent que le mystère de la Sainte Trinité était connu des israélites, non pas d’une manière distincte et claire, nous l’admettons, mais toujours suffisamment intelligible aux esprits élevés. Ceux qui sont versés dans les plus anciens livres des juifs savent que très fréquemment, on y trouve la mention des trois qui s’appellent Yahweh, Memra/Shekinah (Verbe ou habitation de Dieu) et Ruah HaKaddosch. On les nomme les trois membres, trois degrés, trois subsistances, trois faces, trois terminaisons, trois personnes. Ces écrivains disent que Memra ou Shékinah émane de Jéhovah, et Ruah HaKaddosch de Yahweh par Memra. Enfin, on connait la sentence des vrais kabbalistes : Le père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint Esprit est Dieu, trois dans l’unité, et l’un dans la trinité (Luke Joseph Hooke, Tractatus de Vera Religione, 1752»[1]

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Monseigneur Léon Meurin

Mgr. Meurin poursuit ensuite pour faire comprendre ce que l’abbé Rohrbacher, dans l’introduction du premier tome de son Histoire Universelle de l’Eglise, avait déjà expliqué à propos de la révélation de la religion avant l’institution du culte transmis à Moïse :

« Sans entrer dans une discussion sur l’antiquité du Rig-Veda, des Gathas du Zend Avesta, des tablettes assyriennes, des inscriptions hiéroglyphiques et cunéiformes, etc., nous considérons comme historiquement sur et indiscutable que les anciennes nations civilisées qui y ont perpétué leurs croyances religieuses n’ont point reçu ces idées de Moïse ou de quelque autre prophète juif postérieur. Tout tend à démontrer que toutes les nations, les gentils comme les juifs (infidèles), ont, à l’exception des Judéens orthodoxes, puisé leurs doctrines religieuses à la même source, et les ont graduellement changées sous l’influence du climat, de leurs mœurs, de leur histoire, de leurs qualités individuelles, et, nous n’hésitons pas à le dire, sous l’influence des démons. Cette source commune, il faut la chercher à l’arche de Noé, où le genre humain n’était pas encore divisé dans la diversité des langues, ni par sa dispersion sur la face de la terre. C’est la seule hypothèse qui puisse expliquer l’identité d’un certain nombre de vérités surnaturelles qu’on retrouve chez tous les peuples anciens, sous des noms radicalement différents. La trinité dans la divinité, voilà un dogme primitif du genre humain. Les Indiens de la période védique adoraient leurs Varunna, Indra et Agni ; ceux de la période brahmique leurs Brahma, Vischnou et Shiva. Les perses adoraient leurs Ahoura (Celui qui est), Mazda (la Sagesse) et Atars (le feu). Les habitants de l’Egypte adoraient leurs Ptah (divinité masculine), leur Rah (divinité féminine) et Illar, nommés plus tard Isis, Osiris et Horus. Thèbes adorait ses Ammon, Mout et Khons. Les assyro-babyloniens, leurs Bin (firmament), Samas (Soleil) et Sin (lune) ; ainsi que leurs Assur, Bel et Héa, dieux du ciel, de la terre et de l’enfer. Les chinois adoraient leurs Tien (ciel), Yang (puissance masculine) et Yin (puissance féminine). Les germains avaient leurs Alfader, Wotan et Thor. Les accadiens leurs Anna, Hea et Mulga, pour le ciel, la terre et l’enfer. Les Romains leurs Jupiter, Neptune et Pluton, les grecs leurs Zeus, Poseidon et Hephaistos, etc. Tachons cependant de donner un exemple en parlant en particulier de la religion de Zoroastre, qui, à nos yeux, à la mérite d’avoir conservé la tradition originelle avec plus de pureté que toutes les autres religions païennes. C’est en contact avec cette religion que la Kabbale juive a pris naissance à Babylone. »

Ne pensez pas que le style littéraire de Mgr. Meurin traduise chez lui une sorte de relativisme ou d’attrait pour les cultes païens, bien au contraire, il suffit de connaitre le ton finement ironique de l’érudit prélat allemand et de lire toute la suite de son livre, mais cet extrait permettra au moins aux auditeurs les moins bien formés, de comprendre pourquoi certains concepts présents dans la théosophie de la kabbale juive peuvent parfois sembler étrangement familiers, alors qu’ils sont en réalités des corruptions doublement coupables et lamentables, puisque colportées par des juifs apostats qui ont encore l’audace de se dire les disciples d’Abraham et de Moïse. Au contraire, Monseigneur Meurin, après avoir développé et identifié les sources de la métaphysique et du démiurge de la Kabbale dans les panthéons perses, nous conforte dans nos suspicions quant aux origines du Talmud et de la kabbale juive :

« Cette hypothèse […] nous ferait comprendre la transmission des idées panthéistiques des perses et des autres païens à ceux d’entre les Juifs, qui, après la grande captivité, n’ont plus voulu quitter Babylone, la terre de leur exil. D’ailleurs, il est certain que le Talmud fut composé à cette époque à Babylone même ; ce qui confirmerait l’opinion presque générale que c’est là qu’il faut aussi chercher l’origine de la Kabbale. La doctrine kabbalistique n’est au fond que le paganisme en forme rabbinique ».

Ainsi, Monseigneur Meurin nous permet de mieux comprendre dans quelle mesure certaines philosophies païennes antiques pouvaient, malgré elles, avoir transmis des schémas reflétant des vérités originelles trahies ou perdues par leurs reniements anciens. Par ailleurs, concernant la déviation des juifs talmudiques, le pape Innocent II, dans sa lettre Impia Judaeorum Perfidia[2], enjoignant Saint Louis à faire détruire tous les exemplaires du Talmud sur le territoire du royaume de France, soulignait avec justesse ce que nous avions rappelé précédemment, à savoir que les juifs apostats étaient de purs négateurs de la loi de Moïse et que Notre Seigneur Jésus-Christ avait effectivement condamné, dans l’Evangile, les doctrines talmudiques :

« Car ces ingrats envers Notre Seigneur Jésus Christ, Lequel attend patiemment leur conversion par la gloire de Ses longues souffrances, ne montrent aucune honte de leur faute, ni ne respectent l’honneur de la foi chrétienne, et renient et falsifient la Loi mosaïque et les Prophètes, suivent certaines traditions qu’ils tiennent de leurs anciens que le Seigneur a réprimandé dans l’Evangile en leur disant : Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu et pourquoi L’irritez-vous par votre tradition, enseignant des doctrines et des commandements humains ? C’est dans cette sorte de tradition, qui est appelée en hébreu le Talmud –et il existe chez eux un grand livre qui dépasse largement en longueur celui de la Bible, et dans lequel se trouvent des blasphèmes manifestes contre Dieu, le Christ et la Sainte Vierge, des fables tortueuses, des affirmations fausses et des stupidités inouïes– qu’ils nourrissent et enseignent leurs fils et les rendent ainsi complètement étrangers à la Doctrine de la Loi et aux Prophètes, craignant qu’en apprenant la vérité, laquelle se trouve dans la Loi et les Prophètes, laquelle témoigne incontestablement que le Fils unique de Dieu s’incarnerait, ils ne se convertissent à la Foi et retournent humblement à leur Rédempteur. »

Enfin, Monseigneur Meurin, plus loin dans son ouvrage, porte l’estocade contre la source commune des gnoses païennes et celles des juifs apostats :

« Ce n’est pas la synagogue orthodoxe, ni la vraie doctrine de Moïse, inspirée par Dieu même, que les kabbalistes modernes représentent; c’est le paganisme dont quelques Juifs sectaires ont été imbus, lors de la captivité de Babylone. On n’a qu’à étudier la doctrine de la Kabbale juive et à la comparer avec les doctrines philosophiques des plus anciens peuples civilisés, Indiens, Perses, Babyloniens, Assyriens, Égyptiens, Grecs et autres, pour s’assurer que partout est enseigné le même système panthéistique d’émanation. Partout on retrouve un certain principe éternel duquel émanent une première triade, et après elle, tout l’univers, non par création, mais par émanation substantielle. On est forcé de l’admettre : entre la philosophie kabbalistique et l’ancien paganisme, il y a une connexion intime qu’il est difficile d’expliquer d’une autre manière que par l’inspiration d’un même auteur, c’est à dire l’ennemi du genre humain, de l’Esprit de mensonge. »

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Ainsi, il est assez remarquable de constater que finalement, le judaïsme apostat porte, sans l’assumer, une responsabilité considérable dans notre ère, dans la mesure où il fut le principal transmetteur des anciennes hérésies païennes, en particulier dans la philosophie et dans toutes les sciences qui en découlent. C’est à ce titre que nous avons souvent désigné le judaïsme talmudique comme le premier néo-paganisme de notre ère. Toutefois, il convient de ne pas faire l’erreur consistant à penser que la seule source d’infestation de la philosophie pendant la période dite de la renaissance, se limiterait à l’influence de la kabbale juive. Le gnosticisme, véhiculant une métaphysique analogue, se transmis lui aussi par certains adeptes de certaines formes de néoplatonisme, en particulier du néoplatonisme de Plotin et de Philon d’Alexandrie.

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Jean Scot Erigène

Citons par exemple le fameux Jean Scot Erigène, qui vécut au 9e siècle et qui se signale en particulier par une théorie erronée et exagérée de la prédestination, qui confine à une forme d’illuminisme. Comme l’auteur du Sefer Yetsirah, Erigène croit à une éternité du monde, ce qui revient à affirmer, comme le Bahir, une forme de panthéisme, puisque dès lors, le monde étant éternel, il ne peut qu’être d’essence divine. Quant aux théories d’Erigène concernant la Sainte Trinité, l’érudit catholique Emile Bréhier constate qu’elles « ressemblent plus à la triade plotinienne qu’à la trinité catholique orthodoxe et que cette interprétation suppose une théorie de l’homme considéré comme microcosme, telle qu’on pouvait la trouver chez Philon. » Notons que l’ouvrage d’Erigène appelé De divisione naturae dans lequel il expose sa cosmogonie panthéiste, fut condamné au concile de Sens par le pape Honorius III en 1225, qui le décrivit comme « suintant de perversité hérétique » et par le pape Grégoire XIII en 1583. De façon assez correcte, Schopenhauer, dans Parerga und Paralipomena, classe Scot Erigène comme un précurseur de Giordano Bruno, de Spinoza et d’Emmanuel Kant. Leszek Kolakowski, le philosophe marxiste polonais, remarque l’influence de Scot Erigène sur Hegel et indirectement, sur la dialectique de Marx. Le cas de Scot Erigène permet de comprendre et de prévenir sur le fait qu’il serait absurde de ne percevoir que l’influence de la kabbale juive dans la perversion de la philosophie moderne. La transmission gnosticiste tient également une grande part de responsabilité, mais il serait également bon de se demander quel courant eut une influence déterminante à tel moment de l’histoire, en particulier entre la fin de l’antiquité tardive et les débuts du moyen-age. Contrairement aux mensonges colportés depuis un siècle et demi dans certains cercles académiques officiels et sous influence maçonnique, il n’y a pas d’âge obscur au moyen-âge, ni une sorte de disparition soudaine des ouvrages de la philosophie antique, et encore moins une transmission que la chrétienté aurait dû au monde musulman. En réalité, au 5e siècle, lors des bouleversements de l’empire à Rome, les sources de la philosophie antique se transmettent tout spécialement par le biais des théologiens catholiques, par les écoles, par les monastères, etc. En revanche, une autre transmission, plus pernicieuse, s’opère, d’une part part, via les sectes hérétiques telles que le nestorianisme du 5e siècle, l’adoptianisme du 8e siècle, la négation de la présence réelle de Béranger de Tours au 11e siècle (condamné par le concile de Tours et par le pape Léon IX), sans oublier les possibles sectes païennes qui durent opérer en secret au fur et à mesure des avancées de l’empire chrétien vers les terres du nord, et sans oublier bien sûr, la transmission rétroactive de certains concepts néoplatoniciens, gnostiques et kabbalistiques par des érudits musulmans ou marranes en Espagne à partir des 11e-12e siècle. Or, c’est précisément au début du 9e siècle que le Sefer Yetsirah commence à se rependre dans les milieux juifs d’Europe occidentale, d’Espagne en Italie ; en Rhénanie, en Occitanie et en Provence, ces dernières régions étant peut être les plus risquées en la matière. En effet, l’hérésie cathare, héritière des hérésies néo-manichéennes, se développe notamment à partir du 11e siècle, postulait que l’univers était la création d’un démiurge maléfique, que les âmes naissaient et se réincarnaient en changeant de corps et que, à la manière de Marcion, l’ancien testament était l’œuvre du démiurge, et le nouveau testament serait l’œuvre de Jésus, lequel n’étant pas considéré par eux comme Dieu incarné, mais comme simple messager. Comme on le sait, cette hérésie fut combattue avec une sainte ardeur au moyen d’une sainte croisade au début du 13e siècle. On se posera la question de savoir, plus tard, s’il n’aurait pas été également fort à propos de réprimer durement les deux autres voies de la philosophie hérétique à cette époque, à savoir une certaine gnose néoplatonicienne, mais aussi, la kabbale juive. Quoiqu’il en soit, il serait une double erreur de ne se concentrer que sur l’époque de la renaissance en elle-même, alors que les sources de la perversion de la philosophie moderne sont antérieures. En outre, on aura beau analyser les responsabilité de la gnose, de la kabbale juive et de leurs auteurs, il faudra aussi remarquer avec honnêteté les faiblesses politiques, anthropologiques et spirituelles qui se feront sentir, inévitablement, à telle ou telle époque, chez tel ou tel roi ou prélat, permettant la corruption lente, mais certaine de la société chrétienne, par des idées libérales.

[1] MONSEIGNEUR LEON MEURIN, La franc-maconnerie ou la synagogue de Satan, p. 25

[2] https://fidecatholica.wordpress.com/2018/04/20/regne-social-innocent-iv-impia-judaeorum-perfidia-lettre-a-saint-louis-condamnant-le-talmud/

Retrouvez l’émission complète ici :

5 réflexions sur “La Kabbale : Les sources païennes de la Kabbale (4)

  1. « Cette hypothèse […] nous ferait comprendre la transmission des idées panthéistiques des perses et des autres païens à ceux d’entre les Juifs, qui, après la grande captivité, n’ont plus voulu quitter Babylone, la terre de leur exil. D’ailleurs, il est certain que le Talmud fut composé à cette époque à Babylone même ; ce qui confirmerait l’opinion presque générale que c’est là qu’il faut aussi chercher l’origine de la Kabbale. La doctrine kabbalistique n’est au fond que le paganisme en forme rabbinique »

    On nage vraiment dans la plus grande confusion. Les hypothèses en question ne sont d’ailleurs fondées que sur l’antiquité proclamée par leurs adeptes de doctrines dont la science prouve au contraire le caractère fort récent (à l’échelle historique).

    D’abord, la période perse est postérieure à la période babylonienne, et en marque le terme (sixième siècle avant Jésus-Christ) ; ensuite, les idées religieuses des Perses n’étaient pas celles des Babyloniens ; de plus, le Talmud fut composé entre 200 et 500 de l’ère chrétienne, à partir d’une tradition orale reçue des seuls pharisiens (faction apparue au deuxième siècle avant Jésus-Christ) et ne pouvant donc lui être antérieure ; quant à la cabale, elle ne remonte pour ses tout premiers textes qu’au onzième siècle de Jésus-Christ, même si elle reprend et accommode des idées antérieures, et d’ailleurs très hétéroclites (Gershom Scholem est infiniment mieux renseigné que ce malheureux Meurin, victime de l’immense défaillance sur ces sujets de l’historiographie de son temps, simple acceptation, sur parole pour ainsi dire, des mensonges de traditions prétendument antiques). Enfin, faire de ces doctrines tardives et hétérogènes que sont le Talmud et la cabale les sources de traditions bien plus anciennes et innombrables que sont les paganisme, c’est, en se soumettant à l’orgueilleuse et légendaire affirmation d’antiquité de leurs doctrines de la jactance des tamludistes et cabalistes, non seulement les légitimer à leurs propres yeux (« ce que nous professons est bien plus ancien et vénérable que Jésus »), dissimuler que ces doctrines nouvelles se distinguent radicalement de la presque totalité des anciens paganismes par une notion fondamentale (« tikkoun olam ») qui est ce que les chrétiens dénoncent sous le nom d’orgeuil (luciférien), et le paganisme grec, sous le nom d’ ὕϐϱις.

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  2. La cabale : non pas une tradition antique et originale, mais au contraire l’agglomération tardive et la digestion, au sein du judaïsme talmudique et selon ses principes, d’éléments variés ; un ouvrage de pièces.
    https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1989_num_67_1_5708_t1_0222_0000_2

    Princeton University Press now presents « Origins of the Kabbalah », the first English translation of the above-mentioned Ursprung und Anfange der Kabbalah, a work that probes the twelfth- and thirteenth-Century beginnings of the Kabbalah in southern France and Spain. Kabbalah, primarily denoting « reception », and then oral tradition, being of course the traditional and most commonly used term for the esoteric teachings of Judaism and Jewish mysticism, especially the forms which it assumed in the middle Ages from the 1 2th century onward.

    This book is without the slightest doubt a most awesome example of magisterial scholarship on the subject.

    Methodologically it is a perfect example of how writing history, if to be successfully carried out, needs a deeper understanding of the interplay of religious, political and socio-economical forces. Furthermore it is a fundamental contribution not only to a new elucidation of the function which Jewish medieval mysticism had in its own period, of its ideals, and of its approach to the various problems arising from the actual living conditions in these days, but also to the general human climate in which medieval mysticism of different religious denominations crystallized.

    The book answers in four extremely dense chapters, questions concerning the antecedents and the exact times and places of the Kabbalistic origins and with penetrating philosophical insight and profound philological understanding it analyzes the possible influences adopted from different schools of thought (f.i. gnosticism, neoplatonism) and cultural surroundings (Christianity, Islam).

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