Réfutation des objections au sédévacantisme

Avant de consulter les réponses aux objections ci-dessous, n’hésitez pas à lire cette brève introduction.


Réfutation des principales objections au constat de la vacance du siège 

Cliquez sur chaque objection pour lire la réponse accompagnée des preuves magistérielles et canoniques.

Objection n°1 : Le pape Pie XII, dans la constitution apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, a levé toutes les peines ecclésiastiques concernant l’élection d’un cardinal lors d’un conclave. Ainsi, même si les « papes » de Vatican 2 étaient hérétiques avant ou après leur élection, ils seraient quand même validement élus papes.

Objection n°2 : La bulle Cum Ex Apostolatus Officio du pape Paul IV n’était que disciplinaire, ne relevait que du droit ecclésiastique et fut abrogée par la Constitution Vacantis Apostolicae Sedis du pape Pie XII.

Objection n°3 : Le siège apostolique n’est jugé par personne.

Objection n°4 : Suivant l’enseignement du Cardinal Billot, il semble impossible d’affirmer que les papes de Vatican 2 ne furent pas légitimement élus, malgré leurs indubitables hérésies, étant donné que « toute l’Eglise » a admis ces pontifes comme vrais papes.

Objection n°5 : L’élection du souverain pontife est infaillible et l’acceptation universelle de cette élection est un signe de la certitude de cet acte. Le pape, même tombé dans l’hérésie publique la plus radicale, continue donc d’être pape.

Objection n°6 : Vous, les sédévacantistes, en affirmant que le siège est vacant depuis au moins la promulgation de Vatican 2, affirmez implicitement que l’Eglise a fait défection.

Objection n°7 : Le 1er concile de Vatican a enseigné que Saint Pierre aurait perpétuellement des successeurs. Ainsi, il est impossible de croire que le siège apostolique ait pu rester vacant pendant soixante ans. Vous, les sédévacantistes, tenez une position qui va à l’encontre de la visibilité de l’Eglise.

Objection n°8 : Si les papes de Vatican 2 sont des faux papes, ils n’ont donc pas de juridiction valide. Les individus qu’ils ont nommés cardinaux ne sont donc pas de vrais cardinaux de l’Eglise, et n’ont donc aucune légitimité à procéder à l’élection d’un pape, pas plus que les individus qu’ils ont nommé évêques. D’autant plus que les cardinaux et évêques nommés du temps de Pie XII sont tous morts. Une telle situation semble empêcher l’élection d’un nouveau pape et donc contrevenir à la perpétuité de l’office papal et même à la visibilité de l’Eglise, ce qui est impossible.

Objection n°9 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile, on peut légitimement leur résister et refuser ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car les papes en question n’ont pas explicitement enseigné sur la doctrine, ni en matière de foi, ni de mœurs, ni rien défini, décrété ou proclamé en la matière.

Objection n°10 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car les papes en question n’ont pas explicitement ou pas vraiment engagé l’infaillibilité de leur magistère. Ils n’ont pas enseigné, ni défini, ni promulgué les doctrines de Vatican 2 « ex cathedra ».

Objection n°11 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car leurs documents magistériels ne peuvent être considérés comme infaillibles et contraignants que si, selon notre propre jugement, rien de contraire à la foi et aux mœurs n’y est enseigné.

Objection n°12 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, à cause de toutes ou parties des objections ci-dessus, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à leurs enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car les papes en question n’ont pas explicitement obligé les fidèles à accepter les doctrines de Vatican 2 ou celles de leur magistère.

Objection n°13 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à leurs enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car les papes en question sont des « mauvais pères » et qu’il y a déjà eu par le passé des papes à la moralité douteuse, tels que Jean XII ou Alexandre VI.

Objection n°14 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car il y a déjà eu des papes hérétiques par le passé.

Objection n°15 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement leur résister et refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car Vatican 2 ne fut qu’un concile pastoral.

Objection n°16 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement refuser d’obéir à ces enseignements, tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car ces papes, de Jean XXIII jusqu’à François, n’ont jamais rien enseigné qui relevât du magistère infaillible. On peut donc également légitimement rejeter leurs disciplines, leur droit canon, leur catéchisme, leurs liturgies et leurs canonisations.

Objection n°17 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement leur résister, les ignorer et refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car seul le Christ est à la tête de l’Eglise, ou encore, parce que ces papes de Vatican 2 sont en réalité les chefs de deux églises, l’une catholique, l’autre moderniste.

Objection n°18 : Il existe divers degrés d’hérésie et vous, les sédévacantistes, usez d’un jugement privé et téméraire pour qualifier avec certitude les papes de Vatican 2 d’hérétiques manifestes, publics et formels. Il n’y aucun moyen de prouver que les « papes » de Vatican 2 furent des hérétiques manifestes et intentionnels.

Objection n°19 : On peut librement et indifféremment considérer les papes de Vatican 2 comme des vrais papes ou des antipapes, pourvu qu’on s’attache à la fréquentation des sacrements, qu’on observe la piété chrétienne, qu’on s’en tienne à observer les enseignements de l’Eglise de toujours.

Objection n°20 : On peut admettre ou prouver ou affirmer l’orthodoxie des doctrines de Vatican 2 en considérant ces enseignements « à la lumière de la tradition » ou par « l’herméneutique de la continuité », et ainsi soutenir que les papes de Vatican 2 furent des vrais papes, mais que leur magistère a été mal compris, mal implémenté ou mal interprété. Une observation similaire peut être faite concernant la liturgie de Paul VI.

Objection n°21 : Vous, les sédévacantistes, en affirmant que les papes de Vatican 2 ne sont pas de vrais papes et qu’ils ne sont pas à la tête de l’Eglise catholique, vous mettez en échec le mouvement de résistance à ces papes.

Objection n°22 : Vous, les sédévacantistes, usez d’un jugement privé et téméraire pour affirmer que les papes de Vatican 2 sont mauvais et vous usez de ce même jugement privé pour déclarer et déposer ces individus comme faux papes. Vous reproduisez ainsi les erreurs de Jean Hus et de Martin Luther.

Objection n°23 : Saint Pierre, comme premier pape de l’Eglise, a renié le Christ trois fois avant Sa Passion (Matthieu 26 ; 69-75). Il a donc apostasié et est néanmoins resté pape. Donc, l’infaillibilité pontificale n’empêcherait pas des papes de renier l’Eglise en enseignant des hérésies ou en participant à des cultes idolâtres, tout en restant papes.

Objection n°24 : Vous, les sédévacantistes, en affirmant que les papes de Vatican 2 ne sont pas de vrais papes et qu’ils ne sont pas à la tête de l’Eglise catholique, par une attitude schismatique, vous vous retranchez de la communion avec l’Eglise catholique, hors de laquelle il n’y a pas de salut. En affirmant que ces papes sont de faux papes, vous affirmez ainsi que « les portes de l’enfer ont vaincu l’Eglise ».

Objection n°25 : Vous, les « sédévacantistes », en affirmant que les papes de Vatican 2 sont des antipapes et en affirmant que la secte moderniste n’est pas l’Eglise, vous abandonnez l’Eglise alors que celle-ci vit sa Passion prophétisée. Et ainsi, vous refusez de participer à ses douloureuses souffrances.


26 réflexions sur “Réfutation des objections au sédévacantisme

  1. Bonjour,

    Je me demande parfois si nous ne sommes pas en présence d’un phénomène, l’auto-fragilisation voire l’auto-dénaturation du christianisme catholique, qui est pleinement en mesure de susciter une appréciation qualifiable en ces termes : « l’ortho-vacantisme ».

    En effet, le phénomène dont il est question ici a commencé à se manifester, en philosophie d’inspiration chrétienne et en théologie catholique, dès le début du premier avant-Concile et des années 1930, sous Pie XI, donc bien avant les débuts de la disqualification, à caractère sede-vacantiste, des Souverains pontifes, à partir de Jean XXIII.

    Dans cet ordre d’idées, l’appréciation assimilable à de l’ortho-vacantisme n’est pas autre chose que la conséquence du constat suivant : depuis que les auteurs suivants : Chenu, Congar, Maritain, Mounier, Rahner, Teilhard, voire aussi Balthasar et de Lubac, dans une moindre mesure, ont commencé à se manifester publiquement d’une manière « innovante », à partir du début des années 1930, le respect et le souci de l’orthodoxie ont commencé à être perdus de vue, ou le sens de l’orthodoxie a commencé à être perdu de vue, dans l’Eglise catholique, d’une manière, pour ainsi dire, à la fois néo-catholique et ante-conciliaire.

    Si les lignes qui précèdent ont du sens, elles reviennent à dire que depuis que le début des années 1930, le sens de l’orthodoxie, tel qu’il a été véhiculé, notamment et surtout dans le cadre et au moyen du référentiel philosophico-théologique aristotélico-thomiste, a été perdu de vue.

    En gros, pour les docteurs et les pasteurs néo-catholiques, d’abord ante-conciliaires, et ensuite post-conciliaires, toute distinction claire et ferme, ou claire et nette, exclusiviste, intransigeante, orthodoxiste,

    – d’une part entre ce qui est erroné et ce qui est révélé, dans le domaine de la religion en général,

    – d’autre part entre ce qui est hérétique et ce qui est orthodoxe, dans celui du catholicisme, en particulier,

    est désormais considérée comme non adaptée ni évoluée, ou comme archaïque et obsolète, ou encore comme « d-é-p-a-s-s-é-e »,

    – d’une part, par l’évolution de la philosophie et de la théologie,

    – d’autre part, par l’évolution des mentalités et de la moralité.

    En d’autres termes, c’est avant tout le sens de l’orthodoxie, et non avant tout le Siège apostolique, qui est vacant, au sein de l’Eglise catholique, ce qui ne veut pas d’ailleurs pas dire que les clercs néo-catholiques sont des apostats ad extra et des hérétiques ad intra au sens propre de chacun de ces termes : ce sont plutôt des clercs post-aléthistes ou post-véritistes, ad extra, et post-orthodoxes, ou post-dogmatistes, ad intra, d’un point de vue identifiable à un point de vue « ortho-vacantiste ».

    Bonne journée.

    Un lecteur.

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