Objection n°23 : Le reniement de Saint Pierre prouve que les « papes » de Vatican 2 sont de vrais papes

Objection n°23 : Saint Pierre, comme premier pape de l’Eglise, a renié le Christ trois fois avant Sa Passion (Matthieu 26 ; 69-75). Il a donc apostasié et est néanmoins resté pape. Donc, l’infaillibilité pontificale n’empêcherait pas des papes de renier l’Eglise en enseignant des hérésies ou en participant à des cultes idolâtres, tout en restant papes.

Réponse à l’objection : Faux. Saint Pierre n’a pas apostasié dans Matthieu 26, mais a seulement commis un péché de défaut de confession de la foi par peur. Ensuite, Saint Pierre n’était pas encore pape à ce moment-là. L’investiture de Saint Pierre comme premier pape s’est déroulée en trois épisodes précis (Matthieu 16 ; 18-19, Luc 22 ; 32) et ce n’est qu’au troisième temps, après la Résurrection du Christ, que Saint Pierre reçût la charge pastorale suprême (Jean 21 ; 15-17).


Preuve n°1 : Saint Pierre n’a en aucune manière apostasié la Foi dans Matthieu 26.

Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas vous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé. – Saint François d’Assise, La Controverse Catholique

Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas. – Révérend Père Garrigou-Lagrange, Les Vertus Théologiques, Vol. 1 : Sur la Foi


Preuve n°2 : Saint Pierre n’était pas encore pape dans le passage de l’Evangile en question. Saint Pierre n’a été investi de la charge pastorale suprême que dans Jean 21 ; 15-17.

Et c’est au seul Simon Pierre que Jésus, après Sa Résurrection, conféra la juridiction de souverain pasteur et de chef suprême sur tout Son troupeau en disant : « Pais mes agneaux, pais mes brebis » [Jn 21,15 sv.]. Cette doctrine si claire des saintes Écritures se voit opposer ouvertement l’opinion fausse de ceux qui, pervertissant la forme de gouvernement instituée par le Christ notre Seigneur, nient que Pierre seul se voit vu doté par le Christ d’une primauté de juridiction véritable et proprement dite, de préférence aux autres Apôtres, pris soit isolément soit tous ensemble, ou de ceux qui affirment que cette primauté n’a pas été conférée directement et immédiatement au bienheureux Pierre, mais à l’Église et, par celle-ci, à Pierre comme à son ministre. – Pape Pie IX, Constitution Dogmatique Pastor Aeternus, Concile de Vatican, Chapitre 1

Le Pape est infaillible dans la foi, c’est à lui d’y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l’affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d’heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s’explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent. Premièrement : Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d’enseigner l’Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n’a pu entrer en charge qu’après l’Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l’investiture expresse que nous entendrons dans un instant. Deuxièmement : Ce n’était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu’il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu’il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n’avait devant lui que de misérables valets dont pas un n’appartenait à l’Église, qui du reste n’existait pas encore et n’était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l’édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n’était pas encore posée, et le fondement n’était pas établi. Troisièmement : Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l’exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu’indifférents à l’égard de la loi de l’abstinence. Aujourd’hui c’est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu’on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l’a reconnu pour ce qu’il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c’est vendredi. — « Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites ». — Absolument comme Simon-Pierre !  Oh ! Ce n’est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c’est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n’a point manqué de foi ; c’est le courage qui chez lui fit défaut. Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l’infaillibilité dans la foi. Il ne lui a point promis l’impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d’autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical. Révérend Père Marin de Boylesve, Réponses aux principales objections contre le pouvoir et contre l’infaillibilité du Pape, 1877

Sa triple négation de Jésus-Christ n’est pas une définition de foi ; lorsqu’il reniait son divin maître, il n’enseignait pas l’Église ex officio ; il ne proposait rien à croire ; il ne promulguait pas un dogme de foi. Saint Pierre, sous l’empire de la crainte, affirme qu’il ne connaît pas Jésus-Christ ; comment peut-on en vérité, trouver en cela une définition de foi, un enseignement qui concerne tous les fidèles, et qui leur prescrive ce qu’ils doivent faire ? Qui pourra se persuader que ces paroles de saint Pierre étaient la libre expression de ce qu’il pensait au fond de son âme ? D’ailleurs personne n’ignore qu’à cette époque Pierre n’était pas encore constitué chef de l’Église. Il avait bien reçu les promesses de la primauté ; il savait bien que Jésus-Christ devait bâtir son Église infaillible et indéfectible sur Pierre, sur lui-même ; il savait aussi que Jésus-Christ avait prié pour lui, afin qu’après avoir pleuré sa faute, il ne vint pas à faillir dans la foi et pût confirmer ses frères ; mais ce n’étaient encore jusque-là que des promesses. Ce n’est qu’après sa Résurrection que Jésus-Christ, voulant quitter cette terre et remonter aux cieux, lui ordonne de paître son troupeau, ses agneaux et ses brebis, c’est-à-dire, de gouverner avec autorité toute son Église. Alors seulement saint Pierre devient Chef de l’Église, Pasteur et Docteur de tous les chrétiens, qui sont le troupeau de Jésus-Christ ; alors seulement il peut commencer à exercer sa sublime fonction. – Cardinal Louis-Nazaire Bégin, La Primauté et l’infaillibilité des souverains pontifes, 1873, pp.65-66


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