Objection n°11 : On peut refuser librement les doctrines de Vatican 2 tout en reconnaissant les « papes » de Vatican 2

Objection n°11 : Quand bien même on admet que les papes de Vatican 2 ont enseigné l’hérésie lors du concile et dans leurs actes magistériels, on peut légitimement refuser d’obéir à ces enseignements tout en reconnaissant ces individus comme vrais papes, car leurs documents magistériels ne peuvent être considérés comme infaillibles et contraignants que si, selon notre propre jugement, rien de contraire à la foi et aux mœurs n’y est enseigné.

Réponse à l’objection : Il est une attitude très téméraire que de prétendre déterminer de son propre chef ce qui ressort ou non de l’infaillibilité pontificale contre tout ce qui a été enseigné traditionellement par l’Église à ce sujet. Et il serait encore pire d’affirmer que le magistère pourrait enseigner à la fois le faux et le vrai d’un acte pontifical à l’autre, ou même à l’intérieur du même document.


Preuve n°1 : Le pape ne peut jamais enseigner l’erreur ou l’hérésie contre la foi ou les mœurs dans ses actes pontificaux, dans tout son magistère, ordinaire ou extraordinaire, peu importe qu’il s’agisse de la proclamation d’un dogme, de la publication d’une encyclique ou de la canonisation d’un saint, ou de tout acte dépendant du premier et du second objet de l’infaillibilité.

On doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise par tradition, et que l’Église, soit dans un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel propose à croire comme vérité révélée. – Pape Pie IX, Concile de Vatican, Constitution Dei Filius

Sur cette fonction magistérielle le Christ a confié l’infaillibilité, avec en même temps le commandement d’enseigner Sa doctrine à tous.Pape Pie IX, Rappresentanti in terra

Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai. – Pape Léon XIII, Satis Cognitum

Le magistère de l’Eglise, établi ici-bas d’après le dessein de Dieu pour garder perpétuellement intact le dépôt des vérités révélées et en assurer la connaissance aux hommes s’exerce chaque jour par le Pontife Romain et les évêques en communion avec lui. Mais encore, toutes les fois qu’il est nécessaire pour s’opposer plus efficacement aux erreurs et aux attaques des hérétiques ou développer avec plus de clarté ou de détails certains points de la doctrine sacrée, afin de les faire mieux pénétrer dans l’esprit des fidèles, il comporte la mission de procéder par décrets à des définitions opportunes et solennelles. – Pape Pie XI, Mortalium animos

En effet, parmi les choses contenues dans les divins oracles, les unes se rapportent à Dieu, principe de la béatitude que nous espérons, et les autres à l’homme lui-même et aux moyens d’arriver à cette béatitude. Il appartient de droit divin à l’Église et, dans l’Église, au Pontife romain, de déterminer dans ces deux ordres ce qu’il faut croire et ce qu’il faut faire. Voilà pourquoi le Pontife doit pouvoir juger avec autorité de ce que renferme la parole de Dieu, décider quelles doctrines concordent avec elle et quelles doctrines y contredisent. De même, dans la sphère de la morale, c’est à lui de déterminer ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui est nécessaire d’accomplir et d’éviter si l’on veut parvenir au salut éternel ; autrement, il ne pourrait être ni l’interprète infaillible de la parole de Dieu, ni le guide sûr de la vie humaine. – Pape Léon XIII, Sapientiae Christianae, n°34

Et d’abord, elle appartient d’une manière suréminente à l’Église à deux titres d’ordre surnaturel, que Dieu lui a conférés à elle exclusivement, et qui sont pour ce motif absolument supérieurs à tout autre titre d’ordre naturel. Le premier titre se trouve dans la mission expresse et l’autorité suprême du magistère que son divin Fondateur lui a données : Toute puissance m’a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé; et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles. A ce magistère le Christ a conféré l’infaillibilité en même temps qu’il donnait à l’Église la mission d’enseigner sa doctrine. Il en résulte que celle-ci « a été établie par son divin Auteur comme la colonne et le fondement de la vérité pour enseigner à tous les hommes la foi divine, pour en conserver entier et inviolé le dépôt qui lui a été confié, pour conduire et conformer les hommes, leurs mutuelles relations et leurs actions, à l’honnêteté des mœurs et à l’intégrité de la vie selon la règle de la doctrine révélée ». Le second titre est la maternité surnaturelle par laquelle l’Église, Épouse immaculée du Christ, engendre, nourrit et élève les âmes dans la vie divine de la grâce par ses sacrements et son enseignement. C’est pourquoi saint Augustin affirme à bon droit que « celui-là n’aura pas Dieu pour Père qui aura refusé d’avoir l’Église pour Mère ». – Pape Pie XI, Divini Illius Magistri


Preuve n°2 : Affirmer qu’on ne devrait que suivre les enseignements qui nous semblent acceptables ou orthodoxes dans le magistère pontifical et rejeter ceux qui nous déplaisent, revient non seulement à supposer que l’Eglise, et donc le pape, pourraient nous tromper sur la foi et les mœurs, mais revient tout simplement à nier concrètement le dogme de l’infaillibilité du magistère de l’Eglise.

Le Pontife romain, lorsqu’il parle ex cathedra […] jouit, par l’assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. Si quelqu’un, ce qu’à Dieu ne plaise, avait la présomption de contredire notre définition, qu’il soit anathème. – Pape Pie IX, Constitution Pastor Aeternus, 1er Concile de Vatican

Que parmi vous, il n’y ai pas de place pour l’orgueil du « libre examen », qui relève de la mentalité hétérodoxe plus que de l’esprit catholique, et selon lequel les individus n’hésitent pas à peser au poids de leur jugement propre même ce qui vient du Siège Apostolique. – Pape Pie XII, Déclaration aux jésuites réunis en Congrès à Rome, 10 septembre 1958

Proposition condamnée : On peut, sans péché et sans préjudice de la profession de foi chrétienne, refuser son assentiment et son obéissance aux jugements et aux décrets du Siège Apostolique, dont l’objet avoué ne regarde que le bien général, les droits et la discipline de l’Eglise, pourvu qu’il n’atteigne ni la foi, ni les mœurs. – Pape Pie IX, Syllabus des erreurs modernes

Il s’agit en effet, vénérables frères et bien-aimés fils, d’accorder ou de refuser obéissance au siège apostolique; il s’agit de reconnaître sa suprême autorité même sur vos églises, et non seulement quant à la Foi, mais encore quant à la discipline: celui qui la nie est hérétique; celui qui la reconnaît et qui refuse opiniâtrement de lui obéir est digne d’anathème. – Pape Pie IX, Quae in Patriarchatu

Et Nous ne pouvons passer sous silence l’audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que : « Quant à ces jugements et à ces décrets du Siège Apostolique dont l’objet regarde manifestement le bien général de l’Église, ses droits et sa discipline, on peut, du moment qu’ils ne touchent pas aux dogmes relatifs à la foi et aux mœurs, leur refuser l’assentiment et l’obéissance, sans péché et sans cesser en rien de professer le catholicisme. » À quel point cela est contraire au dogme catholique sur le plein pouvoir, divinement conféré par le Christ Notre Seigneur lui-même au Pontife Romain, de paître, de régir et de gouverner l’Église universelle. – Pape Pie IX, Quanta Cura

Jésus-Christ a institué dans l’Église un magistère vivant, authentique et, de plus, perpétuel, qu’Il a investi de Sa propre autorité, revêtu de l’esprit de vérité, confirmé par des miracles… Toutes les fois donc que la parole de ce magistère déclare que telle ou telle vérité fait partie de l’ensemble de la doctrine divinement révélée, chacun doit croire avec certitude que cela est vrai ; car si cela pouvait en quelque manière être faux, il s’ensuivrait, ce qui est évidemment absurde, que Dieu Lui-même serait l’auteur de l’erreur des hommes. – Pape Léon XIII, Satis Cognitum

L’obéissance (au Magistère) doit être parfaite, parce qu’elle est exigée par la Foi elle-même, et elle a cela de commun avec la foi qu’elle ne peut pas être partielle. Pape Léon XIII, Sapientiae Christianae

Ils vont même, et non sans une sorte de plaisir mal dissimulé, jusqu’à proclamer hautement que le dogme – ils l’ont constaté – n’est pas exempt d’erreurs et de contradictions. Ils ajoutent aussitôt, il est vrai, que tout cela est non seulement excusable, mais encore – étrange chose, en vérité! – juste et légitime. Dans les Livres Sacrés, il y a maints endroits touchant à la science ou à l’histoire, où se constatent des erreurs manifestes. Pape Saint Pie X, Pascendi Dominicis Gregis, n°49

Ainsi, lorsque l’on aime le pape, il ne doit y avoir aucune discussion concernant ce qu’il ordonne ou exige, ni de discussion pour savoir jusqu’où l’obéissance doit aller ou sur quels points il doit être obéi. Lorsque l’on aime le pape, on ne déclare pas qu’il ne s’est pas exprimé de façon suffisamment claire, presque comme s’il devait être forcé de répéter à l’oreille de chacun la volonté clairement exprimée de si nombreuses fois, non seulement en personne, mais par des lettres et par d’autres actes publics. Lorsque l’on aime le pape, on ne met pas en doute ses ordres en y ajoutant le prétexte facile de ceux qui sont rétifs à obéir, selon lequel ce n’est pas le pape qui ordonne, mais ce sont ceux qui l’entourent. Lorsque l’on aime le pape, on ne limite par le champ dans lequel il peut et doit exercer son autorité, on n’érige pas au-dessus de l’autorité du pape, celle d’autres personnes, toutes instruites qu’elles soient, qui sont en désaccord avec le pape. Des personnes qui, toutes instruites qu’elles soient, ne sont nullement saintes, car celui qui est saint ne peut être en désaccord avec le pape. – Pape Saint Pie X, Adresse aux prêtres de l’Union Apostolique, 1912

Rien n’est plus impropre à un chrétien que de regarder l’Eglise, pourtant envoyée par Dieu pour enseigner et régir toutes les nations, comme médiocrement informée des choses présentes et de leurs aspects actuels, ou même jusqu’à n’accorder son assentiment et son obéissance qu’aux définitions plus solennelles dont nous avons parlé, comme si l’on pouvait prudemment penser que les autres définitions de l’Eglise sont entachées d’erreurs ou n’ont pas un fondement suffisant de vérité et d’honnêteté. – Pape Pie XI, Casti Connubi

Dieu a donné à son Église, en même temps que les sources sacrées, un magistère vivant pour éclairer et pour dégager ce qui n’est contenu qu’obscurément et comme implicitement dans le dépôt de la foi. Et ce dépôt, ce n’est ni à chaque fidèle, ni même aux théologiens que le Christ l’a confié pour en assurer l’interprétation authentique, mais au seul magistère de l’Église. – Pape Pie XII, Humani Generis

Le Pape ne peut pas errer quand il enseigne, lui seul, les vérités révélées par Dieu ; il est infaillible comme l’Église, lorsque, comme Pasteur et Maître de tous les chrétiens, il définit les doctrines touchant la foi ou les mœurs. – Catéchisme de Saint Pie X, 1912

L’infaillibilité du Pape fut définie par l’Église au Concile du Vatican, et si quelqu’un osait contredire cette définition, il serait hérétique et excommunié. – Ibid.

Je l’affirme avec assurance : ceux-là introduisent la peste et la ruine dans l’Église, qui nient que le Pontife Romain soit le successeur de Pierre quant à l’autorité en matière de foi et de doctrine, ou qui affirment que le suprême Pasteur de l’Église, quel qu’il soit d’ailleurs, peut errer dans ses jugements sur la foi. – Saint Alphonse de Liguori, Le suprême pontificat considéré dans sa nécessité, son autorité et son infaillibilité, cité in Père Jules Jacques, Du pape et du concile, p.146

Le pape est le Docteur et le Pasteur de toute l’Eglise. Ainsi, l’Eglise universelle est contraire de l’écouter et de le suivre de telle manière que si le pape tombait dans l’erreur, toute l’Eglise y tomberait aussi. Or, nos adversaires affirment que l’Eglise n’est tenue d’écouter le pape que s’il enseigne correctement, parce qu’il faut écouter Dieu davantage que les simples hommes. D’un autre côté, qui peut juger si le pape a enseigné correctement ou non ? Car, ce n’est pas à la brebis de juger si le pasteur s’égare, pas même et tout spécialement dans des matières qui demeurent vraiment douteuses. De même, la brebis chrétienne ne dispose pas d’un plus grand juge ou docteur auprès de qui elle pourrait trouver recours. Comme nous l’avons montré précédemment, tous, dans l’Eglise, peuvent recourir au pape, mais personne ne peut faire appel de lui. De là, toute l’Eglise tomberait dans l’erreur, si le pontife y tombait. – Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, Livre 4, Chapitre 3


Preuve n°3 : Comme vu à la preuve n°1, la Constitution Dei Filius du 1er Concile de Vatican, au chapitre 3, paragraphe 4, affirme explicitement : « on doit croire d’une foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans les saintes Écritures et dans la tradition, et tout ce qui est proposé par l’Église comme vérité divinement révélée, soit par un jugement solennel, soit par son magistère ordinaire et universel ». Les théologiens du 1er Concile de Vatican ont commenté avec précision ce passage. Leur commentaire réfute totalement l’objection.

Le paragraphe IV auquel nous sommes parvenus, dit beaucoup de choses en peu de mots. II détermine en effet les conditions qu’une vérité doit remplir pour appartenir à la foi catholique, et indique la double manière dont l’Église propose à notre foi les dogmes révélés. Elle le fait, ou bien par ses jugements solennels, ou bien par son magistère ordinaire et universel. Le Concile a tenu à déclarer ce qui doit être l’objet de notre foi à tous, fide catholica credenda, car il désirait porter un dernier coup à une erreur contemporaine déjà frappée par Pie IX et qui prétendait qu’on n’est obligé de croire que les vérités définies par un jugement solennel de l’Église…. du moment que nous savons que l’Église nous propose une vérité comme révélée, nous sommes sûrs que cette vérité est véritablement révélée et nous n’avons plus le droit de la mettre on doute, ni à plus forte raison de la nier. – Chanoine Jean-Michel-Alfred Vacant, Etudes théologiques sur les constitutions du Concile du Vatican, 1895, pp. 83-85

Ce paragraphe est dirigé contre ceux qui prétendent qu’on n’est tenu de croire, que ce qui a été défini par un Concile, et qu’on n’est pas obligé de croire également ce que l’Église enseignante dispersée prêche et enseigne d’un accord unanime comme divinement révélé. – Mgr. Simor, membre de la députation de la Foi, au 1er Concile de Vatican, cité in Chanoine Vacant, ibid., p. 87

Le Concile du Vatican range le magistère ordinaire, sur le même pied que les jugements solennels, sans faire aucune distinction entre les vérités qui en sont l’objet. – Chanoine Vacant, Ibid, p.120


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