[Saint-Office] Décrets de condamnation du père Léonard Feeney

Les feeneyistes tirent leur nom d’un prêtre hérétique américain, le Père Leonard Feeney, directeur du St. Benedict Center, dans le New Hampshire, dans les années 1940. Celui-ci niait le baptême de désir et le baptême de sang ainsi que l’ignorance invincible, des doctrines pourtant enseignées par le Magistère, par les pères, les docteurs et les théologiens catholiques de tout temps. Dans les années 1940, le Saint Siège lui a demandé de venir à Rome pour plaider sa cause, ce qu’il a refusé de faire. Il a par la suite été excommunié par le pape Pie XII en 1953 (et expulsé de la Compagnie de Jésus) après que ses doctrines eurent été déclarées hérétiques par un décret du Saint Office du 8 août 1949. Voici ci-dessous, les textes complets des décrets d’excommunication, par l’archevêché de Boston et par le Saint Office (vous pouvez trouver les textes originaux en anglais ici). Vous pouvez également en apprendre davantage sur l’hérésie feeneyiste et ses adeptes ici.

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Décret de l’archevêché de Boston suspendant Leonard Feeney et le St. Benedict Center

Le rév. Leonard Feeney, S.J., par grave offense contre les lois de l’Eglise catholique, a perdu le droit d’exercer toute fonction sacerdotale, y compris le prêche et l’enseignement de la religion. Tout catholique fréquentant le St. Benedict’s Center, ou prenant part ou assistant ses activités renonce au droit de recevoir le sacrement de pénitence et la Sainte Eucharistie.

Donné à Boston, le 18 avril 1949.

Mgr. Richard J. Cushing, archevêque de Boston, décret concernant Leonard Feeney, 18 avril 1949.

Lettre du Saint Office condamnant le feeneyisme (déni du baptême de désir)

Donné depuis le quartier général du Saint Office, 8 aout 1949, expliquant le vrai sens de la doctrine catholique selon laquelle il n’y a pas de salut hors de l’Eglise.

Votre Excellence,

La Suprême Sacrée Congrégation a suivi très attentivement le développement et le cours de la grave controverse suscitée par certains membres du « St. Benedict Center » et du « Boston College » concernant l’interprétation de cet axiome : « Hors de l’Eglise, pas de salut ».

Ayant examiné tous les documents nécessaires ou utiles à cette matière, parmi lesquelles les informations issues de votre chancellerie, de même que les appels et les rapports dans lesquels les membres du « St. Benedict Center » expliquent leurs opinions et leurs complaintes, ainsi que beaucoup d’autres documents utiles à cette controverse, officiellement saisie, la même Sacrée Congrégation est convaincue que la malheureuse controverse fut soulevée à cause du fait que l’axiome « Hors de l’Eglise, pas de Salut », n’était pas correctement comprise et pesée, et que la même controverse fut rendue plus profonde encore à cause de sérieux manquements disciplinaires suscités par le fait que certains membres des institutions susmentionnées refusèrent révérence et obéissance aux autorités légitimes. En conséquence de quoi, les éminentissimes et révérendissimes cardinaux de cette Suprême Congrégation, au cours d’une session plénière tenue le mercredi 27 juillet 1949, ont décrété, et l’auguste pontife lors d’une audience du jeudi suivant le 28 juillet 1949, daigna donner son approbation, que les explications suivantes concernant la doctrine, et également que les invitations et exhortations concernant la discipline soient rendues :

Nous sommes tenus par la foi divine et catholique de croire tout ce qui est contenu dans la Parole de Dieu, que ce soit la Sainte Ecriture ou la Tradition, et toutes choses que l’Eglise exige que soient crues comme divinement révélées, non seulement à travers les jugements solennels mais également à travers l’enseignement du magistère ordinaire et universel (Denzinger, n°1792). Ainsi, parmi ces choses que l’Eglise a toujours enseignées et ne cessera jamais d’enseigner, est également incluse cette définition infaillible qui nous enseigne qu’il n’y a pas de salut hors de l’Eglise. Néanmoins, ce dogme doit être compris dans le sens que l’Eglise lui donne. Car, ce n’est pas au jugement privé que Notre Sauveur a soumis l’explication de ces choses contenues dans le dépôt de la Foi, mais à l’autorité de l’enseignement de l’Eglise. Ainsi, en premier lieu, l’Eglise enseigne que cette matière relève d’un très strict commandement de Jésus-Christ. Car, Il a explicitement ordonné à Ses apôtres d’enseigner toutes les nations à observer toutes choses qu’Il a Lui-même ordonnées (Matt. 28 ;19-20).

Ainsi, parmi ces enseignements du Christ, n’occupe pas une moindre place celui par lequel nous sommes tenus d’être incorporés par le baptême dans le Corps Mystique du Christ, qui est l’Eglise, et de demeurer unis au Christ et à Son Vicaire, par lequel Lui-Même gouverne d’une manière visible l’Eglise sur terre. De ce fait, personne, ne sera pas sauvé celui qui, sachant l’Eglise divinement établie par le Christ, refuse néanmoins de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance due au Pontife Romain, le Vicaire de Christ sur Terre. Non seulement le Sauveur a ordonné que toutes les nations doivent intégrer l’Eglise, mais il a également décrété que l’Eglise était une voie de Salut sans laquelle personne ne peut entrer dans le royaume de la gloire éternelle. Dans Son Infinie Miséricorde, Dieu a voulu que les effets, nécessaires à quiconque veut être sauvé, de ces moyens de salut ordonnés aux fins dernières de l’homme, non par nécessité intrinsèque, mais seulement par institution divine, puissent également être obtenus dans certaines circonstances lorsque ces moyens sont désirés et souhaités. Ceci est clairement établi dans le Saint Concile de Trente, aussi bien en référence au sacrement de régénération et en référence au sacrement de pénitence (Denzinger, nn° 797, 807). Dans sa propre mesure, la même chose doit être dite de l’Eglise, dans la mesure où elle est la voie générale du salut. Ainsi, pour qu’untel puisse obtenir le salut éternel, il n’est pas toujours requis qu’il soit incorporé à l’Eglise comme membre effectif, mais il est au moins nécessaire qu’il lui soit uni par le désir et le souhait.

Néanmoins, ce désir n’a pas toujours besoin d’être explicite, comme c’est le cas chez les catéchumènes, car lorsqu’une personne est dans un cas d’ignorance invincible, Dieu accepte également un désir implicite, appelé ainsi car il implique la bonne disposition de l’âme désirant que sa volonté soit conformée à la volonté de Dieu. Ces choses sont clairement enseignées dans la lettre dogmatique publiée par le Souverain Pontife, le pape Pie XII, le 29 Juin 1943 (Du Corps Mystique de Jésus-Christ, AAS, volume 35, an. 1943, p.193 ff.). Car, dans cette lettre, le Souverain Pontife distingue clairement entre ceux qui sont effectivement incorporés dans l’Eglise en tant que membres, et ceux qui sont unis à l’Eglise seulement par le désir. A la fin de cette même lettre encyclique, en invitant très affectueusement à l’unité ceux qui n’appartiennent pas au corps de l’Eglise catholique, il mentionne ceux qui « sont liés au Corps Mystique du Rédempteur par un certain désir inconscient », et ceux-là, ils ne les exclut en aucune manière du salut éternel, mais dans le même temps, il affirme qu’ils se trouvent dans une condition « dans laquelle ils ne peuvent être certains de leur salut », car, « ils demeurent privés de ces grâces célestes et de ces moyens dont on ne peut bénéficier qu’en étant dans l’Eglise catholique » (AAS, 1.c, p.243). Par ces sages paroles, il réprouve à la fois ceux qui excluent du salut éternel, ceux qui sont unis à l’Eglise seulement par désir implicite, et ceux qui affirment faussement que les hommes peuvent être sauvés dans toute religion (cf. Pape Pie IX, Allocution, Singulari Quadam, in Denzinger, n°1641 ff. ; également Pape Pie IX, lettre encyclique, Quanto conficiamur moerore, in Denzinger, n°1677).

Mais on ne doit pas penser que tout type de désir d’entrer dans l’Eglise suffit à ce qu’untel soit sauvé. Il est nécessaire que le désir par lequel untel est relié à l’Eglise soit animé par une charité parfaite. De même, on ne doit pas penser qu’un désir implicite produit son effet, à moins qu’une personne ait la foi surnaturelle : « car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (Héb. 11-6). Le Concile de Trente déclare (Session 6, chapitre 8) : « La foi est le commencement du salut de l’homme, la fondation et la racine de toute justification, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu et de joindre la communauté de Ses enfants » (Denzinger, n°801). De ce qu’il vient d’être dit, il est évident que les éléments présentés dans le périodique « From the Housetops », fascicule 3, comme étant l’enseignement véritable de l’Eglise catholique, sont loin de l’être en réalité, et sont très dommageables aussi bien pour ceux qui sont dans l’Eglise, que pour ceux qui en sont hors. De ces déclarations doctrinales, s’ensuivent certaines conclusions qui touchent à la discipline et à la conduite, et qui ne peuvent être ignorées de ceux qui défendent vigoureusement la nécessité par laquelle nous sommes tenus d’appartenir à la vraie Eglise et à nous soumettre à l’autorité du Pontife Romain et aux évêques « que le Saint-Esprit a établis…pour gouverner l’Eglise » (Actes 20 ;28). De ce fait, on ne peut concevoir comment le St. Benedict Center peut prétendre être une école catholique et être tenue comme telle, et dans le même temps, ne pas se conformer aux prescriptions des canons 1381 et 1382 du Code de Droit Canon, et continuer à subsister comme une source de discorde et de rébellion contre l’autorité ecclésiastique, et comme une source de déstabilisation de tant de consciences. De plus, dépasse l’entendement, la manière dont un membre d’un institut religieux, à savoir le père Feeney, se présente comme un « défenseur de la foi », et dans le même temps, n’hésite pas à attaque l’instruction du catéchisme, proposée par les autorités légitimes, et n’a même pas craint d’encourir les graves peines prescrites par les saints canons, causées par ses graves violations de ses devoirs comme religieux, prêtre et membre ordinaire de l’Eglise.

Au final, il n’est pas sage qu’il soit toléré que certains catholiques s’arrogent le droit de publier un périodique dans le but de rependre des doctrines théologiques, sans la permission de l’autorité ecclésiastique compétente, nommée l’Imprimatur, laquelle est requise par les saints canons. Ainsi, qu’ils sachent, ceux qui, en grave péril, se sont rangés contre l’Eglise, et qu’ils gardent sérieusement à l’esprit qu’après que « Rome ait parlé », ils ne pourront plus être excusés même pour des raisons de bonne foi. Certainement, plus important est leur lien et leur devoir d’obéissance envers l’Eglise que ceux qui ne sont qu’encore liés à l’Eglise « que par un désir inconscient ». Qu’ils réalisent qu’ils sont des enfants de l’Eglise, nourris avec amour par le lait de sa doctrine et de ses sacrements, et que par conséquent, ayant entendu la voix nette de leur Mère, ils ne peuvent être excusés d’une ignorance coupable, et par conséquent, s’applique à eux, sans restriction, ce principe : la soumission à l’Eglise catholique et au Souverain Pontife est nécessaire pour le salut.

En envoyant cette lettre, je déclare ma profonde estime, et demeure très dévoué à Votre Excellence,

Saint Office, Cardinal Marchetti-Selvaggiani, A . Ottaviani, assesseur, 8 aout 1949. (Cette lettre du Saint Office est introduite par la lettre du révérendissime archevêque de Boston).

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Cardinal Francesco Marchetti Selvaggiani (1871-1951)

Pie XII, Décret excommuniant Leonard Feeney, 13 février 1953

Avant son excommunication, Leonard Feeney reçut l’injonction de se présenter devant le Saint Office, auprès du Cardinal Pizzaro, le 22 novembre 1952. Le Saint Office a été contrait, de façon répétée, de porter une attention spéciale à vos doctrines et à votre conduite à l’égard de l’Eglise, et dernièrement, après avoir attentivement examiné et comparé tous les éléments recueillis dans votre cas, il a été jugé nécessaire de conduire cette question vers sa conclusion.

Decret – Le prêtre Leonard Feeney est déclaré excommunié

Puisque le prêtre Leonard Feeney, résident de Boston (St.Benedict Center), qui depuis longtemps a été suspendu a divinis pour grave désobéissance envers l’autorité de l’Eglise, et malgré des avertissements et menaces répétées d’excommunication ipso facto, n’est pas revenu à la raison, les Très éminents et révérendissimes pères, chargés de la sauvegarde des matières de foi et de morale, ont, au cours d’une session plénière tenue le mercredi 4 février 1953, déclaré Leonard Feeney excommunié par tout effet législatif. Le jeudi 12 février 1953, notre très saint père Pie XII, pape par la providence divine, a approuvé et confirmé le décret des éminentissimes pères, et ordonné qu’il en soit fait une matière de droit public.

Donné à Rome, aux quartiers-généraux du Saint Office, le 13 février 1953.

Marius Crovini, Notaire.

AAS (16 février, 1953), volume 45, page 100.

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