[Vatican 2] François tacle astucieusement la « résistance » des faux-tradis et conservateurs

Les résistances apparues après Vatican 2, et toujours présentes aujourd’hui, ont le but suivant : de relativiser, de diluer, d’atténuer [l’enseignement du concile Vatican 2, ndlr]. Je suis encore plus navré lorsque certaines personnes se portent signataires de pétitions en faveur de ces résistances. Je ne peux donc pas nier qu’il y ait des résistances, je les vois et je les connais. Ce sont en l’occurrence des résistances doctrinales. Mais pour ma santé mentale, je ne lis pas les sites internet de cette soi-disant « résistance ». Je sais qui ils sont, je connais leurs groupes, mais je ne les lis pas tout simplement pour préserver ma santé mentale. S’il y avait quelque chose de vraiment sérieux, je serai informé de cela. Ces choses sont regrettables, mais nous devons aller de l’avant. Quand je perçois de la résistance, j’essaye de parler, si le dialogue est possible ; mais certaines résistances viennent de gens qui croient avoir la vraie doctrine et qui vous accusent d’être hérétique. Lorsque je ne trouve aucune bonté spirituelle chez ces personnes, dans ce qu’ils disent ou écrivent, je prie simplement pour eux. J’en suis navré, mais je ne veux pas m’accabler de ce sentiment, pour le bien de ma santé mentale.

Dans une entrevue, parue cette semaine dans le Corriere della Serra, et à paraître dans la version moderniste de la Civitta Catholica, François évoque, entre autres sujets, certains groupes qui lui opposent -à lui ou aux enseignements de Vatican 2- des résistances, notamment sur des points doctrinaux. Quoique nous pensions de l’antipape argentin, il faut lui reconnaître une certaine finesse d’esprit ou en tout cas, un sens de l’humour certain. Et pour une fois, nous devons ici prendre la défense des arguments de François, surtout lorsqu’il dit : « certaines résistances viennent de gens qui croient avoir la vraie doctrine et qui vous accusent d’être hérétique. »

En effet, il est clair que les résistances qu’évoque François concernent au moins deux groupes :

  • les néo-conservateurs et autres « tradis » de tendance Burke, FSSP et consors, qui ont pris la tête de l’affaire de la pétition contre Amoris Laetitia.
  • Et d’autre part, les « intégristes » de la FSSPX ou des autres groupes lefebvristes plus ou moins « durs » et critiques vis-à-vis de tout ou partie de l’enseignement moderniste.

De façon amusante, il est probable que François ait dénoncé ici surtout les néo-conservateurs conciliaires engagés dans la bataille –perdue d’avance- de la fameuse Dubia des cardinaux modernistes opposés à Amoris Laetitia.

En réalité, qu’il s’agisse des « résistances » des néo-conservateurs modernistes, ou bien qu’il s’agisse des « résistances » des divers groupes lefebvristes ou semi-traditionnalistes qui tiennent ouvertement François ou Vatican 2 comme sources d’hérésies, il faut admettre que la position de François est beaucoup plus défendable que celle de ses opposants !

En effet, ces quatre cardinaux avec leur pétition médiatisée, ont eu l’audace de dénoncer les hérésies évidentes qui se trouvaient dans le document Amoris Laetitia. Certes, comme nous l’avons vu, il est déjà arrivé par le passé que des évêques critiquassent fermement l’erreur publique d’un pape, comme ce fut le cas de Jean XXII, qui renia finalement son erreur sur la vision béatifique à la fin de sa vie.

Mais dans ce cas-là, l’intervention des néo-conservateurs ne pouvait être qu’une mascarade ridicule, dans la mesure où les hérésies d’Amoris Laetitia concernant l’accès aux sacrements étaient déjà enseignées chez des antipapes précédents ou dans les documents de Vatican 2 eux-mêmes, qui regorgent par ailleurs de bien d’autres hérésies contre lesquels ces partisans de l’herméneutique de la continuité n’ont jamais rien dit de sérieux. Le « cardinal » Burke, qui n’est ni cardinal, ni prêtre (il a été ordonné dans le rite invalide du novus ordo par Paul VI lui-même en 1969), est souvent considéré comme un critique sans reproche de l’islam –surtout pour des motifs politiques à vrai dire- mais on ne l’a jamais entendu donner une explication sérieuse pour les passages extrêmement hérétiques du point 16 de la « constitution dogmatique » Lumen Gentium.

Or, François a non seulement réaffirmé plusieurs fois le sens effectivement hérétique des passages litigieux d’Amoris Laetitia, mais a également confirmé que cette « exhortation apostolique » devait être considérée comme partie du « magistère authentique », c’est-à-dire comme un enseignement infaillible, si toutefois François avait été un vrai pape, et ses enseignements réellement catholiques. C’est d’ailleurs l’argument souvent présenté par les néo-conservateurs modernistes ou les semi-traditionnalistes lefebvristes, lesquels justifient souvent leur complète désobéissance à celui qu’ils tiennent comme pape en arguant du fait que les documents du concile Vatican 2 ne seraient pas infaillibles, pas plus que les encycliques ou lettres comme celle d’Amoris Laetitia. Mais chacun sait que le pape Léon XIII a enseigné tout le contraire :

Telle a été toujours la coutume de l’Eglise, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la communion catholique et hors de l’Eglise quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique. – Satis Cognitum, n°9

En ce qui concerne les groupes lefebvristes, plus ou moins opposés au « ralliérisme », la phrase de François où sont évoquées « certaines résistances viennent de gens qui croient avoir la vraie doctrine et qui vous accusent d’être hérétique », semble être également très adaptée à ces mouvances. Cette seule phrase illustre l’incohérence doctrine bornée de ces groupes qui tiennent François et ses prédécesseurs de la secte, comme de vrais papes de l’Eglise catholique, tout en refusant, en critiquant et en qualifiant d’hérétique pratiquement tout ce que ces papes ont pu enseigner depuis le concile de Vatican 2 –doctrines, disciplines et sacrements- tout en persistant néanmoins à se positionner en champions de la foi, à qui il incomberait de convertir ces papes et ces prélats romains hérétiques, membres tantôt de l’Eglise catholique, quand ils n’enseignent rien de critiquable, membres tantôt de « l’Eglise conciliaire » lorsque leurs enseignements ne conviennent pas au traditionalisme de plus en plus esthétique de ces groupes.

Tout ceci bien sûr au mépris des lois de l’Eglise, qui attestent infailliblement que les hérétiques publics, en particulier les prélats, fussent-ils des soi-disant papes, ne pouvaient en aucune manière être considérés comme membres et encore moins responsables dans l’Eglise. Une autre phrase relativement sensationnelle est celle-ci : « Lorsque je ne trouve aucune bonté spirituelle chez ces personnes, dans ce qu’ils disent ou écrivent, je prie simplement pour eux. » Là encore, il est bon de savoir que François trouve manifestement plus de bonté spirituelle chez ces amis talmudistes ou protestants, que chez ces groupes semi-traditionalistes qui, malgré leurs positions illogiques et non-catholiques, sont quand même attachés à quelques essentiels de la doctrine de l’Eglise. Que de paradoxes soulevés par ce passage de l’entrevue de François, « pape » de groupes traditionalistes qui, tout en le tenant comme le plus grand hérétique public du moment, se tiennent néanmoins en communion avec lui et le citent tous les jours au canon de leur messe, « priant pour sa conversion » (sic).

Tel est l’état des choses dans la secte conciliaire et dans la diversité de ses mouvances, même les plus réfractaires. Finalement, ces groupes traditionalistes ne se rendent même plus compte qu’ils participent à leur façon au grand œcuménisme conciliaire.

 

 

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