Bienheureux Claude de la Colombière, prédicateur et apôtre du Sacré-Cœur au 17e siècle

Né le 2 février 1641 à Paray-le-Monial, Claude est né dans une famille de fervents catholiques. Son père, Bertrand, était notaire royal à Saint-Symphorien et sa mère, Marguerite, élève ses six enfants dans la sainte religion. Quatre d’entre eux entreront plus tard dans la vie religieuse, dont Claude et son frère Joseph, qui deviendra vicaire général au Canada. Après des études au collège de la Sainte Trinité de Lyon, Claude entre le 25 octobre 1658 au noviciat des Jésuites à Avignon, bien qu’il témoigne avoir éprouvé une crainte terrible de la vie qu’il allait embrasser. Se doutait-il seulement du degré de sainteté qu’il allait connaitre le restant de ses jours ?

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Le pas suprême à franchir, c’est de se détacher de soi-même, de ne chercher que Dieu dans Dieu même, non seulement de ne rechercher dans la sainteté nul intérêt temporel, ce qui serait une imperfection grossière, mais de n’y chercher pas même nos intérêts spirituels, de n’y chercher que le pur intérêt de Dieu.  – Bx. Claude de la Colombière

En 1666, il part à Paris étudier la théologie au collège de Clermont, où il est également précepteur des enfants du contrôleur général Colbert. Ses études achevées, il est ordonné et affecté à l’enseignement dans son ancien collège lyonnais. Malgré les appréhensions de ses débuts, le père Claude de la Colombière s’avère être un infatigable prédicateur, réputé pour la clarté de ses sermons.

N’avez-vous jamais reçu nulle faveur du Bon Dieu? L’en avez-vous remercié comme il faut, avec sentiment, avec tendresse? Prenez garde, que faute de reconnaissance, vous ne tarissiez les bienfaits de Dieu à votre égard, et que vous les détourniez de dessus de vous. Il est étrange que nous soyons environnés, chargés, accablés des faveurs du Bon Dieu, que depuis le premier moment de notre vie jusqu’aujourd’hui il nous ait aimés, il nous ait conservés, il nous ait portés dans ses bras, et que nous ne l’ayions jamais remercié comme il faut.

Il entretient également une stricte observance de la règle de son ordre, ce qui frappe ses contemporains. A cette époque, il écrit :

Mon Dieu, je veux me faire saint entre vous et moi… La pensée que Dieu m’a fait tout pour lui… me met dans une grande liberté et dans une grande indépendance qui produit un grand repos dans mon cœur et un grand désir de me consumer pour son service. C’est quelque chose de si grand et de si précieux que la sainteté, qu’on ne saurait l’acheter trop chèrement… C’est donc avec l’agrément de mon directeur que je me suis tout de bon donné à Vous, ô mon Dieu! Que vos miséricordes sont grandes envers moi, Dieu de Majesté! Hé! qui suis-je que vous daigniez agréer le sacrifice de mon cœur?… Il sera donc tout à vous… Soyez donc, aimable Jésus, mon père, mon ami, mon maître, mon tout. Puisque vous voulez bien être content de mon cœur, serait-il pas déraisonnable s’il n’était pas content du vôtre. Il faut être saint pour faire des saints… La sanctification d’une âme est une œuvre de grâce, une œuvre de gratuité, aussi bien pour l’âme que Dieu sanctifie que pour l’apôtre par qui Dieu sanctifie cette âme… Un homme qui est appelé à la conversion des hommes a besoin de grandes vertus, et surtout d’une grande humilité et d’une obéissance admirable… Il est vrai, et je le comprends, l’humilité doit être grande dans un homme apostolique, et la crainte de n’en avoir pas assez me tiendra, ce me semble, toute ma vie dans une grande frayeur…  Pour faire beaucoup pour Dieu,  il faut être tout à Lui.

En 1674, il est nommé supérieur des jésuites de Paray-le-Monial et devient le directeur spirituel de Sainte Marguerite-Marie Alacoque avec qui il partage une profonde dévotion au Cœur Sacré de Jésus-Christ et une longue relation épistolaire d’une grande profondeur mystique. Il écrit ainsi à la Mère de Saumaise, la supérieure de Soeur Marguerite-Marie :

J’ai reçu, il y a quelques mois, une lettre de la Sœur Alacoque, pleine de l’esprit de Dieu. Elle me dit plusieurs choses extraordinaires et me parle d’une personne que je lui avais recommandée en passant, d’une manière qui fait bien voir qu’elle a des connaissances fort particulières. À mon égard, elle m’ordonne, de la part de son cher Maître, de ne plus songer au passé, de ne faire nul projet pour l’avenir et, pour le présent, de prendre soin d’un malade que Dieu a confié à mes soins pour me donner lieu d’exercer la charité et la patience, ajoutant que le malade est moi-même et que je dois, sans scrupule, faire ce que je pourrai pour me rétablir; et je le fais aveuglément. – Lettres de Claude la Colombière publiées par Desclée de Brouwer – Bellarmin  page 144

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Deux ans plus tard, il est envoyé en Angleterre comme prédicateur auprès de la princesse catholique Marie-Béatrice, mariée deux ans plus tôt à l’héritier et futur roi Jacques II Stuart, lui-même converti au catholicisme. Toutefois, ces années troubles que traverse l’Angleterre vont profondément affecter le brave prédicateur jésuite. Il confie dans ses écrits :

Dans ces pays où l’on se fait un point d’honneur de douter de votre présence réelle dans cet auguste Sacrement, je sens beaucoup de consolation à faire, plusieurs fois le jour, des actes de foi touchant la réalité de votre corps adorable sous les espèces du pain et du vin. Mon cœur se dilate toutes les fois que je m’attache à faire des actes de foi touchant les vérités que l’Église romaine… enseigne. Mon cœur, dis-je, en pareilles occasions, s’épanche et ressent des douceurs que je puis goûter et recevoir de la miséricorde de mon Dieu, sans les pouvoir expliquer. Vous êtes bien bon, mon Dieu, de vous communiquer avec tant de bonté à la plus ingrate de vos créatures et au plus indigne de vos serviteurs. Soyez-en loué et béni éternellement! – Écrits spirituels de Claude La Colombière,  édités par Desclée de Brouwer Bellarmin, page 164

Bien qu’il se soit attaché à son œuvre de prédication avec une grande ardeur, il tombe régulièrement malade et pire, encore, il est injustement jeté en prison en 1678 lors de l’affaire du faux complot « papiste », fomenté par le protestant Titus Oates et visant à empêcher la montée sur le trône d’un roi catholique comme Jacques (ce dernier fera condamner Oates après son couronnement en 1685). Curieusement, peu avant d’être nommé à Paray-le-Monial en 1674, le père Claude écrivait :

Il me semblait me voir couvert de fers et de chaînes, et traîné dans une prison… parce que j’avais prêché Jésus crucifié… Est-ce que je dois mourir par la main d’un bourreau? Dois-je être déshonoré par quelque calomnie? Ici, tout mon corps frissonne et je me sens comme saisi d’horreur… Dieu me jugerait-il digne de souffrir quelque chose d’éclatant pour sa gloire? Je n’y vois point d’apparence… Je sens, je ne sais si je me trompe, mais il me semble que Dieu me prépare des maux à souffrir.

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Marie de Modène, duchesse d’York, reine catholique d’Angleterre de 1685 à 1688.

Protégé par le duc et la duchesse d’York,le père Claude est finalement relâché, mais expulsé du pays. Il passa alors les deux dernières années de sa vie à Lyon, où il est le directeur spirituel des jeunes novices. Il meurt le 15 février 1682 à Paray le Monial, où ses reliques sont conservées dans la chapelle de la Colombière. Il est béatifié le 16 juin 1929 par le pape Pie XI, son postulateur fut le père jésuite Vincent Drevon. Il est fêté le 15 février.

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« Saint Hippolyte, martyr, rapporté par Saint Jérôme, décrivant ce qui arrivera en ces derniers temps, dit que les églises seront dans un deuil extrême parce qu’il ne s’y fera point de sacrifice. On n’aura nulle part, ni le Corps, ni le Sang de Jésus-Christ; la messe sera abolie, et ce sera pour lors que le monde finira et qu’il sera jugé. Mais tant que cet Agneau innocent sera immolé sur nos autels, cela ne saurait arriver. » – Bienheureux Claude de la Colombière

Son œuvre littéraire comprend :

  • Sermons (3 volumes), Lyon, 1684.
  • Réflexions chrétiennes, Lyon, 1684.
  • Retraite spirituelle, Lyon, 1684.
  • Lettres spirituelles, Lyon, 1715.

Des compilations de ses œuvres ont été publiées :

  • Œuvres du R. P. Claude de la Colombière, Avignon, 1832 ; Paris, 1864.
  • Œuvres complètes (6 volumes, Grenoble, 1900-1902.
  • Écrits spirituels, edités par André Ravier, Collection ‘Christus’, Paris, 1962.

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