[Apologétique] La nature subtile des erreurs de Vatican 2

[Les anciens docteurs de l’Eglise] connaissaient la capacité des novateurs dans l’art de tromper : pour ne pas offusquer les oreilles catholiques, ils cherchent à masquer les entrelacs de leurs tortueuses manœuvres par des manières de parler trompeuses, de sorte que, par le choix des termes, l’erreur s’inscrive de façon plus douce dans les âmes, et que la vérité une fois corrompue par de légers changements ou additions, la confession de la foi qui opérait le salut, conduise par un détour subtil à la mort. Cette manière de procéder, camouflée et mensongère, est vicieuse dans quelque mode d’expression que ce soit. A plus forte raison est-il impossible de la tolérer dans un synode dont la gloire principale consiste précisément à enseigner avec limpidité la vérité, en excluant tout danger d’erreur. En outre, s’il y a là un péché, on ne saurait l’excuser, comme on le voit faire, sous le fallacieux prétexte que les affirmations d’un passage apparaissant choquantes sont développées à d’autres moments de manière orthodoxe, et même se retrouvent à d’autres occasions dûment corrigées ; comme si précisément, cette possibilité d’affirmer et de nier, ou de mettre au goût de chacun – ce qui fut toujours la frauduleuse astuce des novateurs pour consolider l’erreur – avait une efficacité non seulement pour promouvoir l’erreur, mais aussi pour l’excuser. Ou bien, comme si, surtout pour les simples fidèles qui éventuellement connaîtraient telle ou telle partie des conclusions exposées pour tous en langue vulgaire, il y avait toujours obligation urgente à présenter les autres passages. Ou encore, comme si ces mêmes fidèles avaient, en les examinant, la capacité suffisante de juger par eux-mêmes, écartant toute confusion et évitant tout péril d’erreur.

Jean-Paul II, Encyclique sur les préoccupations sociales, n° 47, 30 décembre 1987 : «… les musulmans qui, comme nous, croient dans le Dieu juste et miséricordieux. » Jean-Paul II, Homélie, le 13 octobre 1989 : « … les adeptes de l’islam . qui croient dans le même Dieu bon et juste. » Jean-Paul II, Homélie du 28 janvier 1990 : «… nos frères et sœurs musulmans … qui adorent comme nous le faisons le Dieu unique, miséricordieux. » Jean-Paul II, Audience générale, le 16 mai 2001 : «… les croyants de l’Islam, à qui nous sommes unis par l’adoration du Dieu unique. » Jean-Paul II, Audience générale, le 5 mai 1999 : « Aujourd’hui, je tiens à répéter ce que j’ai dit aux jeunes musulmans il y a quelques années à Casablanca : Nous croyons au même Dieu … »

Un artifice très blâmable pour l’insinuation de l’erreur doctrinale est celui qu’a déjà dénoncé notre prédécesseur saint Célestin, en le découvrant dans les écrits de Nestorius, évêque de Constantinople, et qu’il mît en évidence pour le réprouver avec plus de sévérité. Ses textes une fois examinés avec soin, cet imposteur fut surpris et confondu, tandis qu’il se débattait dans un flot de paroles, mêlant des choses vraies avec d’autres obscures confondant à l’occasion l’une et l’autre, de sorte qu’il pouvait aussi bien confesser des choses niées et posséder une base pour nier les sentences confessées. Pour mettre à jour de telles embûches, renouvelées avec une certaine fréquence à toutes les époques, il n’y a pas d’autre voie que celle-ci : quand il s’agit de rendre visibles les sentences, qui sous un voile d’ambiguïté renferment une erreur de sens suspecte ou dangereuse, il faut dénoncer la signification perverse sous laquelle se camoufle l’erreur opposé à la vérité catholique.

Pape Pie VI – Bulle Auctorem Fidei, introduction, 18 août 1794

C’est le devoir des Autorités civiles dans tout pays démocratique de garantir la liberté effective de tous les croyants et de leur permettre d’organiser librement la vie de leur communauté religieuse. Je souhaite bien sûr que les croyants, à quelque communauté religieuse qu’ils appartiennent, puissent toujours bénéficier de ces droits, certain que la liberté religieuse est une expression fondamentale de la liberté humaine et que la présence active des religions dans la société est un facteur de progrès et d’enrichissement pour tous. – Benoit XVI, Discours au corps diplomatique auprès la république de Turquie, 28 novembre 2006

 

Texte complet en français.

Texte complet de l’introduction en anglais.


Commentaire : 

Pour mieux comprendre la portée gigantesque de cette somme d’orthodoxie qu’est la bulle Auctorem Fidei, considérons un exemple simple parmi les documents de Vatican 2. Les catholiques traditionalistes affirment que les « papes » de Vatican 2 y ont enseigné des hérésies, tandis que les adeptes de la contre-église du novus ordo, affirment qu’il ne se trouve pas d’erreurs dans ces documents, mais au pire, quelques passages ambigus qu’il conviendrait de lire « à la lumière de la tradition » de l’Eglise catholique. C’est entendu. Le document Vatican 2 Unitatis redintegratio au point 3 affirme que :

…ces Églises et communautés séparées en tant que telles, bien que nous croyons qu’elles soient déficientes à certains égards, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. Car l’Esprit du Christ ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut dont l’efficacité vient de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique.

Dans un tel cas, de quelle entité procède la plénitude de grâce et de vérité ? Des sectes et des schismatiques hors de la communion avec l’Eglise? Ou bien de la seule Église catholique comme on le lit avec Saint Pie X dans Editae Saepe, dans Cantate Domino et dans n’importe quel texte du Magistère ?

L’Église seule possède avec son magistère le pouvoir de gouverner et de sanctifier la société humaine. Grâce à ses ministres et serviteurs (chacun dans sa propre place et fonction), elle confère à l’humanité les moyens de salut appropriés et nécessaires. – Pape saint Pie X, Editae Saepe, n° 29, 26 mai 1910

Peut-on prétendre demeurer sans intelligence devant cette question ou faut-il recourir à une méthode herméneutique qui ne saurait être celle de la théologie chrétienne, mais plutôt celle de la dialectique hégélienne ? Face aux « ambiguïtés » des hérésies de Vatican 2, les modernistes, les conservateurs en particulier, ont inventé une méthode herméneutique libérale et donc erronée pour palier à ces questions. Mais dissimuler un problème pour satisfaire sa conscience n’a certainement pas pour effet de le résoudre. C’est pourquoi, condamnant radicalement les évêques fébronianistes et joséphistes du synode de Pistoïe, soumis à l’esprit du monde et en rébellion contre l’Eglise, le pape Pie VI dans Auctorem Fidei enseignait :

Pour mettre à jour de telles embûches, renouvelées avec une certaine fréquence à toutes les époques, il n’y a pas d’autre voie que celle-ci : quand il s’agit de rendre visibles les sentences, qui sous un voile d’ambiguïté renferment une erreur de sens suspecte ou dangereuse, il faut dénoncer la signification perverse sous laquelle se camoufle l’erreur opposée à la vérité catholique.

Les hérésies subtiles se traduisent donc en « sentences, qui sous un voile d’ambiguïté renferment une erreur de sens suspecte ou dangereuse ».

Rien n’est plus dangereux que ces hérétiques qui, conservant en tout le reste l’intégrité de la doctrine, par un seul mot, comme une goutte de venin, corrompent la pureté et la simplicité de la foi. – Léon XIII Satis Cognitum, n°9

Quoi de plus réel que la pure doctrine catholique ? Quoi de plus ambigu, de plus suspect et de dangereux que les doctrines de Vatican 2 et des chefs modernistes ? Surtout qu’ils ont tous exposé leur for interne en mettant en pratique leur apostasie de la foi dans leurs actes publics et externes (communion et prières avec des non-chrétiens par ex.) et surtout dans leurs actes « magistériels » (de ce point de vue ils sont en effet en continuité avec leur tradition moderniste et « pensent avec leur église » moderniste). Voici ce qu’enseigne le Code Canonique de 1917 :

2200 – p.1 Le dol est ici la volonté délibérée de violer la loi, et on lui oppose, du coté de l’intelligence, le défaut de connaissance, et du coté de la volonté, le défaut de liberté.
p.2 La violation extérieure de la loi étant posée, le dol est présumé au for externe jusqu’à preuve du contraire.

2202 – p.1 La violation d’une loi ignorée n’est aucunement imputable si l’ignorance n’est pas coupable; dans le cas contraire, l’imputabilité est plus ou moins atténuée suivant le degré de culpabilité de l’ignorance.
p.2 L’ignorance de la peine seule ne supprime pas l’imputabilité du délit, mais la diminue en quelque mesure.
p.3 Ce qui est dit de l’ignorance s’applique aussi à l’inadvertance et à l’erreur.

CC 1917, Titre 2 – Imputabilité du délit – Circonstances aggravantes ou atténuantes – Effets juridiques

Non seulement les « papes » de Vatican II ont, réunis, fait des centaines de déclarations contraires au dogme révélé et défini, mais ils se sont aussi explicitement déclarés en communion avec des schismatiques et des hérétiques. Est-ce qu’on peut sérieusement affirmer que des titulaires de diplômes de théologie tels que Jean-Paul II ou des anciens préfets de la « congrégation de la doctrine de la foi » tels que Benoit XVI se trouvaient dans un cas d’ignorance involontaire ou même d’inadvertance ? Certains sophistes et certains idéologues l’ont affirmé sans rire. Lisons encore le commentaire ad hoc du Père Eric F. Mackenzie sur le canon 2200 :

Le seul fait de commettre tout acte signifiant l’hérésie, p. ex., la déclaration d’une doctrine contraire ou contradictoire à un dogme révélé et défini, constitue un motif suffisant pour la présomption juridique d’une déviation hérétique… Les circonstances atténuantes doivent être prouvées au for externe, et la charge de la preuve incombe à la personne dont l’action a donné lieu à l’accusation d’hérésie. En absence d’une telle preuve, les excuses en question sont présumées inexistantes. – The Delict of Heresy, 1932, p. 35.Cf. Canon 2200.2

On ne peut pas ignorer la Foi de l’Épouse sans ignorer l’Époux et la subtilité plus ou moins efficace de l’hérésie ne peut en aucune façon justifier l’assentiment ou l’ignorance volontaire. Gloire à Dieu, car telle est la pureté indéfectible de la Sainte Épouse de Notre Seigneur :

Si quelqu’un dit, qu’il pourrait se faire que, selon le progrès de la science, on pourrait attribuer aux dogmes proposés par l’Eglise un autre sens que celui que l’Eglise lui donne et lui a donné, qu’il soit anathème. –  Pape Pie IX, Concile Vatican I, 3e session, Constitution dogmatique Dei Filium, Canons sur la foi catholique, IV, de la Foi et de la Raison.

Rappelons aussi que le pape Pie VI, d’auguste mémoire, précise encore ceci dans Auctorem Fidei, à la 47e proposition condamnée :

De même, la proposition qui enseigne qu’il est nécessaire, selon les lois naturelles et divines, soit pour l’excommunication ou pour la suspension, qu’un examen personnel doit précéder, et que, par conséquent, les peines appelées «ipso facto» n’ont aucune autre force que celle d’une menace sérieuse sans effet réel. – Condamnée comme fausse, téméraire, pernicieuse, nuisible à la puissance de l’Église, erronée. – Pape Pie VI, Auctorem Fidei, 12, propos 47eme

8 réflexions sur “[Apologétique] La nature subtile des erreurs de Vatican 2

  1. Bonjour,

    Pour pour presque tous les clercs néo-catholiques post-conciliaires,

    – presque tout ce qui est consensuel est légitime, même quand cela découle d’un Magistère imprécis et incomplet, et même quand cela débouche sur une pastorale imprudente et insipiente (au sens de : déraisonnable, manquant de sagesse),

    et

    – presque tout ce qui est porteur de dissensus, ou propice au dissensus, est moins légitime, voire n’est pas légitime du tout, même quand cela émane de l’Ecriture, de la Tradition, du Magistère catholique ante-conciliaire, et même, parfois, de telle partie du Magistère chronologiquement post-conciliaire qui n’est pas, ou qui est peu programmatiquement post-conciliaire.

    Une grande partie de ce que vous appelez « la nature subtile des erreurs de Vatican II » provient de cet esprit de système, dont on peut dire qu’il est aussi utile pour la manipulation des fidèles que pour la neutralisation des arguments des opposants.

    Une autre grande partie de la nature subtile des erreurs de Vatican II découle d’un ensemble d’erreurs d’appréciation, toutes placées sous le double signe du maximum de bienveillance et du minimum de vigilance, en ce qui concerne l’environnement extérieur de l’Eglise catholique : les confessions chrétiennes non catholiques, les religions non chrétiennes, l’humanisme agnostique, et pour ce qui a trait aux conceptions dominantes de l’homme et du monde contemporains.

    A cause de ces erreurs d’appréciation, qui sautent littéralement aux yeux, quand on lit telle chronique ou histoire du déroulement réel des sessions du Concile, nous ne sommes peut-être pas en présence d’un Concile hérétique, mais nous sommes sûrement en présence d’un Concile iréniste, « iréniste et fier de l’être », comme on le voit dans le discours de Jean XXIII en date du 11 octobre 1962 et dans celui de Paul VI en date du 8 décembre 1965.

    Bonne journée.

    Un lecteur.

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