Climat de terreur au Mali, des chrétiens assassinés

Alors que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest envisage une action militaire contre les rebelles au Mali (Cedeao), la politique de terreur des islamistes bat son plein. Le pays est coupé en deux et, dans le nord soumis à la charia, les exactions contre les chrétiens ont déjà commencé. Parmi les divers actes de persécution, une missionnaire a été enlevée et un responsable chrétien aurait été décapité.

La charia : entre sécurité et terreur

Après être entré dans les capitales des trois provinces du nord, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) a déclaré avoir atteint ses objectifs le 1er avril dernier. Le cessez-le-feu a donc été proclamé par les rebelles assistés des salafistes d’Ansar Dine, renforcés par une centaine de membres de Boko Haram, la secte islamiste qui terrorise les chrétiens et l’Etat du Nigéria. Les Maliens sont victimes des exactions des rebelles touaregs auteurs de viols et autres abus, et des témoignages existent de lynchages des coupables par leurs associés d’Ansar Dine, décidés à faire régner l’ordre. Un bus attaqué par des membres du MNLA décidés à le piller a vu surgir des islamistes qui ont égorgé l’un des Touaregs aux cris de « Allahu Akbar ». Cependant, si ce volet protecteur de la présence des islamistes est à prendre en compte, il fait partie d’un ensemble idéologique plus vaste qui est surtout oppressif, la charia. Et la sécurisation de la région ne concerne ni les étrangers, discrètement évacués par le MNLA, ni les chrétiens.

La terreur pour les chrétiens

Désormais les Maliens, chrétiens et musulmans, sous le joug des séparatistes et des islamistes, soumis à la charia, ne peuvent qu’espérer une intervention des forces armées des Etats de la Cedeao. Les chrétiens fuient cette zone où flotte également le drapeau d’Al-Qaïda. A Gao, les locaux de la mission humanitaire catholique Caritas et les églises ont été détruits. The Guardian a annoncé, le 6 avril, que le préfet de la ville de Bourem, un chrétien, aurait été exécuté ainsi que toute sa famille. Quasiment tous les 300 chrétiens de Tombouctou auraient quitté la ville selon le pasteur baptiste Nock Ag Info Yattara dont la congrégation se réunit à Tombouctou depuis les années cinquante. Les islamistes ont une liste de tous les chrétiens de Tombouctou et ont décapité l’un de leurs responsables pour prouver la réalité de leurs intentions, selon Timothée Yattara, un jeune diplômé de la British Bible School revenu au pays pour évangéliser dans les zones reculées. Une missionnaire suisse qui vendait des Bibles sur le marché a, elle, été enlevée le 15 avril, toujours dans la ville inscrite au patrimoine de l’Unesco. Selon les témoins, elle était suivie par des hommes qui l’ont emmenée de force vers le désert à bord d’un véhicule. Sans revendication, il est cependant difficile de dire si elle a été surtout enlevée en tant qu’Occidentale ou parce que missionnaire.

Face à cette désolation, le maire de Tombouctou, Ousmane Halle, se lamente : « Ce que je déplore, c’est le départ de la communauté chrétienne. Ces gens ont vécu à nos côtés pendant des siècles mais je ne peux pas garantir leur sécurité… » La perle du désert est désormais perles de larmes.

Droit d’auteur : JD Amadeus  

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