Six familles chrétiennes hmongs ont été chassées de leurs villages au cours des derniers mois, selon un article de The Voice of the Martyrs du 17 avril dernier. Au Vietnam, les expulsions ont été prononcées après la décision de ces villageois d’embrasser la foi chrétienne. Chez le voisin lao, ce sont des autorités supérieures à celles du village qui ont exigé, le 18 février 2012, le départ des chrétiens pour avoir refusé de revenir au culte des ancêtres. Elles ont officiellement expliqué leur décision dans une lettre, disant ne pas aimer les chrétiens. Ces familles luttent désormais pour cultiver et gagner leur vie.
Dans la province de Cao Bang, dans le nord du Vietnam, trois familles ont été sommées de quitter le village. Chacune des familles s’était convertie après qu’un chrétien hmong avait prié pour un parent malade, lequel avait recouvré la santé. Treize personnes ont dû s’en aller. Dans la province du Thai Nguyen, une famille avait été poussée hors des limites du village pour les mêmes raisons.
L’atteinte à la liberté de circulation comme moyen de persécution
L’expulsion des chrétiens de leurs villages semble être un phénomène de plus en plus récurrent. Si, au Vietnam, les chrétiens ont été chassés par les autorités de leurs villages, la situation de ceux du Laos est non seulement liée à leur foi – les autorités communistes persécutant les chrétiens – mais également à leur ethnie, les Hmongs étant déconsidérés dans ces deux pays et y subissant de violentes brimades, en raison d’un certain racisme à leur encontre et parce qu’ils se sont rangés du côté des Français et des Américains lors des guerres d’Indochine et du Vietnam.
Dans son rapport annuel, présenté le 20 mars 2012, l’indépendante United States Commission on International Religious Freedom dénonce les intimidations et discriminations auxquelles sont confrontés les nouveaux convertis au protestantisme, principalement dans les zones de minorités ethniques au Vietnam, s’ils ne renoncent pas à leur foi. Le gouvernement central ferme les yeux quand il n’est pas à l’origine de ces violations des droits de l’homme, Hanoi persécutant de plus en plus les chrétiens par le truchement de tiers. Le Laos et le Vietnam sont pourtant membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est qui a adopté, en novembre 2007, une charte dont le préambule mentionne les droits de l’homme, et les deux pays ont ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui interdit la discrimination fondée sur la croyance et la liberté de religion mais reconnaît, également, le droit de circuler librement sur le territoire d’un Etat à quiconque y réside légalement, ce qui est le cas de ces chrétiens. Ce mépris pour les conventions internationales auxquels ils ont souscrit est symptomatique de la légèreté avec laquelle ces Etats traitent leurs propres constitutions : la liberté religieuse qu’ils professent d’une main est soustraite aux croyants de l’autre, soit en organisant ces expulsions, soit en ne les empêchant pas.
Confrontées à une situation pénible, ces familles chrétiennes expulsées risquent même la famine. Dans son rapport 2011, Amnesty International mentionnait le cas de ces chrétiens expulsés à plusieurs kilomètres de leur village de Katin. Jamais revenus chez eux, ces familles vivent sans rien et tenaillées par la faim.
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